KIRGHIS. — OMSK
naire blancheur. Les filles laissent voir leur chevelure disposée] en deux nattes du plus beau noir, pendant dans le dos. La coiffure seule les distingue des femmes. Elles portent le c biurke »,
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bonnet d'étoffe de couleur voyante bordé d'une fourrure foncée, marte, zibeline ou loutre du Kamchatka. Du milieu de la coiffe s'échappe un fil de soie terminé par une houppe déplumes, légères comme un duvet, qui proviennent d'un oiseau de nuit.
Chez les Kirghis, on achète sa fiancée, cela se nomme « kalmouim > ; celui qui ne peut payer a recours au rapt.
Damey, notre hôtesse, nous montra sa coiffure de mariage, en kirghis « saoûkoulé », formée d'une pyramide haute d'un mètre environ, composée de plusieurs étages où les bandes de fourrure, d'argent doré estampé, de franges, de pendeloques, de pierreries variées, sont superposées et se terminent par une sorte de croissant à bords découpés, surmonté d'une étoile et accompagné (à droite) d'un panache de plus. De nombreux rangs de perles, de corail, de boutons enfilés pendent du sommet de cette tiare jusqu'aux genoux de celle qui la porte.
Chez ces nomades, les femmes travaillent et les hommes passent leur temps à cheval. La chasse au faucon est un de leurs grands plaisirs. Ils ne considèrent pas le vol d'un cheval comme une chose défendue, mais comme une action d'éclat, comme une œuvre méritoire. Si un Kirghis vole un cheval à un Russe, il est jugé par la loi russe et il est condamné à un an de prison. Si un Kirghis vole un cheval à un autre Kirghis, il est jugé par la loi kirghis. Dans ce dernier cas, après jugement et condamnation, l'affaire se règle avec quelques roubles et se termine par un repas abondant.
Nous quittâmes la kibitka du chef pour visiter les quarante autres appartenant au clan composé de 200 hommes et femmes. Le chef loue 8,500 arpents et paye à la couronne 1,500 roubles par an. Il possède de 30 à 4-0 serviteurs, 3,000 grands bestiaux et 2,000 moutons.
Depuis deux ou trois ans seulement on envoie des missionnaires chez les Kirghis, mais on signale peu de conversions. Du reste, il n'y a pas encore, m'a-t-on assuré, de missionnaires russes parlant la langue kirghis.
Ce peuple était idolâtre lorsqu'il séjournait en Mongolie, avant de venir dans les territoires qu'il occupe actuellement. On le compte comme mahométan et il Test de fait; mais ces gens ne sont pas très croyants et leurs serments sur le Coran n'ont que peu de valeur.
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Ils sont beaucoup moins religieux que les Tatares.
Les tombeaux des riches Kirghis ressemblent à de petites forte-
SAINT DEMÉTRIUS, BANNIÈRE D'iERMAK. — CATHÉDRALE D'OMSK.
resses, en terre, là où la pierre fait défaut, ce qui est le cas dans la contrée que nous visitons. Les^morts qui appartiennent à la masse
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sont enterrés étendus, le visage contre terre, dans des trous peu profonds. Les loups, très nombreux dans la steppe, déterrent les cadavres et les mangent. Le culte des morts, m'a-t-on dit, est très peu développé parmi ces nomades.
Nous avons visité les plus pauvres kibitka, enfumées par le foyer qui se trouve au centre; d'énormes récipients pleins de koumis gisaient à terre, tandis qu'au-dessus, quelques planches suspendues par des cordes portaient, solidement ficelés, les bébés endormis. Des vieillards accroupis gardaient en même temps les nouveau-nés et la provision de boisson. Au dehors les jeunes femmes étaient occupées à traire les juments groupées au milieu du campement. Le sol et l'herbe étaient rougis du sang des moutons qu'on avait tués en notre honneur. La viande de ces animaux cuisait au milieu de charbons, dans un trou creusé en terre. On nous offrit d'en manger et, comme mets recherché, on nous présenta des morceaux de graisse rissolée, de cette graisse que les moutons kirghis portent, comme de volumineuses excroissances, de chaque côté de la queue.
Puis nous assistâmes à un combat en plein air entre des jeunes gens qui luttent en s'empoignant par la ceinture, jusqu'à ce qu'un des deux combattants soit renversé à terre.
11 était temps de songer au départ. Nos troïka étaient attelées. Pendant que les cavaliers kirghis faisaient autour de notre tarentass d'extraordinaires fantasias, je demandai à M. Mamonoff pourquoi ces hommes étaient exempts du service militaire. Il m'a été répondu que la question avait été agitée, mais que le gouvernement impérial avait préféré ne pas apprendre l'art de la guerre à des populations soumises depuis peu et voisines de la Chine.
Cette conversation fut interrompue par les sauvages cris d'adieu poussés par les Kirghis, dont nous quittions le territoire.
La ville actuelle d'Omsk contient 40,000 habitants, elle se trouve à cheval sur les deux rives de la rivière de l'Om, à l'endroit où elle se jette dans l'Irtisch. La forteresse et la ville ancienne ont été construites en 1716 par le colonel Boukolz sur la rive droite de rOra; en 1786 la cité s'est étendue sur l'autre rive.
La visite des églises à Omsk présente peu d'intérêt, cependant la cathédrale des cosaks conserve le soi-disant étendard d'Iermak, rapporté il y a cinq ans de Béréosof. A cette daté eut lieu la célébration du 300* anniversaire de la conquête de la Sibérie et alors
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on donna le nom d'Iermak à un régiment de cosaks. Sur cet étendard est peinte l'image de saint Démétrius, dans la même attitude