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Elle a un peu la forme d'une grande écaille de tortue

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Quoique professant la religion orthodoxe, ils ont conservé beaucoup de coutumes païennes; les croyances et pratiques superstitieuses sont très nombreuses chez les Gouriens comme chez leurs voisins les Mingréliens, les Lazes et les Iméréthiens.

Ils croienl au chat, au coq noir et à l'hirondelle. Pour avoir tué un chai, on s'oblige au-delà de la tombe à construire neuf églises.

GOIHIKN D'OZOIRCIKTH COIFFÉ DU BACHLIK. (Photographie du baron de Baye.)

Le sang du coq noir est un remède efficace, et l'hirondelle est considérée comme la poule divine, le seul aliment dont Dieu se nourrit.

Parmi les végétaux c'est le chêne qui est adoré.

Chaque individu naît sous une étoile qui lui impose son caractère. On attribue aux sorcières la faculté de revêtir la forme du chat. Le serpent est sacré. Le chef de la famille dépose secrètement à son intention, chaque matin, une tasse de lait, car il croit que r'esl lui qui garde et accroît sa fortune.

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Le temps nous manque pour citer d'autres superstitions analogues.

Comme tous les bazars au Caucase, celui d'Ozourgueth est intéressant à visiter.

On y vend des poteries de toutes les dimensions, mais affectant des formes plus ou moins inspirées de l'antiquité grecque; des

COURIKN D'OZOUKGl ETH.

(Photographie du baron de Baye.)

châles et des écharpes en soie floche, des objets en cuir , des récipients en bois qui rappellent les bouraks de la Russie du nord, des chapeaux de paille; et j'ai remarqué que c'est le seul endroit du Caucase où j'aie vu des indigènes coiffés de la sorte. Nous allons faire passer sous vos yeux quelques types photographiés dans ce quartier d'Ozourgueth.

Une excursion aux environs de la ville nous a conduit chez des paysans. C'était à l'heure du repas de midi, et ils étaient attablés devant leur demeure enguirlandée de fruits de maïs, dont le jaune

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d'or ressortait sur les tons rougeâtres que le temps donne aux vieilles maisons en bois. A en juger par ce que nous avions sous les yeux, le paysan gourien se nourrit bien.

H mange souvent de la volaille, poule ou dindon, et toujours du pain de maïs tout chaud (mtchadi), du fromage et des haricots cuits avec des œufs. Le haricot, là-bas, joue un grand rôle dans

COURIKXS.

(Photographie du baron de Baye.)

l'alimentation; il remplace notre pomme de terre que le paysan ne voudrait pas manger. La famille rurale que nous avons saisie à l'improviste nous a immédiatement offert de manger quelque chose avec elle, et cette invitation était faite de si bon cœur que nous nous sommes empressé d'y accéder.

C'était au temps de la vendange; etdanslaGourie, on peut dire qu'elle se pratique de façon quasi-aérienne. En effet, les vignes plantées au pied des arbres qui sont élevés et branchus, s'abandonnent à leurs caprices, grimpent avec hardiesse et s'étendent dans les

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frondaisons. C'est donc en haut des arbres, qu'il faut aller cueillir les pampres.

Pour se livrer à cette besogne, on s.e hisse aux arbres avec des paniers cylindriques que Ton fixe aux branches avec un gros crochet de bois.

Plus les grappes sont nombreuses là-haut, plus le pied de la

ENVIRONS D'OZOUHUI KTH. — PAYSANS GOLRlfcNS PRENANT LISUR REPAS. (Phntoprnphie du baron de Baye.)

vigne est gros et vieux. Rien de plus pittoresque que les gigantesques torsades de ces ceps autour des troncs séculaires, et que la manière dont la vigne court d'un arbre à l'autre, formant d'innombrables et gracieuses guirlandes dont les grappes sont les pendants.

La vigne, là-bas, est la reine de lous les végétaux; et pour le vin, l'homme professe un véritable culte.

Ce vin est conservé dans d'immenses poterie*s enterrées dans le

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sol de l'endos, devant la maison, sous des arbresdont les rameaux épais forment un berceau de verdure.

L'endroit où repose le vin plait par ses ombrages ; les repas en plein air y réunissent la famille; dans l'amphore privée de son couvercle, chacun puise à son gré sans quitter sa place. Lors de mon passage, les grappes pendaient encore, sous le dôme d'un ciel bleu, dans l'écrin empourpré de leurs feuilles d'automne.

VENDANGEUR GOURIKN. PRÈS 07.0 UR GUET II. (IMioiit^mpliip du baron de Bayo.)

Le Caucase est, dit-on, la patrie de la vigne et du vin. Une légende chantée par les mestvirés géorgiens raconte comment le vin fut obtenu pour la première fois *.

« Noé planta la vigne, mais il ne put faire le vin. Alors, le « diable apparut devant Noé affligé: Noé, dit-il, je ne puis pas « louer ton vin; lu ne sauras jamais tirer parti de la vigne. Àsso-

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