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AVIATION

de lui-même, il l'a fait dans le dessin de la Bibliothèque de Turin. Ici, le peintre a dénoncé l'occultiste. Ce visage ravagé, dont la moue trahit un dédain suprême, est terrible à voir ; il fait peur. De quel monde interdit s'est évadé ce fantôme ? Voilà bien l'auteur de ces manuscrits où dort le secret des conquêtes futures. Mais quel étrange courtisan pour un Léon X ! « Il n'y a rien à faire de cet homme-là ! » disait le pape Médicis. Mettons-nous à la place du Saint-Père. Il avait commandé un tableau à Léonard ; on vint lui dire qu'avant de se mettre au travail, le peintre distillait des huiles pour ses vernis. « Mais il commence par la fin ! » s'écria le joyeux pontife, sans se douter qu'il prononçait une parole profonde. Est-ce que par hasard notre xx* siècle, qui n'a ni surhommes ni mages, mais simplement d'humbles savants et d'audacieux héroïques, toucherait, quant au problème de l'aviation, à cette fin par laquelle Léonard voulait commencer? Le vieillard inquiétant du dessin de Turin semble interdire aux modernes les choses qu'il n'a pas trouvées. « Je t'apprendrai la musique, Farfanikio, quand je saurai voler... » Farfanikio a grandi; il sait la musique et bien d'autres choses encore. Les sourcils froncés du mage ne lui font plus peur. Seulement, comme il n'est pas ingrat, au bas du douloureux portrait, il recopie cette simple phrase du bon Vasari : « Vraiment admirable et céleste fut Léonard, fils de Ser Piero da Vinci. »

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