‹ En mission dans l'Ouest CanadienChapitre 24 sur 34 · XXXVI - En visite chez nos cousins · texte numérisé non relu

XXXVI - En visite chez nos cousins

Nous étions dernièrement chez nos cousins de Beynost près de Lyon. Or, un matin vers 10 heures, absorbés par la lecture des nouvelles du jour, nous entendons tout à coup un bruit de moteur d'une résonnance particulière. Un coup d'oeil par la fenêtre et nous voyons une immense silhouette à proxi mité de la maison. D'un bond nous sommes dehors, et nous voyons là, à deux cents mètres de haut, le Craft Zeppelin, marchant au ralenti. Nous pouvons lire distinctement les inscriptions, et apercevoir la croix gamnée peinte sur l'enveloppe du dirigeable.

Le Zeppelin vient de quitter l'Allemagne, et survolant lentement le territoire français, se dirige par l'Espagne vers New York. Masse imposante, il passe à quelques kilomètres du camp d'aviation de Bron. Plusieurs avions à cocarde tricolore le survolent et semblent lui dire: "Attention! sois sage, n'approche pas trop de notre repaire, sinon!" Bien entendu, en temps de guerre, il n'échapperait pas.

Avec nos cousins, la conversation roule le plus souvent sur le Canada. On nous interroge, on veut connaître notre genre de vie; les coutumes, les progrès modernes de l'Amérique du Nord.

“Avez-vous le cinéma parlant, me demande l'un d'eux? - Je réponds affirmativement, et citant une récente expérience, je dis: Nous avons vu sur l'écran, quelques semaines avant notre départ, les "Trois Mousquetaires". - Comme cela se rencontre, me réplique, mon cousin: ce film a été tourné précisément, tout pres d'ici, à Pérouges, qui est d'ailleurs un endroit très intéressant à visiter,

Dans l'après-midi, nous nous laissons conduire à Pérouges distant d'une quinzaine de kilomètres. .…..Coincidence étrange, ou surprise plutôt; en entrant dans cette vieille cité, nous reconnaissons parfaitement, pour les avoir vus sur l'écran, les remparts, la rue où les Mousquetaires eurent leurs premiers combats. Nous croyons rêver en entrant dans cette hôtellerie où le propriétaire actuel a voulu garder le cachet antique, dans la disposition des pièces et de l'ameublement. Les servantes elles-mêmes sont habillées et coiffées à la mode du XVne siècle. Qui m'aurait dit,

il y a quatre mois que je visiterais les lieux où a été tourné le film des “Trois Mousquetaires

XXXVIT - Voyage en Italie - 1936

En partant pour l'Europe, je nourrissais un projet, qui vague d'abord se fixa définitivement dans mon esprit. C'était la visite de l'Italie et plus spécialement, Rome, le Vatican, le Pape. Enfin j'ai pu mettre à exécution ce désir longtemps caressé.

Par un frais matin de janvier, je quitte Cerdon et prends le train du P.L.M. à Ambérieu. Quelques heures apres. je franchis la frontière par le tunnel du Mont Cenis, d'une longueur déonze kilomètres. Du côté français la campagne est verdoyante, mais à la sortie du tunnel le versant italian est recouvert d'une épaisse couche de neige. D'ailleurs à mesure que l'on descend dans la plaine, la neige disparait et c’est la monotonie de la campagne Lombarde, avec ses champs étroits. bordés d'arbres au tronc noueux. Turin où l'on arrive après midi, est voilé par un épais brouillard, aussi je n° reste que quelques heures, le temps de dîner, et le soir je suis à Milan ville d'un million d'habitants.

Je visite la fameuse cathédrale, aux sculptures magnifiques, aux innombrables statues, le tout en marbre blanc. Une visite au musée de peinture et à différents monuments de la ville me laisse une bonne impression de Hilan. Toutefois, le lendemain un brouillard intense couvre la cité et je décide de continuer mon voyage, Etant arrivé de bonne heure à la gare. j'ai le tenps d'admirer la nouvelle station de chemin de fer, l'orgueil de Milan, bâtie comme l'indique une fière inscription: "l'an neuvième du fes cisme".

Puis en route pour Venise! Le brouillard s'est dissipé, le temps est splendide. J'en suis heureux, car je pourrai voir la ville sous un aspect favorable

Le long du parcours, sur le train, j'admire le paysage. Voici Brescia, les Alpes Dolomites, le Lac de la Garde, etc. Nous atteignons tou 3 coup la lagune, puis "Venise la belle" chantée par les poètes, vantée par les voyageurs.

À la descente du train, une nuée de commis d'hôtels et de gondolier. nous assaille. Je prends un canot automobile, c'est plus confortable que la gondole et surtout plus rapide et noins cher. Nous voguons sur Le Canal Grande. Les deux rives sont bordées de somptueuses constructions: palais églises, où le marbre domine.

Ce qui attire l'attention des voyageurs, c'est de voir l'eau affleu rant les portes des maisons, Parfois il n'y a qu'une marche ou deux à enjamber pour atteindre le seuil de l'entrée. Toutes ces constructions sont bâties sur pilotis. On reste rêveur devant tant d'audace et l'on se demande comment tout cela tient debout. Car il y a des bâtisses énormes, par exemple: l'église Saint-Marc, le Campanile, Notre-Dame-du-Salut, le palais des Doges, l'église des Frari etc.

Comme il fait grand jour encore, après avoir retenu ma chambre à l'hôtel Saint-Marc, je me hôte de sortir pour une promenade sur la grande place en avant de la Basilique. C'est le rendez-vous de tous les promeneurs - et des pigeons - et c'est du reste la seule place importante de Venise, avec le môle ou quai d'embarquement.

Durant mon séjour à Venise, je visite les monuments intéressants et me promène dans les rares rues terrestres, étroites et tortueuses. Je ne me sens nullement attiré à parcourir les routes d'eau en gondole, car dans certains quartiers s'échappent des relents peu invitants.

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