pieds
et bientôt on parvient, en traversant d'admirables points de vue, à la station Koby (6,364 pieds). C'est entre Koby et Goudaour (station Goudaour, 7,327 pieds), que la route géorgienne franchit le col le plus élevé de la chaîne du Caucase, c'est la partie la plus froide à traverser, la partie où les avalanches sont à craindre au printemps et en automne. Aussi la route est-elle protégée çà et là par des tunnels à toits inclinés. Nous passons devant une maison (8,732 pieds) habitée par des Ossètes qui sonnent la cloche pendant le chasse-
ROUTE MILITAIRE GÉORGIENNE. — STATION KORY. (Photographie du baron de Baye.)
neige et portent secours aux voyageurs. Hâtons-nous d'arriver à Goudaour. Cette station est dominée par un rocher nommé «Goud* qu'une légende ossète identide à un génie malfaisant.
Permettez-moi de vous dire ce conte, « Le mauvais génie fut un jour jaloux d'un jeune paysan nommé Sassiko parce qu'il aimait îJina, une fille ossète. Goud, pour assouvir sa haine, voulut la mort de cet homme; allait-il à la chasse, Goud faisait surgir des brouillards pour cacher les nombreux précipices. Sassiko échappait tou-
16 EN GÉOKGIE
jours aux embûches. Courroucé de voir sa victime se dérober m pièges qu'il lui tendait, Goud usa d'astuce. Un jour que Sasâk» visitait Nina, le mauvais génie envoya une avalanche de pierre qui ensevelit la pauvre maison. Tout d'abord paysan et paysanne ne s'en aperçurent 'pas. Le premier jour, ils trouvèrent du pan. Le second jour ils pleurèrent et la faim les tourmenta. Le troisième jour, la faim s'accrut et ils perdirent tout espoir. Le quatrième jour la mort approchait. Sassiko courait comme un foi
ROl'TK MILITAIRK GKORGIKNXK. — ARRKT MR LK POINT LK PLIS ÉLEVÉ. (Photographie du haron de B.iyp.)
d'un bout à l'autre de la demeure. Tout à coup il voit Nina et, poussé par le mauvais génie,' la mord à l'épaule. La jeune Niia cria et tomba. sur le sol. Au même moment la porte s'ouvre, on vient à leur secours, Nina et Sassiko sortent' de la maison n'ayaol plus! l'un pour l'autre les mêmes sentiments. Goud, le mauvais génie, était arrivé à son but. Il a tellement' ri-que les pierres desoi rocher, comme un épais niiage, se mirent à crouler de la montagne dans la vallée. »
En effet, le* passant voil le lenp de la roulo les preuves cprV
rire do Goud est terrible et que les acres <lr cette liîlai veltenl parfois, jetant la crainte parmi les montagnards, À partir du mont Kreslovaïu commence la célèbre descenfa
conduit à la station Mlet. En vous disant que Mlet se trouve à 3,800 pieds plus bas que le mont Krestovaïa, vous avez une idée de la rapidité de la pente dans laquelle la route créée par le prince Bariatinsky forme d'innombrables zigzags. Vous traversez le versant méridional du Caucase aussi rapidement que vous avez lentement gravi Paulre versant par une rampe douce. Aux rochers d'aspect sévère, a succédé la nature verdoyante et la végétation riante de la merveilleuse gorge de Kaïchaour. Pour arriver
ROUTK MILITAIKK GÉOHGIKNNK. — STATION MLKT. (Photographie du baron de Baye.)
jusqu'à la vallée profonde sillonnée par TAragva, nous rencontrons des champs cultivés. La vue que Ton embrasse aux deux extrémités du balcon de la station Mlet est ravissante. Jugez-en.
Il conviendrait, si nous en avions le temps, de vous parler delà route entre les stations Passanaour, Ananour, Douchet, Tzikany. Déjà nous sommes dans la région des jardins fruitiers et nous arrivons à Mlzkhet qui fut la capitale de la Géorgie. Ce serait présomptueux de ma part de vous donner à cette occasion un Résumé, fût-il succinct, de l'histoire géorgienne.
EN GÊORGIK
Précédemmment je vous citais deux superbes figures qui ont présidé à son commencement et consacré son apogée. Le moment viendra de parler de Thamar, c'est ici le lieu de dire quelques mois de Xino. Car c'est à Mtzkhet qu'ellea proche le christianisme au iv* siècle.
Selon une légende, la cathédrale de Mlzkhet aurait été construite sur l'emplacement où sainte Nino découvrit la lunique du Christ.
IlOlTi: MILITAIItK CjiORGlKNNK. — STATION MLKT. (Photographie du baron de Baye.)
Suivant cette légende, le centurion Longin, Géorgien de naissance et témoin du crucifiement, reçut dans le partage des vêtements du Christ la robe sans couture. Ce centurion, revenant dans sa patrie, apporta la sainte dépouille. Sa sœur ', déjà convertie au christianisme, mourut au moment même où elle la prit entre ses mains. Il fut impossible de la lui enlever tant elle la serrait sur son cœur. La sainte femme fut ensevelie avec le précieux vêtement.