‹ En mission dans l'Ouest CanadienChapitre 17 sur 34 · XXIV - 1926 - Année d'épreuves - Jubilé d'argent · texte numérisé non relu

XXIV - 1926 - Année d'épreuves - Jubilé d'argent

L'année 1926 fut pour moi une année d'épreuves et de maladie, émaillée cependant, de quelques heureux événements. De bonne heure au printemps, je commence à éprouver un malaise général caractérisé par des serrements à la gorge rendant la respiration pénible, Un jour, pendant le carème en présidant au Chemin de Croix, je me vois obligé d'interrompre les prières pour quelques instants. J'éprouve un tel serrement de la gorge, que je ne puis plus parler, Je quitte la chapelle et demande aux personnes présentes de poursuivre le Chemin de Croix et après quelques minutes je reviens terminer l'office.

Cette alerte me pousse à aller consulter un médecin. Celui-ci après examen, conclut à une intervention chirurgicale. En conséquence, le 4 mars, le docteur m'enlève les amygdales de la gorge et des polytes dans le nez, Cette opération simple st bénigne Lorsqu'elle est pratiquée sur des sujets jeunes et forts, a pour moi le don de m'affaiblir considérablement et je dois avoir recours à un prêtre assistant pour les offices du dimanche, Le P. Gamache vint ep sffèt ne rasplabée pendant plusieurs sensines.

À peine remis de cette opération, une attaque d'appendicite me conduit à deux doigts de la mort, Un soulagement temporaire s'étant produit, je, puis me rendre à Végreville à l'invitation des Filles de la Providence et prêcher à la célébration du 25me anniversaire de profession de Mère Saint-Victor et des Soeurs Saint-Fnile er Sainte Radegonde.

Le 9 mai, deuxième attaque., Cette fois, ma soeur Claire prend la résolution de me faire transporter à l'hôpital...C'est la saison des senailles, nos fermiers sont occupés du matin au soir, aux travaux des champs, Cependant M. Enilien Paradis accepte avec empresssment de me conduire à l'hôpital de la Miséricorde, où je suis opéré le 17 mai par les docteurs Blais et Petitclerc. Ma convalescence est lente: mais les soins assidus et dévoués des Soeurs ainsi que des gardes-malades, me permettent de revenir à Lamoureux le 7 juin.

Peu à peu les forces reviennent: je reprends mon ministère et suis assez bien pour faire la visite de paroisse du 24 juin au 4 juillet. De plus, j'entreprends les classes de catéchisme pour les enfants. La cérémonie de Îa communion solennelle a lieu le 18 juillet.

Pendant mon séjour à l'hôpital, ma soeur Claire et les paroissiens de Lamoureux avaient préparé en grand secret la célébration du 25me anniversaire de mon ordination sacerdotale. Un beau matin, j'apprends que cette fête aura lieu le 21 juillet, un mercredi. Je chante 1a messe d'action de grâces: Mgr Pilon prononce le sermon de circonstance.

Deux adresses me sont présentées: l'une en français par M. Arthur Lamoureux et l'autre en anglais par M. Amos Yanch. Vingt-deux prêtres, gonfrères, curés de paroisse sont présents et assistent au banquet servi à la salle paroissiale où se trouve réunie toute la paroisse,

Une bourse de 200 dollars en pièces d'argent renfernées dans une jardinière en argent, m'est offerte par la générosité de mes excellents paroissiens.

Un calice en vermeil, véritable oeuvre artistique, m'est présenté par ma soeur Claire qui a réussi, je ne sais trop comment, à économiser la some nécessaire pour l'achat de cette surprise à la fois utile et précieuse.

Le soir les Danes servent un excellent souper, et la journée se termine par un magnifique concert organisé et exécuté par les jeunes gens et les jeunes filles de la paroisse.

Que Le bon Dieu daigne récompenser et bénir tous les organisateurs de cette splendide fête d'action de grâces. Et, mon souvenir reconnaissant à toutes les personnes amies qui ont bien voulu m'honorer de leur présence.

Après les joies et les consolations de cette belle fête de famille, l'année ne devait pas se terniner sans une autre épreuve qui me causa beaucoup de souffrances et m'enleva le reste de mes forces. Affaibli par les différentes opérations chirurgicales, je restais dans un état de santé précaire et sans énergie pour l'accomplissement de mon ministère, Après un examen attentif, 1e bon Docteur Blais me conseilla de faire extraire les dents qui me restaient encore; car, dit-il, elles sont infectées par la pyorrhée, laquelle enpoisonne votre système et cause votre faiblesse.

En conséquence, le dentiste m'enlève les seize dents que je possède encore; le tout en deux séances. Un prêtre vient d'Ednonton tous les dimanches pour chanter la messe et entendre les confessions, pendant plusieurs mois. Je m'efforce de faire, ordinairement les annonces et le sermon, car ces bons confrères sont presque, tous des professeurs au collège ou au Juniorat des Oblats et n'ont guère le temps de préparer un discours ou une homélie.

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