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RÉPARATION A BÉRANGER

venu qui a vulgarisé le goût du rare. La candeur artistique est morte de honte. Il importe de considérer cela comme un grand bienfait. Tout récemment, à la suite d'un dîner dans le monde du commerce parisien, nous avons eu la bonne fortune d'applaudir la demoiselle de la maison. Il y a cinquante ans, cette vierge du tiers-état aurait chanté quelque chose de Loïsa Puget : elle nous a dit la mort d'Yseult. Pendant le repas, on n'avait parlé que de Nietzsche. Que voulez-vous ? cela prouve qu'il n'y a plus d'humanité moyenne. Il serait impertinent et oligarchique de regretter cet idéal intermédiaire qui se tenait à égale distance de l'extase et de « Viens, poupoulel » Le monde marche.

En marchant, il a semé Béranger sur la route. N'étant ni du beuglant ni du Walhalla, ce militariste, qui chantait le bon Dieu et la Vénus ancillaire, nous apparaît comme un génie dépourvu d'utilité sociale. C'est une puissance spirituelle désafiectée.

Qu'il serait donc amusant et triste à la fois d'étudier les raisons de tant d'opprobre après tant d'enthousiasme, dans un livre qui pourrait s'appeler Histoire d'une gloire l

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