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IX - Histoire de la fondation de Végreville

Végreville doit son origine à un groupe de Canadiens-français du Kansas, venus explorer cette partie du pays dont ils avaient entendu vanter la fertilité par les hommes qui avaient travaillé à l'arpentage du terrain, (1) Les premiers à tenter l'aventure, sont M.M. Joseph Poulin, Benoit Tétreault et M. Létourneau qui écoutant les conseils de M. Martin, arpenteur du Gouvernement, vont visiter les terres de la région de la rivière Vermillon et du Birch-Creek.

Q) Nous empruntons ces détails des notes écrites par M. T. Théroux et de Mne Joseph Poulin.

En passant à Calgary, ils s'adjoignent deux compagnons: M.M. Théodore Théroux et Octave Houle partis de la Colombie anglaise. 11s arrivent ensemble à Edmonton, vont prendre des informations à l'évêché de Saint- Albert et le lundi de Pâques 26 mars 1894, sous la conduite du guide Jack Snith partent en direction du Lac Castor. Là, un M. Bérard leur dit qu'il est impossible d'aller plus loin, car tous les chemins sont recouverts d'une épaisse couche de neige... Obligés de rebrousser chemin, ils reviennent à Edmonton où ils rencontrent l'Abbé Morin, colonisateur, qui arrivait de la province de Québec avec plusieurs colons.

On parle de 13 région de la Vermillon, avec les nouveaux venus et bientôt, d'un commun accord, on décide de partir à la découverte. Le 18 avril, on se met en route avec le guide Tellier et après un heureux voyage on arrive à destination le 21 avril.

Tous sont enchantés du pays. Selon le dire de M. Martin, l'arpenteur, c'est vraiment le jardin du nord-ouest. M.M.Poulin, Houle, Tétreault et Théroux retiennent chacun une section de terre le long du Birch Creek et de la rivière Vermillon. M. l'Abbé Morin hisse un drapeau à la branche d'un arbre pour marquer l'endroit choisi et tous reprennent le chemin d'Edmonton où ils arrivent le 25 avril.

Le reste de la semaine est employé à réunir les effets nécessaires à leur installation. Le 29 avril, après avoir entendu la messe célébrée par l'Abbé Morin, les mêmes personnes mentionnées plus haut et de plus, Eugène Poulin et Alphonse Ruet se mettent en route pour la vallée de la Vermillon située à 70 milles à l'est d'Edmonton,

M. l'Abbé Morin leur souhaite bon succès, mais ne les accompagne pas cette fois. Ils passent par Fort Saskatchewan, Lac Castor, campent en pleine prairie pour y passer la nuit et le 4 mai arrivent au centre du territoire de la future paroisse,

Le petit drapeau arboré par l'Abbé Morin flotte toujours au-dessus de la vaste plaine encore déserte, mais qui bientôt sera animée par ces vaillants colons. 11 viennent, guidés par la Providence, fonder des paroisses dans ces régions lointaines et inhabitées, afin que Dieu soit adoré et aimé dans ces immenses territoires.

Deux cours d'eau arrosent les townships 51 et 52: la petite rivière Vermillon et le Birch Creek et fournissent en abondance une eau douce et potable. On trouve en quantité du bois de chauffage et propre à être utilisé pour les poteaux de clôture. Par contre, le bois de construction est assez rare.

Le gibier, poules de prairie et canards font souvent le menu des repas, ce qui est très appréciable, puisque la viande de boucherie est ratiquement introuvable,

Le 12 mai 1894, arrivaient les deux premières femmes de la colonie Mne Joseph Poulin et sa fille Eugénie. Un peu plus tard, Mme Tétreault et Mme Houle viennent rejoindre leur mari et amenent en même temps leur petite famille. Chaque semaine on aperçoit des figures nouvelles, aens qui viennent visiter et d'autres qui s'installent pour de bon; si bien que le groupe des colons augmente sensiblement. Le travail ne manque pas certes! travail de défrichement et de construction, courses d'exploration, longs voyages à la ville pour les approvisionnements,

Le dimanche on trouve le temps long, car il n'y a pas encore de service religieux et la récitation du chapelet en commun ne réussit pas à satisfaire la piété de ces braves gens...

Or voici que le 14 juin arrive du Lac Laselle, le P. Boulenc, oblat, I1 vient expressément pour dire la messe et donner la communion à ces pauvres abandonnés, Jugez de leur surprise et de leur joie en même temps. Ils accueillent le bon Père, le mieux qu'il leur est possible. Ils voudraient le garder quelques jours au milieu d'eux. Mais le P. Boulenc doit rejoindre son poste dans le plus bref délai, promettant de revenir bientôt.

Sur ces entrefaites, la petite Elmina, fille de me Houle meurt le 30 juin, après plusieurs jours de maladie. Elle est enterrée provisoirement sur la terre de M. Houle, car il n'y a pas encore d'endroit choisi pour un cimetière. M. l'Abbé Dorais, curé de Lamoureux, informé de cet événement, décide d'aller visiter la nouvelle colonie au mois de juillet. 11 demeure cinq jours avec les nouveaux colons, leur dit la messe chaque matin, leur donne quelques instructions, bénit la fosse de la petite Elmina Houle et ayant distribué ses conseils et ses encouragements à tous les membres de la paroisse naissante, retourne à Lamoureux avec son guide M. Chabot.

La seconde visite de M. Dorais a lieu le 14 octobre: elle dure trois jours. C'est une véritable fête. Il y a messe chantée, Vêpres et bénédiction du Saint-Sacrement. A:5ilia Poulin et Oner Houle font leur première communion à cette occasion.

Dans la suite plusieurs prêtres ont visité la colonie à tour de rôle. Ce sont: le P. Boulenc, l'Abbé Dorais, l'Abbé Morin, l'Abbé Bouchard, l'Abbé Olgewski, prêtre polonais, le P. Camiré, le P. Grandin, le P. Charlebois, l'Abbé Bellivaire, Ê

En avril 1895, M. Ménard et sa fille Mlle Philomène Ménard, M.M Eugène Pelletier, Henri Poulin arrivaient pour demeurer dans la colonie.

Peu de temps après les bans de mariage étaient publiés dans l'église de Lamoureux pour le mariage d'Eugène Poulin et Philomène Ménard. C'est M. l'Abbé Morin qui reçut le consentement des deux époux, célébrant ainsi le premier mariage dans la paroisse, futur Végreville.

Le second mariage fut celui d'Eugène Pelletier et d'Eugénie Poulin. Le P. Boulenc présida la cérémonie, demeura plusieurs jours dans la mission et eut l'occasion d'adninistrer quelques baptêmes.

L'établissement de la colonie ne fut pas épargné par la souffrance et les épreuves. En 1896, des feux de prairie, viennent ravager le pays, consumant le bois déjà tres rare et dévastant la récolte. C'était la misère et la souffrance en perspective.

Un appel au Gouvernement fédéral est accueilli avec frveur, et les pauvres colons reçoivent des provisions et un prêt d'argent leur permettant d'acheter les grains de semence pour l'année suivante.

Malgré ces contre-temps, la colonie continue à prendre de l'importance. La renommée de ces terres fertiles attire de nombreux colons de différentes nationalités, Le premier recensement fait au mois d'août, 1894, par les officiers de la Police montée accusait une population de 88 habitants, chiffre vite dépassé dans les mois suivants.

Au mois d'octobre de la même année on fait une pétition pour l'établissement d'un bureau de poste. Le nom proposé est: Saint-Joseph-de-Mazenod, mais il n'est pas accepté par les autorités postales. Alors, les anciens M. J. Poulin et B. Tétreault proposent: Végreville, nom d'un missionnaire oblat de la région de Szint-Albert.

On nous a souvent demandé si le Père Végreville a fondé lui-même la paroisse de ce nom. D'après ce que nous venons d'écrire il est probable que ce bon Père n‘a pas exercé son ministère dans le district de la rivière Vermillon; mais il était très connu dans le diocèse de Saint- Albert et son nom était idéal pour désigner un village ou une ville.

C'est pourquoi les premiers habitants l'ont choisi de préférence à tout autre, voulant aussi rendre un hommage mérité à la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée.

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