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DAY1D-LE-RESTAURATEUR, FRESQUE DU COUVENT DE GUÉLATH

l'une d'elles mesurant plus de deux mètres de longueur, aurait été placée par les mains mêmes de David. Celui qui a vu l'anneau de ce prince, conservé dans le trésor de la sacristie, est tenté d'ajouter foi à cette tradition, car cet anneau semble fait pour le doigt d'un géant.

L'intérieur du temple, exclusivement orné de mosaïques et de fresques, est vraiment digne d'admiration par la pureté de son architecture justinienne et par l'harmonie de toutes ses parties. Le fond de l'abside est décoré d'une mosaïque byzantine qui, plus

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ancienne que celles de Venise, peut rivaliser de beauté avec elles. C'est un don de l'empereur Alexis Comnène au roi David le Réparateur1. Les fresques sont d'une époque postérieure, mais ne manquent pas d'intérêt, car la tradition byzantine s'y retrouve. Leur description détaillée serait trop longue. Outre les sujets empruntés au Nouveau Testament, elles représentent des personsages historiques de Géorgie.

Nous y remarquons en première ligne le fondateur de Guélath, le roi David, que l'église géorgienne compte parmi ses saints les plus illustres. Il figure là à titre de donateur3.

Hélas ! l'iconostase, œuvre moderne, forme une tache blanche au milieu de cet ensemble de couleurs harmonieuses. Heureusement, le mauvais effet de cetle tache est atténué par les images saintes brillantes d'or, d'émaux et de pierreries. Devant elles, les cierges jettent des lueurs mystiques et le poème d'Akaki Tzérételli revient à la mémoire. En voici la traduction mot à mot.

c J'aime quand le cierge saint brille devant l'image et disperse < sa lumière vacillante.

« Ce cierge, paisiblement, silencieusement, fond comme un « holocauste sacré qui, par la grâce qu'il répand, éclaire les plus « profondes ténèbres.

t Moi, pénétré de pensées à la fois douces et amères, je regarde, « je contemple cette grande force. Alors, dans mon mutisme et c mon immobilité, je ressemble à une colonne du ciel.

« Je devine qu'il existe une communion mystérieuse entre cetle «c flamme et mon être. Je le sens, mais mon esprit ne peut le com- «c prendre.

« Ce cierge, c'est ma chair; cette flamme, c'est ma vie; cette « lumière, c'est mon âme.

c Ce sanctuaire, c'est l'Univers; cetta image, c'est ma patrie, c Devant elle et pour elle, ne dois-je pas brûler et me consumer?

« Oui sans doute, mais personne n'apporte l'étincelle pour allu- « mer ce cierge que je suis; et celui-là, semblable au rossignol « chanteur, serait le prophète de l'avenir. »

i. Artistes et matériaux ont été envoyés de Byzance.

2. A sa droite, sont peints : Evdômon Katolicos d'Aphkasie; plus loin, Bagrat 111, sa femme Hélène, le roi Georges, un jeune tzarévitch aussi nommé Bagrat et, enfin, la reine Roussoudane. Le nom de chacun d'eux est inscrit en langue géorgienne.

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À la lueur du duryu, examinons In plus précieuse des u de GuêlaLli, celle cliu? vicier <lr KnklioiiL Klle a été appoi

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roi David, à Guélath, de la province d'Alchara, dont les habilanls étaient devenus mahométans. Cette peinture aurait été, selon la légende, peinte par saint Luc. L'illustre reine Thamar la fit orner de nombreux joyaux. En effet, elle est couverte d'or ciselé, décorée de pierreries d'un grand prix et enrichie d'émaux byzantins d'une inestimable valeur. Tous ces ornements sont disposés de manière à former un ensemble dont la richesse et le coloris éblouissent. Autant ce revêlement d'icône a d'importance par son mérite artistique, autant les inscriptions qui y figurent ont d'intérêt pour l'histoire locale. Elles nous apprennent que la famille des Bagratides s'attachait, depuis des temps bien reculés, à proclamer son antique origine sémitique, qu'elle fait remonter à la tribu de David.

N'avons-nous pas aussi, en France, une ancienne famille, celle de Lévis, qui n'hésita pas pour prouver qu'elle était apparentée à la Sainte Famille, à arguer de paroles attribuées à l'image de la Vierge. Celle-ci, s'adressant à un de Lévis agenouillé devant elle, lui aurait dit :

« Asseyez-vous, mon cousin. »

Les membres de la famille des Bagratides n'ont pas fait parler la Vierge, mais lui ont rappelé très naïvement et assez orgueilleusement leur parenté. Par exemple, dans l'inscription suivante :

« Comme autrefois celui qui eut le bonheur d'être père de Dieu, « quand tu ileuris dans son sein, î> reine, s'empressa d'orner « tout ce qui t'appartenait, à toi, temple de Dieu ; de même David, « roi de Géorgie, rejeton de David roi d'Israël, te fit hommage, « ô vierge, de son âme, de son corps et d'un temple.

« Puis, nouvel Ezéçhiel, doublement Salomou par la descen- « dance et par Tad^rité, Dmitri, roi de Géorgie, a orné et fait «c resplendir ton image comme le soleil au firmament. Maintenant, « ô mère de Dieu, le temps est venu d'intercéderjpour lui et de « le faire régner en haut avec ton Christ. » ' ; * r '

Si les rois David et Dmitri son lils rappelèrent à la Vierge leur parenté, la reine Thamar fit de même dans l'inscription suivante :

« Sainte Vierge immaculée, par la volonté de la providence élert nelle, tu as mystérieusement conçu le fils de Dieu, et tu l'as « mis au monde pour la rédemption de l'humanité/Tu m'as élevée

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c et tu m'as glorifiée, moi Thamar, qui suis issue de la célèbre « tribu de David. Dans ce motif, je désire à présent orner rimag «• où tu es représentée avec ton auguste fils, afin que tu protège» « la mère et le fils. »

J'ajouterai que la famille Bagration représente actuellement b descendance des Bagratides et qu'elle a placé dans ses armoiriesh harpe de David.

Cl KLATH. — FILS ENTOURANT LES MURS EXTÉRIEURS DE L'ÉGLISS. (Photographie du baron de Baye.)

Dans tous les as, la dynastie des Bagratides a porté la Géorpe à l'apogée de sa gloire durant les règnes du saint roi David el* l'immortelle Thamar.

Après avoir contemplé ces richesses, nous sommes sortie l'église de (iuélath. En admirant les sculptures qui décorent se parties extérieures, nous avons remarqué un assez grand noœta de fils longeant la base de l'édifice. Cet usage cet très répandu 0 Géorgie.

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Si quelqu'un tombe malade, on prend un de ces fils de coton jui servent de mèches dans la fabrication des cierges. Ce fil est Hendu le long du malade, et ensuite, la personne qui a fait le vœu loit réciter certaines prières autant de fois qu'il représente la ongueur de ce malade, cela, pendant qu'elle enlace de ce fil la ;>ase des murs du sanctuaire, à l'extérieur. H m'a semblé intéressant de mentionner cette ancienne pratique.

Nous quittons le monastère de Guélath, ce témoin de la plus brilante période de l'histoire géorgienne, période qui dura cent vingt ins, depuis l'avènement au trône de David le Réparateur jusqu'à la mort de son arrière petite-fille la reine Thamar, d'impérissable mémoire.

Pour répondre à la gracieuse invitation des princes Simoniko 3t Guigo Tzérételli, je m'arrêtai dans la région montagneuse de IMméréthie, à Chorapan. Le nom de cette localité provient des jeux mots chora et poni qui signifient passage de la rivière en haut.

La chronique géorgienne de Wakhtang attribue la fondation de dhorapan, Sarapana selon les Grecs, à Pharnawaz, premier roi de Géorgie, lorsqu'il voulut s'assurer la possession de la Colchide. Strabon cite Sarapana comme défendant l'entrée des défilés qui menaient des Colches chez les Ibériens.

Occupée par les Grecs sous Justinien, puis abandonnée par eux 3t prise par les Persans qui réparèrent la forteresse, Sarapana revint bientôt aux Grecs.

Depuis, elle n'a joué qu'un rôle secondaire dans les guerres 3ntre les Karlhles, et les Iméréthiens. Le seul vestige du passé de œtte localité consiste dans les ruines imposantes d'une forteresse, iont les murailles démantelées forment un long parallélogramme. Elles occupent une magnifique situation au commencement du pittoresque bassin de la Colchide.

Pour atteindre ce point où nous étions attendu, nous avons pris le petit railway à voie étroite, installé il y a seulement quelques années, pour réunir à la grande voie ferrée le centre ïe l'exploitation du manganèse. La ramps suit le cours capricieux iu torrent qui se nomme Kvirilla, c'est-à-dire bruyant, et parcourt un défilé sauvage et pittoresque.

Nous nous sommes arrêté à Tchiatoura, où nous avons reçu l'hospitalité du prince Béktabégoff, d'une ancienne famille armé-

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nienne anoblie par les rois de Géorgie. Son nom indique une origine tatare ou persane, car il signifie Bek des Beks.

Nous voici à plus de 1,070 pieds au-dessus de la mer Noire, au centre de l'exploitation du manganèse, qui s'opère encore d'une façon primitive avec les moyens locaux. Bien que cette entreprise soit en souffrance comme beaucoup d'autres industries, un bel

SATCHKKRÉ. — MAISON DU PRINCE GEORGES TZÉRÉTELM. (Photographie du baron de Baye.)

avenir lui est réservé lorsque l'apport de capitaux lui donnera le moyen de se développer. Ce n'est pas là que j'ai tenté de photographier des indigènes. En effet, vous les eussiez pris pour des nègres, car de même qu'eux, ils n'ont de blanc que les yeux et les dents. Us sont forcément vêtus de noir. Ajoutons que la poussière du manganèse affleurant le sol, se répand partout, enlevant sa fraîcheur à la végétation qui, sans cela, serait fort belle.

Reprenant le railway, nous parvenons à Darkvet, station terminus située à 1,200 pieds d'altitude. Accompagné des princes

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Tzérételli, nous quittons le noir royaume du manganèse pour arriver en voiture à Satchkéré. Là se trouve le lieu d'origine de la famille Tzérételli. La noblesse féodale fut puissante et même redoutable pour les souverains : danslahaute Iméréthie avec les Tzérételli et les Abachidzé; ces derniers se disent originaires d'Abyssinie; dans la basse Iméréthie, avec les Mikhéladzé et les Tzouloukjidzé.

A SATCHkhRÊ. CHKZ LK MtINCK G. TZtltËTELLI. (Photographie du baron de Baye.)

A Satchkéré, il y a dix-huit maisons habitées par des Tzérételli. Elles sont éparpillées le long de la pente de terrain où s'échelonne ce grand village dominé par les ruines d'une imposante forteresse, berceau des ancêtres. De là sont sortis les nombreux rameaux de cette illustre maison des Tzérételli. L'aîné de la branche aînée m'a reçu dans sa résidence la plus rapprochée de ces ruines1. Cette maison est typique, avec une façade très

1. Elle es! située dans le quartier de Satchkéré nommé dnilatoul>an. c'est-à-dire endroit pris par la force.

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étendue et contre laquelle est appliquée une annexe en bois formant une spacieuse galerie régnant tout le long des deux étages. Lors de la réunion à la Russie, il y a peu de temps de cela, ce pays était tout à fait soumis au régime féodal. Maintenant, on s'y croit encore au temps de la chevalerie, non seulement à cause de la manière dont on y est reçu, mais aussi à cause du

SATCHKÉRÉ. — IMLRI-THIKN.

(Photoçrapliio du baron de Baye.)

spectacle que présentent le bazar, sillonné par maints spécimens de races variées, et le quartier juif, lesquels demeurent ce qu'ils étaient au moyen âge, je veux dire le centre d'approvisionnement des Tzérételli, de leurs gens et de leurs paysans. Là-bas, en effet, la vie a le caractère qu'elle avait jadis en pays occidentaux, aux époques où les nobles ne s'étaient pas encore transformés en courtisans, ce qui n'a pas eu lieu au Caucase.

Le nouvel état de choses établi par la Russie n'a pas modifié l'aspect de certaines localités de la Géorgie; celle où nous nous

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KN IMKIIETIJIE

trouvons en est un exemple. 11 a appauvri la noblesse sans modifier son caractère. Pour elle, l'honneur ainsi que le souci d hospitalier, sont toujours considérés comme les premiers k devoirs. Aussi, les réceptions sont-elles empreintes d'une notée réelle grandeur. Le maître de la maison s'attache à mettre a relief celui qu'il reçoit et, je n'exagère pas, il le faitrégnerto

UN COIN Dr BAZAR A SATCHKKRÉ.

( l'holographie du baron de Baje.)

sa demeure; il ne recule devant rien pour lui être agréable et quand il boit à sa santé, c'est en exprimant les sentiment les plus chaleureux pour sa personne et pour sa patrie.

Kl ces toasts n'ont rien de banal; ils attestent à la fois la dignité et l'orgueil du sang qui coule dans les veines du mate de la maison, la joie qu'il éprouve d'avoir des hôtes venus de loin, la haute estime qu'il professe à leur endroit et FarnS toute fraternelle qu'il leur a vouée depuis qu'ils ont couché soie son toit. Et le vin coule, et les verres se remplissent et a

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vicient, et les « mravaljamier » sont chantés pour souhaiter longue vie aux convives. Bien des fois, j'ai participé à de semblables agapes, et jamais sans émotion, car le Géorgien a le don de faire vibrer son cœur à l'unisson de celui qu'il reçoit.

De Satchkéré, la vue sur la vallée est admirable, le panorama s'étend au loin, avec une chaîne de montagnes comme fond de

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ÉGLISE DK SAVANK.

(Photographie du baron de Baye.)

décor. Une colline couronnée d'une végétation vigoureuse et luxuriante, sous laquelle se cache un village et d'où émerge une silhouette blanche, attira nos regards. Nous nous y rendîmes, traversant les prairies et les innombrables bras du torrent, pour contempler la basilique de Savane, qui signifie : lieu saint, ou monastère. D'après l'inscription qui surmonte le portail méridional, ce sanctuaire aurait été érigé au xr siècle *.

1. Par Georges Eristav des Eristavs, sous le règne de Kagrat Couropalal.

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L'église de Savane peut être considérée comme un spécimen typique de la plus riche floraison, du plein épanouissement de l'architecture géorgienne. L'ornementation extérieure comporte quantité de sculptures où les entrelacs, les torsades et les feuillages stylisés sont combinés de façon à produire un effet à la fois somptueux et harmonieux.

portail de l'église de savane.

(Photographie do baron de Baye.)

Le prince Tzérételli nous fit également visiter le monastère de Mghvimévi, ce mot signifie en géorgien la grotte. Entre Darkvet et Tchiatoura, dans le défilé où coule la Kvirilla, on voit, accrochée au rocher, une habitation située à pic. Une route étroite et rapide, taillée en lacets, y accède. Là se trouvent les demeures des nonnes. Ce bâtiment commande l'accès d'une immense grotte, dont l'orifice est presque totalement obstrué par une église assez grande et une chapelle de petite dimension. Elles sont l'une et l'autre engagées dans le rocher que l'on a taillé à cet effet. Ces

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sanctuaires sont formés en partie par la paroi régularisée du roc, en partie par des murailles en pierre de taille. La muraille qui constitue le côté méridional du plus grand sanctuaire est ornée de sculptures et percée de fenêtres. Une étroite galerie en bois y est adossée et conduit dans la caverne au fond de laquelle une source sort du rocher. L'eau forme une petite nappe et s'écoule ensuite par un cbéneau creusé dans la montagne.

MONASTKRK DE MGUVIMÉVI.

(Photographie du baron de Baye.)

Diméréthie, je me rendis à Novo-Senaki, non pour visiter la Mingrélie, car le temps me manquait, mais pour voir des Mingréliens. Novo-Senaki compte trois mille habitants, tous mingréliens. Je m'y trouvai un jour de marché et je pus photographier des figures typiques et intéressantes. Les femmes se mêlent peu à la foule dans ces réunions. Mais quels beaux visages d'hommes, encadres du bachlik, qu'avec un art et un goût innés, ils savent arranger ainsi qu'il sied à leurs traits. Les paysans pauvres sont

EN IMÉHÉTtHE blouse; les paysans aisés et les nobles

vêtus d'une sorte de portent la tcherkeska.

Rien n'est plus pittoresque que de voir arriver à cheval ou dans des arbas (charrettes) traînées par des buffles, les indigènes venant vendre leurs produits ou faire des emplettes.

Les maisons mingréliennes, dans la construction et la toiture

MONASTKRE DE MUHVIMKVI.

desquelles il n'entre que du bois, sont placées sur pilotis; souvent, on les édifie à plusieurs mètres au-dessus du sol toujours humide, afin que l'air circule sous le plancher.

Il esl impossible de faire des fondations, car dès que Ton creuse, l'eau apparaît. Les maisons, ne comportant qu'un seul étage, s'étendent plus en façade qu'en profondeur. Un balcon abrité par le toit règne le long de la façade. Chaque famille possède une ou deux maisons dans un assez grand enclos qui

ARBA, CHARRETTE MINGRÉLIKNNE.

XOVO-SEXAKF. — MAISON DE PAYSAN.

(Photographies du baron de Baye.)

M EN IMÉRÉTHIE

contient également des bâtiments pour abriter les bestiaux. pour conserver les récoltes.

Les princes Mkheïdzé sont les seigneurs de Tendroit Lm d'eux, le prince Pharnaoz, est maréchal de la noblesse, k

NOYO-SKNAKI. — MINGRÊLIENNE.

m'ont gracieusement offert l'hospitalité à la manière géorgiens, ce qui implique que les repas participent des concerts. Enefe ainsi que je vous l'ai déjà dit, chaque toast est suivi d'un chan: et toasts et chants se multiplient à l'infini ! Un de ces chants,^ Ton entend partout tant il est populaire, est intitulé : Soulà

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Laissez-moi vous donner la traduction littérale de ses paroles dont Akaki Tzérételli est l'auteur. Disons tout d'abord que Souliko est un terme de tendresse signifiant chère âme.

€ Souliko, j'ai cherché la tombe de ma bien-aimée, je n'ai pu t la retrouver, elle a disparu, hélas!

c Je soupirais en disant : où es-tu, ma bien-aimée?

NOVO-SÉNAKI. — UN VIEUX VINGRtlJEN.

(Photographie du baron de Baye.)

« Alors, j'aperçus une rose parmi les épines. Elle était isolée, solitaire. Je l'interrogeai en sentant mon cœur palpiter : N'est-ce pas toi, ma bien-aimée?

t En signe d'acquiescement, la rose tressaillit; s'inclinant doucement, elle laissa tomber les perles de la rosée, telles des larmes.

« Alors, le rossignol, silencieux, s'est caché dans le feuillage. « M adressant au rossignol, d'une voix douce, je lui dis : N'est-ce pas toi, ma bien-aimée?

M EN 1MÉRÉTHIE

c Le rossignol chanteur étendit ses ailes, ellleura la rose de son c bec, fit entendre une mélodie douloureuse. Il gazouillait un t oui.

c Subitement, une étoile blanche jeta sa lumière pour éclairer « ce spectacle.

t J'interrogeai l'étoile en célébrant sa beauté : N'est-ce pas toi, t ma bien-aimée?

NOVO-StNAKI. — MINGRËLIENS.

(Photographie du baron de Baye.)

« Elle m'indiqua qu'elle était d'accord avec moi en donnant c plus d'éclat à ses rayons, qu'elle dirigea vers mes yeux.

« En ce moment, le zéphir m'a doucement caressé, me chuc chotant à l'oreille : c'est celle que tu cherches; sois en paix au « sujet d'elle.

« Écoule les jours paisiblement, du matin jusqu'au soir; écoule « les nuits paisiblement, du soir à l'aurore; l'être aimé que tu « chérissais ici-bas s'est divisé en trois : en étoile, en rossignol, « en rose.

EN IMERETHIE

« Je sentis que le zéphir avait dit vrai. Je ne cherche plus la tombe de ma bien-aimée. Je ne verse plus de larmes brûlantes. Je prête l'oreille au rossignol, je respire le parfum de la rose et, en extase, je contemple l'étoile du soir! <i Tout ce que je ressens alors est inexprimable; tout ce que je pense alors, mon langage ne saurait le traduire. La vie, qui

NOVO-SÉNAKI. — MINGRKUKNS.

(Photographie du baron de Baye.)

« jusqu'alors me semblait amère, renaît pour moi, pleine de t douceur.

< Ainsi, je sais où tu te trouves, ô ma bien-aimée; tu résides « en trois séjours : rose sur la terre, rossignol dans les airs, « étoile au ciel ! »

Et maintenant, messieurs, faisons, avec le très aimable prince Niko Tavdguéridzé, une excursion en Gourie.

Au xv- siècle, la Gourie devint une principauté vassale du roi

EN IMÉRÉTHIE

d'iméréthie. En effet, Bagrat fut d'abord nommé Eristav1 par le roi de la Géorgie unifiée, mais il se révolta contre lui et, soutenu par leDadian (chef de la Mingrélie), par le Gouriel (chef de la Gourie), parles Aphkhazes et les Svanètes, il occupa l'Iméréthie. Bagrat, vainqueur du roi de Géorgie, le mit dans la nécessité de prendre

MINUKELIK.

l'RJNCKSSK DADIAN, XÉK FKINCKSSK PAGAYA.

la fuite2 et vint à Koulaïs où le Dadian, le Gouriel, les Aphkhazes et les Svanètes se réunirent à lui et le sacrèrent roi, de l'agrément de tous les Imers, c'est-à-dire de tous les habitants de la Géorgie

1. Eristav veut dire chef du peuple. (îe titre de fonctions est devenu un nom de famille. Il en est de même d'Àmilakhvari qui signifie connétable et de Dadian qui veut dire Prince de Mingrélie. Ces deux noms sont maintenant portés par des familles géorgiennes.

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