XI - Arrivée de renfort
Dans le cours de cette même année, en septembre 1904, le P.Bernier reçoit l'aide d'un assistant dans la personne du P. H. Garnier, l'auteur de'ces pages. A partir de ce moment on entreprend la visite de plusieur missions: Warwick, Brosseau, Duvernay, Lafond et Birch Lake; puis un peu plus tard: Ranfurly, Vermillon, Manville et Lloydminster
Entre temps Végreville est devenu un gros village, centre important d'approvisionnement, lieu d'arrêt des voyageurs entre Edmonton èt L1oydminster. Il y a une église, un hôtel avec license pour la vente des spiritueux, plusieurs magasins, une forge, un médecin, un bureau de poste, une banque, etc. etc. Il ne manque que le chemin de fer
Or, les arpenteurs et les ingénieurs de la Compagnie du Canadien Nord. viennent justement faire des propositions aux gens de Végreville. Ils leur demandent le terrain gratuit et promettent en retour de faire arpenter une certaine superficie de ce terrain, en lots de ville. Puis ils offrent de plus de donner tous les lots impairs aux premiers propriétaires du terrain... C'était une excellente proposition, mais malheureusement elle fut repoussée par les personnes intéressées.
En conséquence, la Compagnie du C.N.R. se décide à construire la voie ferrée à six milles au nord-est du village, où elle trouve un terrain propice et à un prix dérisoire.
Les commerçants de Végreville ne tardent pas à s'apercevoir qu'on a fait fausse route en refusant les offres de la Compagnie C.N.R. Ils se tiemment aux aguets et lorsqu'ils ont la certitude de l'endroit où passera la ligne et surtout l'emplacenent de la station du chemin de fer ils n'ont aucune hésitation. Durani l'hiver 1905-1906 ils commencent à transporter leurs uagasins et leurs maisons au nouveau village, à la "Station" comme on disait alors.
C'est l'exode de toui un peuple et la fin du vieux village.
Pour les catholiques qui demeurent sur leurs terres, autour de l'église, c'est un grand désappointement. Néanmoins, ils sont résolus pour le moment de rester groupés autour du clocher. Toutefois le centre des affaires ayant disparu du premier village, étant privé des commodités du marché, du bureau de poste, il devient de plus en plus évident pour le reste de la population, que la seule alternative est de suivre le mouvement.
La Corporation épiscopale informée de la tournure des événements décide alors d'acheter 20 acres de terre à l'est, en bordure du nouveau village. Le Rév. P. Leduc. vicaire général, est envoyé pour examiner la situation et ayant fait son rapport à l'Evêque, Mgr Légal, prend la dé cision d'établir le centre de la paroisse et le site de l'église à la station nouvelle, La décision épiscopale est lue à l'église où tous les paroissiens sont réunis, le jour de Pâques 1906
Les premiers fondateurs et la plupart des paroissiens établis sur leurs terres, éprouvaient une répugnance profonde de voir disparaître la petite église qu'ils avaient édifiée avec tant de peine. Aussi ils présentèrent une pétition à Mgr Légal lui demandant de garder leur église. L'Evêque leur accorda ce qu'ils demandaient. “Vous pouvez leur dit-il, garder l'église, mais je désire que les prêtres aillent s'établir au
nouveau village qui deviendra certainement un centre important, nécessitant la présence habituelle des missionnaires. Ceux-ci pourront aller dire la messe au vieux Végreville, aussi souvent qu'il leur sera possible". en effet, dans la suite, l'un de nous allait tous les quinze jours, le dimanche, célébrer la messe à la vieille église.