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Le li mai

Baktchi-Saraï. II est placé devant une porte du jardin qui sépare le palais de la mosquée et des tombeaux, porte percée dans un bâtiment édifié à propos du séjour de l'Impératrice.

La porte ravissante qui donne accès dans le palais, est assuré-

L\ FONTAINE DKS LARMES AU PALAIS DK BAKTCHI-SARAÏ.

ment ancienne, et l'on peut considérer son encadrement en pierre délicatement sculptée comme étant l'œuvre d'un artiste itnlien du xvie siècle. Ainsi, les Khans, s'ils appréciaient l'art oriental, auquel ils ont emprunté les caractérisques architecturales de leur palais, faisaient parfois appel à des artistes étrangers. De cela,

l'ornementation de leurs tombeaux de marbre est encore une preuve.

La porte franchie, nous nous trouvons sur un palier à ciel ouvert; là, deux fontaines sont adossées à la muraille. La fontaine d'Or, datant du règne de Kaplan Guïrey, est peut-être plus belle que sa sœur, mais cette dernière, dénommée fontaine des Larmes, a été chantée et immortalisée par Pouchkine.

< Fontaine d'amour!

« Fontaine qui donne la vie!

« J'ai apporté deux roses pour te les offrir.

« J'aime ton doux murmure qui ne cesse jamais de se fcm « entendre.

€ J'aime tes larmes pleines de poésie, la poussière arg c qui en jaillit, rosée bienfaisante qui me rafraîchit déliciei € ment.

« 0 source vivifiante, puisses-tu couler intarissable! dis-iu « révèle-moi ce que tu sais de ton passé, fontaine d'à m- « fontaine de tristesse. Moi aussi, j'ai questionné ton passé. « ai Iules gloires anciennes d'un pays lointain. Mais toi, l « demeurée muette et silencieuse, tu ne m'a pas rappi « souvenir de Marie. Marie, astre pâle du harem, est-il po>> « que tu sois oubliée, même ici?

< Ou bien Marie et Jasima ne seraient-elles que d'aiin; « créations d'une inspiration poétique; n'existeraient-elles qu « un songe que l'imagination a enfanté dans la pénombre solii « de ce palais; ne faudrait-il voir en elles que de fugitives apj « lions, fruit des rêveries de l'âme? »

En parcourant l'intérieur du palais, on se sent incliné à des évocations du passé, comme l'ont été les poètes de l'école romantique qui le visitèrent : Pouchkine, le prince Pierre Viazemsky el d'autres encore; mais on sent trop que le dernier occupant de cette demeure orientale fut Catherine la Grande, et il faudrait pouvoir faire abstraction des changements qu'on y apporta i cause d'elle.

Cependant, il est des parties de ce palais qui trahissent bien leur primitive origine. Ainsi les fenêtres qui donnent sur le baffl en plein air, le bain du harem situé dans un jardin, où des vignes

disposées en tonnelles abritent un bassin de marbre qu'alimentait le mince filet d'eau d'une fontaine.

L'eau ne fait plus entendre son murmure chantant, les odalisques ne viennent plus goûter là le plaisir du bain; mais les fleurs abondent, muets témoins qui semblent regretter les temps

Quel charme suggestif émane de certaines parties de ce palais :

PALAIS DES KHANS A BAKTCHl-SARAÏ.

son harem, ses bains, sa cour des ambassadeurs, que sais-je encore.

Comme toujours en Orient, la distance est petite de la demeure opulente où la vie s'écoulait dans le bien-être et le faste, et l'asile de la prière, et l'endroit de l'éternel repos.

Le palais, lui, est désert, mais la mosquée princière ne l'est pas. La puissance du Khanat a pris fin, mais la foi mahométane a conservé sa vitalité et sa force.

On peut le constater dans cette mosquée, dont la porte est surmontée de l'inscription que voici :

€ Qui est Kadji Sélim? Ce fut le plus illustre de tous les Khans, « le héros inspiré de Dieu. Que le Seigneur lui accorde tous les « biens en récompense de la construction de cette mosquée. La « personne déSélim Guïrey est comparable à un rosier; le fils qui c est né de lui est une rose. Chacun à son tour a été comblé d'hon- « neurs dans le serai.

« Le rosier s'est orné d'une fleur nouvelle ; son unique et fraî- « che rose est devenue le lion du padischah de Crimée, Séhlametc Guïrey-Khan.

« Dieu a exaucé le souhait que j'ai formé en composant cette < inscription.

« C'est au Seigneur que cette mosquée a été érigée par Séhla- € met Guïrey.

« L'an onze cent cinquante-trois de l'hégire (1725 de l'ère chré- « tienne). »

Sous des dômes, ou dans une enceinte de murailles ajourées, sont les sarcophages des princes et des princesses; un champ de stèles marmoréennes les entoure; il gravit la montagne jusqu'au tombeau attribué par la légende à cette Marie Potocka que le génie de Pouchkine a imaginée et qui, vraisemblablement, est le tombeau d'une chrétienne devenue captive des Khans.

La fiction de Pouchkine est trop belle pour que nous ne donnions pas la traduction des vers qu'elle a inspirés à Miskiéwitch.

c Au pays du printemps, parmi des jardins enchanteurs, rose « nouvellement fleurie, tu t'es fanée cependant. Les souvenirs de « ta vie passée, à laquelle tu as été arrachée et qui s'éloigne de « toi comme des papillons diaprés d'or, ont percé ton cœur et « l'ont rempli de tristesse. Là-bas, au nord, vers la Pologne, scin- « tillent des milliers d'étoiles.

« Pourquoi brillent-elles là en si grand nombre? Ne seraient-ce « pas tes yeux pleins de flamme qui, en s'obstinant à regarder « dans cette direction, auraient, avant de s'éteindre pour tou- « jours, tracé un sillon lumineux? Polonaise, je finirai comme toi « mes jours dans l'exil.

« Puisse une main amie apporter sur ta tombe un peu de ta c terre natale. Souvent, des voyageurs s'entretiennent auprès de t ton mausolée. S'il en est qui parlent notre langue maternelle, c je me réveillerai aux accents de cette langue. Et s'il vient à « passer un poète rêvant un chant à ta gloire, il accordera à ton « tombeau solitaire quelques strophes empreintes de tristesse. »

BAKTCHI-SARAÏ. — LE TOMBEAU DIT DE MARIE POTOCKA. (Photographie du baron de Baye.)

Puisque nous sommes au chapitre funéraire, pourquoi ne pas vous conter la manière employée parles héritiers d'un mort pour racheter les péchés qu'il a commis contre Dieu; ceux qui ont lésé les hommes sont irrémissibles.

Lorsqu'un Tatar meurt, les héritiers doivent donner au mollah de la paroisse une certaine somme variant selon la fortune du défunt, pour le pardon des péchés dont le mort a pu se rendre coupable durant sa vie. Cette somme, qu'on appelle fédia, varie de 2 à 10 roubles par an. Si le mort est un vieillard, et qu'elle s'élève à

2 roubles par année, au minimum, le total équivaut à une somme considérable, par exemple à 180 roubles pour une personne de 80 ans. Les quinze premières années ne comptent pas ; car jusqu'à cet âge, les humains sont irresponsables de leurs actes. Or, on ne peut pas laisser le mort chargé de ses péchés. Mais soit qu'on ne puisse, soit qu'on ne veuille pas payer une grosse somme, on a recours à une fiction religieuse des plus subtiles. On place dans une boite ou sur une nappe des bijoux de la famille représentant à peu près le montant d'une annuité de la dette, et l'héritier principal remet ces bijoux au mollah en prononçant ces mots sacramentels : « Mollah, je vous donne ces objets valant., telle somme, < pour rendre rémissibles les péchés de mon... bien heureux. > Le mollah accepte. Aussitôt, l'héritier lui rachète l'objet pour sa valeur d'estimation. L'argent reste dans les mains du mollah qui rend les bijoux à l'héritier. Celui-ci les donne de nouveau au mollah en prononçant les mêmes paroles. Et les objets passent des mains du mollah en celles de l'héritier autant de fois que le défunt avait d'années ; mais la somme n'est versée qu'une seule fois. L'héritier fait une donation ayant un caractère religieux; et le mollah un cadeau à l'héritier. Peut-être, medemanderez-vous pourquoi on ne présente pas au mollah, quand on en a les moyens, des bijoux dont le prix est égal au montant de la dette pour toutes les années de l'existence du défunt? L'opération serait ainsi plus simple et plus expéditive, car on éviterait tous les circuits qui suivent la première donation. Mais si Ton procédait de cette façon, quelle garantie aurait l'héritier que le mollah ne céderait pas à la tentation de conserver les objets pour réaliser une bonne affaire ?

L'anecdote suivante, si elle se rattache quelque peu aux choses funéraires, atteste surtout la finesse et l'esprit d'à-propos des Tatars.

11 y avait un cadi (juge tatar) dans le voisinage duquel habitait un riche propriétaire qui possédait de nombreux moutons et un chien qui les gardait avec vigilance. Le cadi était jaloux de cet homme. Or le chien de cedernier vint à mourir; et ce chien, il avait beaucoup d'affection pour lui. Partant, il ordonna d'ériger à sa mémoire, près du cimetière, un monument funèbre où on l'enterrerait avec quelque pompe. L'animal y fut enseveli. L'envieux cadi s'empara de ce fait, prétextant que le propriétaire du chien avait commis un grand crime en décidant qu'il serait mis en terre

ainsi qu'une créature humaine et près du cimetière des bons musulmans. En conséquence, le juge se rendit à cheval au village habité par le riche Tatar, afin de se livrer à une enquête au sujet de ce personnage qui profanait sa religion.

Celui-ci eut connaissance des projets hostiles de son ennemi. Il choisit vingt moutons parmi son troupeau, va à la rencontre du cadi et, dès qu'il l'aperçoit accompagné de son secrétaire, prend envers lui une attitude très respectueuse. Le juge s'approche, arrête sa monture et dit d'un ton sévère au propriétaire : « Qu'as- € tu fait? malheureux I > Le Tatar répondit : c 0 juge, ami de la « vérité et serviteur de la loi chériate, il m'est arrivé un très grand . c malheur : la mort m'a ravi mon chien ; depuis de longues « années, il surveillait tous mes troupeaux et me rendait designa- € lés services. C'était un animal exceptionnel, et par son intellic gence et par sa moralité. 11 avait, à lui, un petit troupeau de

< moutons ; et, au moment de mourir, il a fait un testament en

< faveur de votre sainteté, vous léguant vingt moutons, à cause de « votre extrême sollicitude pournotre peuple. » Alors le juge de lui dire : t Oui, mon cher, je vois que ce chien avait des qualités « tout à fait extraordinaires. Certes, il n'était pas musulman, « mais je crois qu'il était très musulmanisé. Tu as donc eu raison « de l'ensevelir auprès du cimetière, car il était digne d'y être en- « terré en raison de son intelligence, puisqu'il a laissé un testa- « ment, tout comme un bon musulman. »

Mais il est grand temps d'aborder un autre ordre d'idées; je vais donc vous entretenir du mariage chez les Tatars de Crimée.

C'est à Baktchi^Saraï, qu'il nous a été donné d'assister à un mariage tatar. A ce propos, il convient de noter que le mariage est en honneur parmi cette population, qu'il s'y rencontre peu de célibataires, lesquels sont l'objet du mépris général. Maintenant, décrivons les préliminaires et les diverses cérémonies d'un mariage tatar.

Un jeune homme qui a l'intention de s'établir cherche à obtenir une jeune fille qu'il a pu voir ou entrevoir accidentellement, ou dont il a entendu parler, car il arrive souvent qu'un Tatar se marie sans connaître lui-même celle à qui il doit unir sa vie. Ajoutons que les Tatars de Crimée, sauf les Khans qui étaient polygames, n'ont qu'une seule femme.

Un jeune homme ayantfait comprendre à sa mère qu'il tiendrait à épouser telle ou telle personne, elle entame les préliminaires par Tenvoi d'une femme âgée auprès de la mère de la jeune fille. Cette intermédiaire doit laisser ignorer quel est l'objet de sa mission, ne pas dévoiler ce que désire l'autre partie.

Si tels ou tels indices lui permettent de constater que ce projet

EUPATOR1A. — DANSE TATARE A L'OCCASION D*UN MARIAGE. (Photographie du baron de Baye.)

d'union a des chances d'aboutir, une autre femme, fréquemment une parente, est chargée de transmettre la proposition ; elle est munie d'un cadeau destiné à la jeune fille dont on sollicite lamain. Si lademandeest agréée, sa mère offre au prétendant un présent consistant en un sac brodé ou une boite en argent, pour mettre le tabac. C'est la même ambassadrice qui se rend dans la maison de la jeune fille afin de fixer la date du mariage, le montant de la somme et la nature des cadeaux que doit donner le fiancé. D'ordinaire, celui-ci offre un collier de monnaies d'or, une ceinture

d'or ou d'argent et quelques pièces d'étoffe pour confectionner des robes. Le chiffre de la somme d'argent varie selon la fortune ; mais, pour les plus pauvres, elle n'est pas inférieure à 40 ou 50 roubles.

Cet argent est employé à l'acquisition des objets indispensables au nouveau ménage.

Après ces préliminaires, on prépare tout pour les fêtes du

EUPATORIA. — DANSE TATARE A i/OCCASION D'UN MARIAGE. (Photographie du baron de Baye.)

mariage qui commencent le même jour, mais séparément, dans les deux familles contractantes et durent de trois à cinq jours.

D'abord les parents de la fiancée viennent la féliciter; et ceux du fiancé agissent de même envers lui. Le lendemain et les jours suivants, dans chaque famille, on invite les parents et les amis. Un jour, ce sont les femmes et les jeunes filles; un autre, les hommes et les jeunes gens. Dans ces réunions, les invités sont groupés suivant les âges. Pendant toute la journée, on joue des airs de musique nationale. Les jeunes filles et les jeunes gens se

livrent au plaisir de la danse, mais séparés les uns des autres. Rien n'est gracieux comme ces danses, qui consistent en mouvements du corps d'une souplesse charmante ou d'un rythme lent et harmonieux ; les exécutants tenant les mains ouvertes, étendent les bras, puis ils les élèvent ; cela avec des poses vraiment hiératiques.

Il semble qu'un sentiment religieux, j'allais dire une inspiration mystique, préside à ces danses, surtout quand ce sont des femmes qui y figurent.

Les gargons ont à leur disposition ou de la vodka, ou de la bouza et de la bière ; et il est très rare qu'ils en abusent jusqu'à s'enivrer. Un robuste gaillard est choisi parmi eux comme chef de compagnie ; c'est le kart-aga\ on lui adjoint un second. C'est lui qui commande aux musiciens et qui distribue les boissons. Si quelqu'un vient à causer du trouble, le chef ordonne de déshabiller le délinquant et de le jeter à la porte. Cette rigueur, qui estde tradition, rend le désordre très peu fréquent.

Dans les repas, le chef et celui qui l'assiste sont servis les premiers.

La veille du mariage, on étend du kna sur les cheveux de la fiancée afin de leur donner une nuance rougeâtre. Pendant qu'on se livre à cette opération, les personnes présentes chantent :

« On a préparé le kna de la fiancée.

« Tous ses parents sont venus assister à ce spectacle.

c La fiancée a les yeux bleus.

« Elle porte, la mignarde, des vêtements roses.

< Ne pleure pas, fiancée, ne pleure pas !

c La fiancée va épouser un vrai luron ;

« C'est dommage pour sa fine taille.

c Ne pleure plus fiancée, ne pleure plus ! >

Mais voici venu le jour de la noce.

Ayant pu suivre, ainsi que je l'ai déjà indiqué, les cérémonies d'un mariage tatar, j'ai été à même d'en observer les particularités intéressantes, qui sont nombreuses. . .

Pendant toute la matinée, la future, retirée dans une chambre avec ses amies, verse des larmes abondantes.

Bientôt, les invités affluent et remplissent la cour de l'habita-

tion, où un orchestre invariablement composé de musiciens tziganes mahométans, fait entendre de bruyants accords.

Non loin de là, chez le père de la fiancée, dans une pièce à part ou dans un bâtiment isolé, sont réunis en conférence : les représentants du fiancé et de la fiancée, assistés chacun de deux témoins; le mollah, quelques vieillards et quelques intimes. Tous les assis-

MARIAGE TATAR PAR PROCURATION A BAKTCHI-SARAI. (Photographie du baron do Baye.)

tants accroupis sur les coussins disposés autour de la salle, demeurent d'abord muets et recueillis. Enfin, le silence est rompu et des pourparlers s'engagent entre les représentants des deux parties et leurs témoins, au sujet de la somme d'argent nommée mèhre, laquelle est la propriété exclusive de la fiancée et qui lui reste en cas de divorce ou si elle devient veuve.

Cette question est susceptible d'amener des démêlés assez vifs entre les fondés de pouvoir du futur et de la promise. Lorsqu'ils sont tombés d'accord, le mollah s'approche, et le versement de la

somme fixée est opéré devant lui. Ensuite les représentants des deux fiancés unissent leurs mains droites que le mollah, lui, prend dans la sienne.

Alors, désignant la jeune fille par son nom, il demande à celui qui la représente s'il veut bien la donner en mariage à un tel, dont il décline également le nom. Il pose la même question au représentant du fiancé. Après que les deux parties ont prononcé le oui solennel, le mollah récite les prières sacramentelles par lesquelles il unit les deux absents, prières que répète l'assistance, exclusivement composée d'hommes, bien entendu. Gomme vous le voyez, chez les Tatars de Crimée, le mariage a lieu par procuration. Le mollah inscrit l'acte de ce mariage dans le registre officiel; ceux qui se trouvent là échangent de mutuelles félicitations, puis un repas leur est servi, cependant que la musique continue à jouer avec entrain.

Le mariage auquel j'ai assisté était celui de gens peu fortunés; et, par là même, il conservait mieux le caractère national. Bien que les mariés n'appartinssent pas à la classe riche, il y eut néanmoins beaucoup de mise en scène.

A la porte de la cour, une voiture, entièrement recouverte d'une étoffe aux couleurs éclalantes et lamée d'or, attendait la nouvelle épouse; les chevaux portaient des bandes de tissus multicolores et leurs harnais étaient décorés d'ornements semblables. La foule était accourue, bruyante et gaie. Elle entoura la charrette (arba)> amenée pour emporter la dot et le mobilier de l'épousée. Ce sont des jeunes garçons habitant le même quartier que le fiancé qui viennent chercher tous ces objets.

Il ne leur est du reste permis de les enlever qu'après que le père du fiancé a payé la somme réclamée par les jeunes gens du quartier de la mariée. Quand ils ont obtenu satisfaction, les uns et les autres, tout en chantant et en dansant de la façon la plus gracieuse, descendent les escaliers et les perrons, et traversent la cour, portant les coffres qui contiennent les vêtements, les coussins, les tapis, des ustensiles de cuivre et autres. Aussitôt que la charrette est chargée, apparaît unepittoresqueprocession, à lafois majestueuseetcharmante,defemmesdrapéesdans leurs /cfcadrasblanches, assez courtes pour montrer le bas de leurs robes aux couleurs voyantes. Celle qui marche la dernière tient deux cierges ornés de clinquant doré qui doivent brûler dans la chambre nuptiale.

Toutes ces femmes prennent place sur Yarba, recouvrant de leurs blanches silhouettes l'amoncellement d'objets variésquiysontentas-

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