Conférence faite le U avril 1902 au Club Alpin
2. Cette mission a été hautement protégée par Leurs Excellences, M. Sipiaguine, ministre de l'intérieur et le prince Hilkoff, ministre des voies et communications.
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sions générales, et il passe du nord au sud, de Test à l'ouest, spectateur d'une féerie vivante qu'il décrira, qu'il chantera, qu'il peindra; — et sa prose, sa poésie, sa peinture emprunteront quelque chose au sujet qui les a inspirés, sans pouvoir toutefois l'égaler en grandeur.
Combien, parmi ceux qui font le voyage du Caucase, en est-il qui le connaissent réellement? Ils passent en effet dans le pays sans y pénétrer suffisamment, car le temps leur manque, et ils suivent un itinéraire invariable et obligatoire, comptant avec les heures. Étant à leur premier séjour dans la région, ils n'ont qu'un désir : celui de voir ce qui est proclamé célèbre par les touristes et par les guides. C'est le côté facile. Beaucoup s'en contentent, et reviennent avec seulement quelques vagues notions sur la contrée qu'ils ont admirée. Ils ont satisfait la curiosité de leurs regards, curiosité qui n'a rien de commun avec celle, à la fois passionnée et méthodique, qui est le propre de l'investigateur.
Mais il n'est que temps, messieurs, de sortir des généralités pour entrer dans le sujet de notre causerie.
Mon séjour au Caucase peut se diviser en trois épisodes :
1° Visite aux Juifs des montagnes;
2° Fêtes du centenaire de l'annexion* de la Géorgie à la Russie;
3° Excursion dans le gouvernement de Ko u tais.
Je vous entretiendrai seulement de ce dernier épisode de ma mission.
On peut bien désigner le gouvernement de Koutaïs sous le nom de Géorgie occidentale. En effet, la Géorgie est divisée en deux parties par les monts Likh. La partie orientale renferme les provinces de Karthli, de Kakhéthie, de Meskhéthie, de Touchéthie, de Pchavéthie et de Khevsouréthie. La Géorgie occidentale est formée des provinces de Svanéthie, de l'Iméréthie, de Tchanéthie, de Ratcha, d'Adjara, de Gourie, de Letchkoumie et de Mingrélie (ou Egrissie), d'oà Mégréli, qui veut dire, en géorgien, habitant d'Egrissi. Le mot Mingrélie n'est donc qu'un dérivé du Mégréli des Géorgiens.
Dans les provinces que je viens d'énumérer, on parle généralement la langue géorgienne. Cette langue n'a pris le caractère de patois que dans la Géorgie occidentale, c'est-à-dire en Svanéthie,
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en Mingrélie1 et en Tchanélhie. Du reste, les habitants de ces deux dernières provinces constituent une unité ethnographique tchane ou laze; ils usent d'un seul et même patois laze, mais différent par la religion, car les Lazes sont devenus musulmans tandis que les Mingréliens professent le christianisme de l'Eglise grecque.
Dans la Géorgie occidentale, l'Islamisme est actuellement la religion des habitants d'Adjara, de Kobouleth et d'autres contrées de la Gourie. Dans la Géorgie orientale, les provinces de Meskhéthie et de Saïnguilo, faisant partie de la Kakhéthie, ont embrassé l'Islam.
Iméréthie, Gourie, Mingrélie, Karlhlie, Kakhéthie, etc., sont des termes géographiques qui équivalent à ceux de Bretagne, de Normandie, de Gascogne employés chez nous.
Le nom dé ces diverses provinces réunies est Sakarlhvelo, c'està-dire le domaine des Géorgiens. Ce terme est dérivé de Karthlie, Géorgie, dont les habitants sont Karlhveli, Géorgiens.
Dans l'antiquité, la Géorgie occidentale était connue sous le nom de Colchide, et la partie orientale sous le nom d'Ibérie.
C'est non sans raison que Wakhoucht groupe les trois dénominations historiques de la Géorgie occidentale et en échelonne ainsi l'origine. La première, Egris, tire son nom d'Egros, frère de Karthlos; il est, en géorgien, l'équivalent de celui de Colchide, qui s'appliquait aux bassins du Rion ou Phase et du Tchorok. Le nom de Colchide Lazique a toujours été appliqué à ces deux bassins réunis sous un seul souverain. Ces mêmes contrées constituèrent dès le vi* siècle le royaume de Lazique. Aux x« et xie siècles, les rois Aphkhazes, maîtres du pays, étendirent leur domination jusqu'aux sources de la JCoura *.
Ce royaume Aphkhaze-Karthle subsista jusqu'en 1249. Durant ce laps de temps, la Géorgie centrale se nomma A mier, c'est-à-dire le pays en deçà, et la Géorgie occidentale Imier, c'est-à-dire le pays au delà, en sous-entendant : des monts Likh. Or, ces monts Likh séparaient les régions orientales et occidentales de la Géorgie. Évidemment, de ce nom Imier, est dérivé le nom Imérelh ou Iméréthie, qui ne prit consistance qu'après le partage définitif de la Géorgie, en 1469.
Trois siècles avanl J.-C, les contrées correspondant à la Min-