‹ En NorwègeChapitre 21 sur 27 · DANS LES L0FF0TEN ", HENMGSVAER · texte numérisé non relu

DANS LES L0FF0TEN ", HENMGSVAER

Nous marchons au hasard. Penches sur les estacades, sous le miroitement du fjord nous regardons grouillerun monde innombrablede poissons... harengs, merluches, morues, s'avancant en lignes paralleles, sans jamais confondre leursrangs.... Une meduse d'une belle teinte violette glisse mollement a fleur d'eau, avec des reploiements etranges de tout son etre visqueux. Un monsieur quelconque du bout de sa canne s'amuse a dissocier cette masse diffluente. Dans un mouvement instinctif de defense, elle se contracte, puis se fletrit, se fond, et bientot cen'est plus dans ce petit point de mer qu'une trainee violette... reste de vie confuse. Le monsieur parait croire qu'il a fait la quelque chose de tres spirituel I — . En v'la un sauvage ! s'ecrie la femme de chambre de laduchesse. Mariette, ma fille, vous avez raison... .

Par endroits il y a dans la mer de telles chutes d'ecailles que l'eau en devient toute laiteuse... et c'est charmant de voir les algues s'habiller d'argent en passant et les pierres elles-memes jeter des eclairs

d'etain.... Sautant de roc en roc, nous avancons lente-

ment. A un tournant de ruelle, sur une sorte de place...

une case un peu plus grande, et, de chaque cote de la

porte, une affiche de spectacle.

Nous en croyons a peine nos yeux.... Cependant,

nous dechiffrons des lambeaux de phrases suffisamment

expressifs.... « Minitialur artisterne », « Jonglor-

Ekvillihristenv. « Cantor artisterne. »

Un cafe-concert, a ce bout du monde ! Ce n'estcertes

banal !

pas

un

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Ill|lll llll|lll llll|lll llll|lll llll|lll llll|lll llll|lll Mill 5 6 7 8 9 10 11

EN XORVVEGE.

... Nous voici arretes par un bras de mer, mais noire embarras ne dure pas long-temps. Des pecheurs arrivent et nous font passer sur l'autre rive, en bateau.

Le sol devient de plus en plus dur au talon... une vraie mosaique de cailloux, separes par une herbe rase.

Un bras de mer entre deux ilots.

Des vaches sans cornes, propres comme des sous neufs, et des moutons tout petits, viennent la brouter sous nos yeux.... De notre joie je ne vous parlerai pas quand, sur une petite pointe formant eperon, nous decouvrons des coqs qui plastronnent. Ah ! les chers animaux qui, reconnaissant sans doute notre nationality se mettent a chanter haut et clan- ! Leur kokoriko joyeux nous suit

DAN'S LES I.OFFOTEX : HENXIGSVAER.

iusqu'au haut de la derniere falaise, oil nous grimpons en faisant jouer nos biceps.

Le point de vue qui est devant nous vaut l'effort deploye : une poussiere d'iles enchevetrees, ourlees d'or par des goemons, frangees d'ecume toute blanche, d'oii se levent par milliers des vols d'eiders... et, tout au fond, des montagnes baignantdans la mer, si imposantes que les cassines des pecheurs, baties a la base, semblent des joujoux de Nuremberg.

... Nous redescendons dans les rues... leur caractere de poignante solitude nous saisit. Quel contraste avec l'activite debordante dont elles sont le theatre de Janvier a avril!... car c'est pendant les eternelles nuits de l'hiver polaire que les Loffoten deviennent le siege d'un mouvement d'affaires colossal.... Les pecheurs arrivent du Finmark, du Nordland et de 1' ocean Glacial, bientot ils sont 20,000, 30,000, 35,000. Dans ces espaces resserres, sur les bandes de terre etroites, laissees entre la mer et la montagne, ils s'empilent comme ils peuvent...

Leurs installations sont tout ce qu'il y a de plus elementaire. Que voulez-vous? ils ne sont pas venus pour vivre confortablement et se payer toutes leurs aises. Ils sont la pour attendre le passage des bancs de morue et pecher avec la vaillante energie dont ils sont capables.

Dans leurs barques nonpontees, relevees a l'avant et a l'arriere, comme celles des anciens Normands, ils se lancenta l'aventure.

A peine peuvent-ils se guider : au ciel, simplement

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une lueur grise, frisant l'obscurite. Parfois, les rafales

de neige se mettent a tourbillonner autour d'eux les

: laissant perdus, sans direction, dans la grande nuit K

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noire.... Parfois aussi, la tempete mugit, vite il faut relever les filets et les lignes, tacher de gagner le fjord le plus voisin ; mais helas ! il arrive que les pauvres pecheurs s'attardent, la rafale les gagne et retourne leurs canots. Une seule ressource leur reste : enfoncer

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