‹ En MocassinsChapitre 22 sur 27 · CHANSON DE LA MOUCHE-À-FEU · texte numérisé non relu

CHANSON DE LA MOUCHE-À-FEU

Elle est spéciale aux enfants, se chante le soir et s'accompagne d'une ronde sur un gazon ou sur une grève.

Fraîche est l'herbette

Près du lac bleu;

La danse est prête :

Viens, mouche-à-feu.

L'aile embrassée, Fuit le soleil ; Sur la rosée Vient le sommeil.

Ouvre ton aile Qu'on ne voit pas; Blanche étincelle, Conduis nos pas.

La nue est sombre, Tranquille est l'eau:

Vole dans l'ombre.

Petit flambeau.

(1) Voir Schoolcraft: "Oneota", p. 213.

L'étoile brille Sur ton corset, Légère fille Du feu follet.

De tige en tige, :•?

Voyage, luis . j

Danse et voltige, * Flamme des nuits. (1)

L'original de ce chant, comme le dit Schoolcraft, n'est qu'une improvisation d'enfants. Le fond y est tout de même, et pour peu qu'on lui donne une forme française, on est agréablement surpris en constatant que le sujet est fort bien choisi, que ces petits sauvages en ont saisi les aspects poétiques et que leur âme ressemble à la nôtre.

Certes, l'Algonquin est bien doué mais si sauvage, qu'il semble destiné à périr avec ses forêts. Energique et insouciant; d'une endurance incroyable, mais enfant plein de faiblesses; il ne peut s'accommoder de nos préoccupations utilitaires qui l'ennuient, de nos arts qu'il dédaigne, de nos vices qui le tuent, de notre cupidité qui trop souvent l'immole sans pitié à Vesprit des eaux-de-feu. Mais seul, au milieu des bois, il garde ses antiques qualités et peut corriger ses vices par la pratique du christianisme.

(l) "Oncota", p. 61.

Doux, gai, très imaginatif, Tâme impréguée de la poésie des choses, moins raisonneur qu'illuminé, il est spiritualiste à la manière des anciens Celtes que hantait le rêve du monde invisible.

Les Hurons-Iroquois, moins sauvages et moins insouciants, plus positifs et plus capables d'initiative, bien qu'ils aient fini par être très mêlés aux Algonquins, ont mieux résisté que ceux-ci, au contact avec l'homme civilisé. Leur plus grande virilité d'esprit et leur caractère plus robuste, leurs ambitions plus larges et plus terrestres, les ont fait comparer avec raison aux anciens Romains et aux peuples de race teutonique

N marge:

Page 1