XIII - Construction d'une grande armoire - Salle Paroissiale
Depuis quelque temps on songeait à faire une grande armoire à la sacristie, afin de mettre à l'abri et en sûreté, les ornements, les linge: d'autel et les vases sacrés. Le manque d'ouvriér compétent avait retardé l'exécution de ce projet, lorsqu'une heureuse circonstance nous permit de réaliser ce plan,
Un M. Jen Bernier qui habitait en Californie, menuisier de son métier, était venu visiter sa parenté en Alberta. On lui demanda s'il voulait exécuter ce travail. Il accepta avec plaisir et vint installer son atelier dans l'ancien presbytère. Dans ses moments libres, il employa son tenps et son application à construire un meuble, pratique et de belle apparence. Lorsqu'il fut terminé on le transporta à la sacristie en juillet 1922,
Gomme on approchait de Noel, on pensa également à rendre plus attrayante la crèche qui ne renfermait que des personnages en carton.
Or, par l'entremise et les encouragements des Soeurs Grises d'Edmonton, nous faisons la commande d'un Enfant Jésus en cire. Il arrive à temps pour la fête de Noel 1523 et fait l'admiration des grandes personnes et le ravissement des enfants. Ces petits voudraient pénétrer à l'intérieur de la crèche pour enbrasser le petit Jésus! On est presque tenté de les laisser faire en pensant à la parole du Divin Maître: "Laissez venir à moi les petits enfants!"
En 1924, on songe à bâtir une salle paroissiale, Jusqu'à ce jour nos réunions de famille, nos soirées pour l'église se déroulaient dans l'ancien hôtel aménagé tant bien que mal pour ces assemblées; mais Le local était manifestement trop petit. En maintes circonstances on s'écrasatt littéralement. .Cependant quelles magnifiques recettes nous avons ré alisées dans ce petit coin! C'est là qu'eurent lieu tous les bazars et soirées de cartes que nous avons mentionnés plus haut. Toutefois le local se possédait pas de scène de théâtre et il était impossible de donner des représentations ou des exécutions de chant en choeur. Et nous avions parmi la jeunesse des talents cachés qui ne demandaient qu'à s'épanouir.
Les syndics se réunirent plusieurs fois pour étudier la possibilité de bâtir une véritable salle paroissiale. On finit par tomber d'accord et le contrat de cette construction est donné à M.M. J. B. Ouellette et Peter Forrest, le 17 avril 1924.
La dimension de la bâtisse est de 36 x 64. La hauteur des mur: est de 14 pieds. Le toit à quatre pans sera couvert en bardeaux de cèdre
Pour financer cette entreprise, nous empruntons 2500 dollars à M. Alcibiade Lamoureux. Cette somme ajoutée à la petite réserve que nous avons en banque, va nous permettre de bâtir de façon permanente toutlextérieur, ainsi que les planchers en bois franc et de plus installer une fournaise à air chaud. Les paroissiens se prêtent généreusement au charriage de tout le matériel de construction.
Le beau temps favorise les travaux, et la chaleur au début de ce mois de mai est particulièrement intense. Je surveille l'exécution du travail et entre temps je commence à enlever les doubles chassis au pres-
bytère afin de poser les moustiquaires. C'est précisément en accomplissant cette tâche que j'ai la malchance de tomber sur l'escalier de la cuisine et de me casser deux côtes... J'en suis quitte à passer près d'un mois à l'hôpital de la Miséricorde d'Edmonton, Le
A mon retour je trouve la construction très avancée et on espère qu'elle sera prête dans quelques semaines pour l'inauguration, Nous allons fêter l'ouverture de la salle par la célébration de la Saint-Jean-Baptiste. Le 6 juillet est choisi pour cet important événement.
Les Dames et les Denoiselles préparent avec entrain les mets, les victuailles pour un grand dîner et un souper. Les hommes de leur côté, organisent les jeux, les courses et les joutes qui auront lieu en. plein air. Tout semble promettre un grand succès, une belle fête.
Malheureusement le 6 juillet pendant la célébration de la grand' messe la pluie commence à tomber, Elle est poussée par un vent violent qui déracine les arbustes nouvellenent plantés. A la sortie de l'église, les gens courent chercher un abri à la salle, Les dames servent le dîner et malgré le grand nombre de couverts, on doit faire plusieurs tablées.
La fanfare des Canadiens-français d'Edmonton joue des airs joyeux et entrafnants et contribue ainsi à retenir tout le monde dans, la salle. D'ailleurs il n'est guère possible de sortir dehors, il pleut à verse.
On réussit par des jeux de société, à garder la foule jusqu'à l'heure du souper. Et comme le mauvais temps commence à se calmer, chacun s'installe autour des tables pour un dernier repas avant de retourner chez soi.
11 reste toutefois une grande quantité d'objets à vendre et de, la nourriture pour une autre célébration, Séance tenante, il est décidé à l'unanimité de donner une autre fète le mercredi de la même semaine.
Donc le 9 juillet, pique-nique, jeux, courses, souper par un temps magnifique, Dans la soirée séance dramatique et musicale et la journée se termine à l'entière satisfaction des organisateurs et de tous les assistants.
Tous nos gens sont contents et répètent à l'envie: Avec la bonne pluie tombée cetie semaine, nous pouvons espérer une bonne récolte qui nous permettra de célébrer d'autres fêtes paroissiales. Pour le moment, nous sommes satisfaits du résultat obtenu puisque 525 dollars viennent s'ajouter aux 305 de dimanche dernier. C'est Mme Noel qui était Présidente du Comité des Dames.
Ces recettes nous permettent l'achat d'un piano pour accompagner les chants dans nos réunions familiales. C'est un instrument d'occasion, mais en très bon état. Il nous est offert par Mne Picard d'Edmonton.
En automne, M, Achille Dubuc installe une fournaise à air chaud dans le soubassement de la salle. Nous serons donc bien au chaud pour nos soirées d'hiver, surtout quand le plafond sera posé, C'est en effet au commencement de 1925 que nous faisons cette amélioration avec l'aide des paroissiens qui viennent à tour de rôle donner une ou plusieurs journées. Ce lambrissage est fait avec des planches de sapin rouge de la Colombie, et c'est un bois dur, tout à fait apte à recevoir le vernis.
Les paroissiens sont fiers de leur salle et les visiteurs des paroisses voisines ne peuvent s'empêcher de les complimenter, tout en exprimant le désir de posséder une salle semblable pour leurs fêtes et leurs réunions. Cependant il reste encore du travail à accomplir, car les murs intérieurs n'ont pas encore reçu le lambris définitif.
C'est sans doute pour cette raison que les paroissiens ne s'arrêtent pas dans leur élan et semblent au contraire redouble. leurs efforts pour de nouveaux progrès.
Le 14 juin, nous célébrons la fête de Saint-Jean-Baptiste, Le Rév P. Dugré, jésuite, chante la messe du jour, Mgr Maxime Pilon, ancien curé de Lamoureux, prononce le sermon de circonstance. Dans l'aprés-midi: jeux, courses, amusements de toute sorte sur le terrain de l'église. À l'intérieur de la salle, les Dames ont préparé un magnifique banquet à midi et un grand souper pour le soir. La journée se termine par l'exécution d'une pièce classique: La lettre chargée d'Eugène Labiche, Le beau temps a attiré une foule considérable, Les Dames, les jeunes filles, les hommes ont rivalisé de zèle pour l'organisation de la fête et 1a réalisation du programme.
Leurs efforts sont récompensés par une recette de 910 dollars.
M. Siméon Langlois fut à cette occasion le Président général e: Mne Arthur Lamoureux présidente du comité des Dames.
À l'automne de la même année, on donne un bazar de trois jours qui débute le 22 novembre. Les membres du Cercle Jeanne d'Arc d'Edmonton sont les acteurs appréciés à la séance de la première soirée. C'est Mne Arthur Lamoureux présidente pour l'année 1925, qui dirige les différentes activités, avec l'assistance et le concours des Dames d'autel, Cette année, les candidats du bazar sont deux garçons: M.H. Ovide Boisjoli et Joseph Yanch. Le dernier soir ils viennent déposer devant toute l'assistance le résultat du concours de popularité soit: 500 dollars. Les recettes totales s'élèvent à 1475 dollars.
En possession d'une belle salle paroissiale, spacieuse, bien éclairée, l'idée d'un couvent qui avait déjà germé dans l'esprit d'un grand nombre,
s'épanouit définitivement. A Edmonton, les meilleures familles nous encouragent à fonder une école-pensionnat car en ville, les maisons d'éducetion ne peuvent suffire aux demandes d'admission. Situé aux portes de la capitale, et près du grand chemin, Lamoureux est un endroit idéal pour l'établissement d'un couvent et d'un pensionnat qui accepterait outre les filles, les garçons jusqu'a l'âge de douze ans.
Lorsqu'on fut à peu près assurés d'avoir des religieuses enseignantes, on fit circuler une pétition en janvier 1925, dens le but de transporter l'école Saskatchewan No 2 aupres de l'église. Mais, comme il arrive souvent, quend on veut aller de l'avant, il se trouve quelques individus grincheux pour, mettre des bâtons dans les roues et inventer des prétextes pour s'opposer à la réalisetion de ce projet. A notre pétition, ils opposent une contrepétition. Pour recueillir quelques signatures, ils s'en vont de porte en porte répétant à satiété: "Un couvent? Ca va coûter cher! Les taxes vont monter sans bon sens! Eh! puis, les bonnes Soeurs, à quoi que c'est bon?" etc. etc. Toutes ces sottises font l'objet d'une représentation auprès du Chef du diocèse. Mgr l'Archevêque prête l'oreille à ces objections et sans plus, ordonne de cesser toute démarche pour transporter l'école Saskachewan près de l'église, coupant court à L'idée d'un couvent à Lamoureux Nous gardons tout de même , à ce moment, l'impression que cette affaire va sans doute rebondir et, revenir sur le tapis plus tard.
Nous laissons à d'autres le soin de donner des renseignements sur le développement de cette question, et cela en temps opportun.