C'est-à-dire fougueux
tûmes, de cette opposition d'une civilisation moderne poussée à son apogée, coudoyant ces restes d'une antique civilisation que
LE GÉNÉRAL KRUANOWSKI.
Ton croyait éteinte. Ainsi, à une distance de quelques kilomètres à peine de ces hauts fourneaux où fonctionnent des machines françaises, belges, américaines, anglaises, on peut, dans un village
paisible, recueillir les échos encore sonores d'un passé reculé. On peut, du sein fiévreux où les masses ouvrières s'agitent dans un tourbillon de fumée, aller vers un milieu rustique où, dans le silence des champs, se conservent des coutumes que les émigrations et les siècles n'ont pas détruites.
Un des tzars, de passage en Nouvelle Russie, recevait les délégations des villes. Elles étaient nombreuses et l'audience touchait à sa fin, les représentants de Marioupol n'étaient pas reçus lorsque l'empereur demanda : «Quels sont ces gens qui attendent encore? » Ayant entendu la question, ils répondirent : « Nous ne sommes pas des gens, mais des Grecs. »
Après ces pérégrinations dans la Nouvelle Russie, nous retournons à Ekatérinoslav pour faire agréer au gouverneur nos remerciements. Mais, avant de nous laisser partir pour le Caucase, le prince Sviatopolk Mirsky voulut nous faire assister avec lui à la fête annuelle du régiment de Symphéropol, en garnison à Ekatérinoslav. Le 27 septembre, après la célébration d'un Te Deum suivi de la revue, le général Krijanowsky me prit par le bras, me conduisit au cercle des officiers et me fit asseoir à sa droite. Le repas fut empreint d'une grande cordialité; les officiers étaient enchantés de posséder un Français à leur table. Après avoir bu à la santé de l'empereur, tous les assistants entonnèrent l'hymne russe. Ensuite, le général, en termes émus, porta un toast à la France, amie de la Russie. Les sons de la Marseillaise étaient étouffés par les hourras! Pour faire honneur à l'hôte français, on le souleva par les jambes et on le promena autour de la salle, le lançant en l'air. II ne retombait pas sur ses pieds, mais sur des épaules, et tous voulaient le porter en criant : « Vive la France amie ! »
Je puis dire que je quittai la Nouvelle Russie pour le Caucase en entendant ce cri. N'oubliez pas que ces sentiments enthousiastes, exprimés par les vaillants enfants de l'armée russe, ont une grande signification.
Le paysan russe, en prenant l'uniforme, peut être ignorant du lien fraternel qui unit sa patrie à la nôtre. Sous les drapeaux, on lui enseigne à aimer la France et son armée. L'armée russe et l'armée française, qui sont l'incarnation vivante du cœur et du sang de ces deux nations, demeureront toujours unies sous la même devise : Honneur et Patrie.
5758. — L. -Imprimeries rénales, B, rue Saiit-Benott, 7. — Mottiroi, dirtclenr.