Les Golbs tétraxites
tristes événements qui ont eu leur répercussion jusqu'en Crimée. Dans les centres purement tatars, par exemple à Baktchi-Saraï, il n'y a pas eu de troubles; et, dans les localités où les Tatars cohabitent avec d'autres éléments ethniques, ils ont montré qu'ils avaient horreur du désordre, qu'ils professaient le respect de l'autorité et de l'attachement à leur souverain. Je précise en vous indiquant ce qui s'est passé à Théodosie. Dès la première manifestation de l'émeute, à la fin d'octobre dernier, alors que la ville, sans garnison, sans police, était, surtout la nuit, livrée aux entreprises des anarchistes, et vu l'approche du Ramazan, le conseil des vieillards du quartier tatar se réunit afin d'édicter des règles de vie applicables à tout habitant tatar dudit quartier.
Entre la tasse de café et la cigarette, cet aréopage décida sans tergiverser, que tout membre de la communauté musulmane qui enfreindrait en quoi que ce fût la loi du chariat, qui serait rencontré ivre dans la rue, qui battrait sa femme, proférerait des injures contre le Tzar ou les citoyens, ferait du tapage nocturne, etc., etc., serait conduit au café de Mustapha par les préposés à la tranquillité publique du quartier, et subirait la peine du tabouret en présence des membres du conseil. La peine du tabouret, selon le chariat, est d'au moins cinquante coups de cravache distribués sur le dos. Durant les deux premières nuits, ce châtiment fut appliqué cinq ou six fois. Après quoi, la sécurité la plus patriarcale régna dans le quartier tatar; et maintenant, les habitués du café Mustapha hument tranquillement leurs tasses de moka sans avoir besoin de recourir au tabouret du chariat. Combien sont éloquentes et caractéristiques et cette décision du conseil des anciens et cette soumission des jeunes Tatars! Décidément, avouez-le, l'Alcoran n'est pas sans avoir quelque chose de bon. Et, je le répète, il y a tout avantage pour la Russie à multiplier les liens moraux et sociaux qui unissent à l'empire cette fraction de la population dont le credo est dans l'Alcoran.
Les Tatars de la steppe ou de la plaine ont conservé le type mongolique. On les rencontre dans les districts de Pérékop, d'Eupatoria et en partie dans celui de Théodosie. Ils ont l'allure plus lourde, le caractère plus calme et plus tranquille que ceux de la région montagneuse. Ils parlent la même langue qu'eux, avec une prononciation différente. Beaucoup sont pasteurs, mais le plus grand nombre pratique l'agriculture.
Les Tatars des montagnes s'adonnent particulièrement à la culture de la vigne et du tabac, à celle des jardins fruitiers. Ils sont alertes, ont l'esprit vif et sont sujets à l'emportement. Leur type est plus beau, plus affiné que celui des Tatars de la plaine. Ils offrent un mélange du sang des Tcherkesses, des Goths, des Grecs et des Génois.
Ainsi, au physique et au moral, les Tatars de la steppe diffèrent essentiellement de ceux de la région montagneuse. C'est plus leur commune religion que leur origine ethnique, qui leur vaut le même nom générique.
Les Tatars de la plaine et ceux de la montagne ayant la même religion peuvent, par leur mariage, donner naissance à des types intermédiaires. Mais je pense que pareille chose est plutôt rare.
Nous avons vu des Tatars de la steppe à Simphéropol, dont le nom tatar est Ak-Métchet (mosquée blanche).
Us y ont un quartier, une mosquée entourée de tombeaux de marbre.
Elle était un centre purement tatar avant de devenir une ville peuplée par des habitants de races diverses. En effet, le nom moderne : Simphéropol, signifie : assemblage dans un même habitat d'éléments variés de population; et il en est bien réellement ainsi.
Nous avons également vu des Tatars de la steppe à Eupatoria. C'est en entrant dans cetle ville, que nous avons pu contempler une caravane de chameaux, les seuls que nous ayons rencontrés en Crimée.
C'est le lieu de vous raconter une histoire tatare dans laquelle les chameaux jouent le principal rôle.
Un père avait trois fils. 11 mourut et, par testament, leur laissa son troupeau aux conditions suivantes : l'aîné devait en recevoir la moitié, le second le tiers et le cadet la neuvième partie. On amena le troupeau afin de le répartir entre les ayants droit. Il se composait de dix-sept chameaux et chamelles. Embarras général : on ne peut exécuter le partage, impossible d'arriver à un résultat. On commence par l'aîné, puis par le cadet, mais on se heurte toujours à un obstacle insoluble. Alors, l'oncle des enfants, le chef de la famille, considéré comme intelligent et expérimenté, est mandé pour résoudre cet embarrassant problème. Il accepte de trancher la difficulté. Il monte donc sur son chameau
et se rend à destination. 11 dit en arrivant : « Laissez-moi réfléchir « au sujet de ce partage et commencez par donner à manger à c mon chameau. Maintenant, procédons au partage. Puisque je ne « puis le mener à bien sans mon chameau, je vous en fais don c pour que cette opération devienne praticable. Mais, tout d'abord, « nourrissez le bien. » Et le chameau de l'oncle permit d'exécuter le partage. « La moitié du troupeau, c'est neuf bêtes pour l'aîné. t Au second, c'est le tiers, soit six bêtes. Le cadet à droit à la c neuvième partie, qu'il prenne deux bêtes. Et comme le partage t est terminé et que mon chameau est rassasié, je le reprends, je « monte dessus et je m'en vais. »
MOSQUÉE TATABE A EUPATORIA.
Eupatoria compte environ 5,500 Tatars, dont 2,564 hommes et 2,402 femmes.
La mosquée d'Eupatoria passe pour être la plus grande de la Crimée. Elle a été construite en 1550 sur le plan de Sainte-Sophie de Constantinople. Elle était jadis flanquée de quatre minarets qui n'existent plus aujourd'hui. L'architecture de cette mosquée, du même type que Sainte-Sophie, indique bien l'influence que les Turcs ont exercée sur les Tatars de Crimée.
Des fûts de colonnes et des débris architectoniques en marbre, prouvent quelle était jadis la richesse de ce monument qui a été l'objet d'une restauration.
Le bazar d'Eupatoria, avec sa vieille porte, a conservé le cachet qu'il avait à l'époque du Khanat. On y fabrique des chaussures en cuir brodé; à l'usage des femmes, des toques en velours constellé de sequins et de paillettes; pour les hommes, des bonnets en peau de mouton avec broderies d'or sur le fond; des tapis multicolores en marqueterie de feutre; on y travaille aussi le cuir et le bois.
Dans le quartier d'Eupatoria qui leur est réservé, il est aisé de se rendre compte du genre de vie des Tatars de la steppe. Les femmes ne sortent de leur demeure que voilées et enveloppées d'une tchadra blanche. Les rues, très étroites, sont bordées de murs de clôture édifiés d'ordinaire en pisé. Les portes dont ces murs sont percés donnent accès dans des cours où se trouvent les maisons d 'habitation** des propriétaires, celles des serviteurs et celles des hôtes (nommées konak ou chelamlik, c'est-à-dire : lieu des salutations, — et c'est de ce mot que dérive le mot français salamalec1) et aussi les écuries.
L'habitation du maître est toujours tenue très proprement, et, en été, on y est admirablement préservé de la chaleur. En général, l'accès n'en est pas permis aux étrangers; mais un riche Tatar nommé Chélikh Islam Tchélébi Seith Khalil m'a laissé visiter la sienne, sauf la partie réservée à sa femme. Je l'ai photographié avec son fils âgé de seize ans, Mémeth, qui allait se rendre à Constantinople pour étudier les sciences ecclésiastiques. J'ai également photographié sa fille de douze ans, nommée Aphizé, c'est-à-dire : prudente.
Les filles se fardent de bonne heure et ont cette coquetterie qui peut paraître singulière, de réunir leurs sourcils en un seul; elles se teignent les cheveux et les ongles avec le kna, qui leur donne une couleur rougeâtre. La chevelure des jeunes filles doit être séparée en une multitude de tresses. Très hospitaliers, les Tatars vous invitent à prendre place sur les coussins qui entourent la pièce principale, font apporter une table très basse, sur laquelle ils présentent du café et du tabac préparé pour fumer.
Le maître de céans, dans le décor tout oriental de son habitat, m'a prouvé que le progrès ne lui était pas étranger. Il m'a montré avec enthousiasme ses beaux chevaux. Ce goût est bien tatar. Mais ensuite il ordonna d'ouvrir sa remise pour me faire voir une
1. On donne aussi celte élymologfe : salam : paix, aleik : sur toi.
Victoria et un landaulet. Cependant, je n'étais pas chez un mourza1, mais seulement chez un propriétaire agraire, appartenant à la caste des agriculteurs.
A Eupatoria, réside le chef religieux des Karaïmes, Israélites ne reconnaissant pas l'autorité du Talmud, établis en Crimée depuis une antiquité très reculée et qu'il est excessivement difficile de préciser. Les Karaïmes ne sont pas des Sémites pur sang, car il en est parmi eux qui ont le type mongol plus ou moins accentué; et il ne serait pas téméraire de les considérer comme étant en partie les descendants des Khozars. Assurément, ils étaient établis dans la presqu'île longtemps avant les Tatars. Les Karaïmes et non Karaïtes, comme nous avons l'habitude de les dénommer, parlaient et parlent encore la langue des Tatars, et s'habillaient de la même façon. Le nom de khagan, qu'ils donnent à leur grandprêtre, et celui de kenessa, qui signifie synagogue, sont des mots tatars. Les Karaïmes étaient chargés de frapper la monnaie des khans de Crimée, et, à cet effet, ils avaient des édifices à Stare- Krim et à Tchoufout-Kaleh, édifices dont les ruines existent encore.
A l'autre extrémité de la péninsule, à Théodosie, on remarque un mélange de Tatars de la steppe et de Tatars des montagnes. C'est dans cette région qu'est situé Slare-Krim qui fut la première capitale des khans tatars de Crimée.
Parlons donc tout d'abord de Stare-Krim. Cette ville existait dès l'apparition des Tatars en Crimée, vers la fin du xiii' siècle et le commencement du xiv\ Du temps où elle fut la capitale des Khans, elle s'appelait Solkat, et son gouverneur, nommé par eux, avait le titre d'émir solkatski, c'est-à-dire d'émir de Solkat. C'est actuellement une cité déchue qui ne compte plus que 3,500 habitants : Arméniens, Grecs, Russes, etc. Le palais, les bains, les fortifications et beaucoup d'autres monuments n'existent plus; les ruines des médresèé et de l'hôtel de la monnaie sont dans un fort triste état; et, de toutes les mosquées, il n'en subsiste qu'une, la principale, la mosquée d'Ouzbek. De toutes celles de Crimée, c'est la plus ancienne et la plus remarquable par son architecture.
Son portail et son mikhrab sont décorés de riches sculptures.
• 1. C'est le titre des nobles tatars.
Ce monument historique, dont la nef est de forme allongée, diffère de la mosquée d'Eupatoria, de date moins ancienne et qui est un édifice carré surmonté d'une coupole, style architectural décelant l'influence de Constantinople. La mosquée de Stare-Krim est un témoin vivant de la civilisation que les Tatars avaient apportée d'Asie.
La décadence de Stare-Krim date de l'époque du transfert de la capitale du Khanat à Baktchi-Saraï. C'est ce qui explique qu'en 1578, Martino Bronewski n'y a rencontré que des ruines. Cependant, lors de son voyage en Crimée en 1787 avec le prince de Falkenstein, le futur empereur Joseph II, l'impératrice Catherine s'arrêta à Stare-Krim. Comme la localité ne possédait pas d'habitation convenable pour ces voyageurs de marque, le prince Potiemkine ordonna de construire une maison, que la municipalité de Stare-Krim, peu soucieuse de la conservation des souvenirs historiques, fit démolir en 1890. Vers 1820, un voyageur arménien, Vartanès Méditzi, curé catholique de Karassou-Bazar, raconte qu'en passant à Stare-Krim il a vu une plaine immense couverte de ruines : celles du palais des Khans, de l'ancien monastère musulman Kemal-Ata, etc., des bains splendides, des tombeaux... De tout cela, il ne subsiste plus rien aujourd'hui.
Les Karaïmes et les Tatars ont abandonné Stare-Krim, qui avait presque cessé d'exister en tant que ville, et se sont établis à Théodosie.
En revenant de Stare-Krim à Théodosie, on aperçoit, dans un bouquet de chênes touffus, la mosquée tatare de Kara-Gueuzh (ce qui signifie : œil noir). Cette mosquée a été signalée pour la première fois par Dubois de Monpéreux. C'est un cube régulier, aussi haut que large et long, sur lequel a été jetée une coupole en plein cintre. Les murs sont percés de quelques fenêtres d'une seule porte. Le minaret est très simple.
Nous voici revenu à Théodosie où l'on compte 3,200 Tatars et 1,700 Karaïmes. Nous ne retracerons pas l'histoire de cette cité, dont la vitalité était déjà grande lorsqu'au ve siècle avant J.-C, elle était une colonie grecque. Mais l'importance de Kaffa, — c'est le nom que portait alors Théodosie, — si bien fortifiée par les Génois, ne cessa pas lorsqu'à la domination génoise succéda celle des Tatars. Kaffa devint Krim-Stamboul ou Koulchouk-Stamboul.
La mosquée principale de Théodosie a été détruite; et, sur la
place même qu'elle occupait, s'élève la cathédrale orthodoxe. Mais il existe quatre mosquées à Théodosie; et l'église catholique,
elle-même, est une mosquée transformée en sanctuaire chrétien. En effet, après la réunion de la Crimée à la Russie, cette mosquée
fut, en 1784, donnée par Catherine ou par le prince Potiemkîne aux Arméniens catholiques qui comptaient alors à Kaffa plus de 400 familles. Cette paroisse, depuis lors, est desservie par des moines mekkhitanistes du couvent de Saint-Lazare à Venise. L'inscription qui, jusqu'en 4876, surmontait la porte d'entrée de cet édifice est conservée au musée de Théodosie; en voici la
THÉODOSIE. — ANCIENNE MOSQUÉE CONVERTIE EN EGLISE CATHOLIQUE ARMÉNIENNE. (Photographie du baron de Baye.)
traduction : c Monument érigé sous les auspices du grand-prêtre c desservant Mavli-Amardine et aux frais du serviteur de Dieu Elc chérif Moussa, qui le consacra à tous les adorateurs du Trèsc Haut, selon la loi de la vraie foi. C'est lui qui en a posé les c fondements, gravé la date sur cette pierre et appelé cette maison t de prière : le temple des croyants. 1032 de l'hégire (1623), c soûs le règne du sultan Mourad-Khan, troisième fils d'Ahmedc Khan. » Dates de son règne : 1032-1044.
Passons maintenant aux Tatars des montagnes, dont la majorité adroit à cette dénomination de Tatars, seulement à cause de la religion et de la langue de ceux qui la composent; car, en général, le type de cette population n'a rien de mongolique. On rencontre, en effet, parmi les Tatars de la côte méridionale, de beaux spécimens de la race grecque, des individus que Ton prendrait volontiers pour des Italiens, et d'autres qui ont le teint
ISMAÏL-BEV CASPRINSKY.
blanc, les cheveux blonds et les yeux bleus. Je suis très tenté de les considérer comme les restes d'une tribu de Goths, qui se serait perpétuée dans cette contrée, où ce peuple a joué un rôle historique.
C'est à Baktchi-Saraï, qui fut après Stare-Krim la capitale des Tatars, que nous nous rendons. Cette ville tranquille et pittoresque est un centre assez important. On y compte environ 14,000 habitants, dont 12,500 Tatars et Tziganes mahométans.
Avant de décrire Baktchi-Saraï, disons que nous y avons lait la connaissance d'Ismaïl-Bey Gasprinsky, un Tatar d'un esprit élevé, fort instruit, connaissant notre langue, jouissant d'une grande popularité et dirigeant un journal, imprimé moitié en tatar, moitié en russe, intitulé : Le Traducteur. Cette publication, fondée en 1883, tirée, à 5,000 exemplaires et paraissant trois fois par semaine, a. une? clientèle non seulement parmi les Tatars de Crimée, mais aussi parmi ceux de Kazan, de Sibérie et du Caucase. Il existe en effet une langue littéraire générale comprise par tous les musulmans de la Russie, excepté par les Tcherkesses et les Persans.
L'instruction est beaucoup plus répandue qu'on ne le pense, parmi les Tatars de Crimée; Ainsi/ dans cette ville, il y a 22 écoles primaires pour les garçons et 13 pour les filles. Autant de mosquées,' autant d'écoles; et cela vous donne une idée du nombre des mosquées.
Mais pénétrons dans la vieille cité, qui devint en 1501 la capitale des khans tatars de Crimée. Elle est resserrée dans une vallée de très peu de largeur; et; dans toute. sa longueur, (court une rue étroite qui constitue le bazar. Là, sont étalée au soleil des fruits et des comestibles variés, des céramiques, des étoffes bariolées, des cuirs brodés. Jadis, il y; avait avisai un important commerce d'armes, car on en fabriquait de très renommées à Baktchi-Saraï; et, au xviii0 siècle, Adji Mustapha était un armurier célèbre de cette localité.
De chaque côté, les maisons encadrées de treilles, entourées de clos d'abricotiers ou de jardins fruitiers, s'étagent au flanc des montagnes, que couronnent des rochers dénudés, d'aspect bizarre. De ce fouillis pittoresque de constructions et de verdure, émerge la sveltesse gracieuse des minarets.
Les jardins sont l'ornement principal de Baktchi-Saraï, dont le nom signifie : Palais des jardins. Et, à en juger par le nombre des fontaines taries, l'abondance de l'eau, si rare en Crimée, fut un des luxes de cette ville. Mais les jardiniers d'aujourd'hui n'ont plus les mêmes ressources, en fait d'eau, que ceux de jadis, et durant mon séjour là-bas, les roses avaient cessé de fleurir et d'embaumer les parterres. Cependant, il me semblait, au milieu de ce décor semi-majestueux, semi-religieux qui s'offrait à mes
regards dans un cadre embelli par la nature, entendre ces couplets d'un chant populaire local :
c Va! adresse-toi à une belle; et si elle t'oppose un refus, « supplie-la de se laisser fléchir.
PORTE DU PALAIS DES KHANS A BAKTCHI-SARAl.
« Détache la rose de la branche sur laquelle nul n'a encore « cueilli de fleurs; la rose dont personne n'a respiré le parfum. »
Il est à Baktchi-Saraï un ensemble plein d'intérêt et de pittoresque : le palais des Khans, la mosquée voisine, les mausolées.
Autour de ces monuments, concourant à leur beauté et au mystère qui les enveloppe, foisonne une végétation drue et vigoureuse, et leurs murs disparaissent sous la luxuriance des plantes grimpantes, parmi lesquelles étincellent les vitraux aux couleurs éclatantes des fenêtres. Au-dessus de cet amas de constructions et de verdure, se dressent les minarets élancés et les peupliers sveltes.
Commençons notre promenade par le palais.
LA FONTAINE D*OR AU PAL Us DE BAKTCRl-SARAÏ. (Photographie du baron de Baye.)
Incendié à diverses reprises, plusieurs fois reconstruit et souvent modifié et restauré, il est maintenant bien difficile d'y démêler ce qui y subsiste de l'époque du Khanat. En particulier, il a été à peu près complètement transformé lorsqu'on l'aménagea en vue du séjour de Catherine II1.
Un modeste monument rappelle la venue de Catherine à