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DAGHESTAN, PAYSANNES TISSANT UN TAPIS

tographier. La taille des femmes ne se d^ine pas sous leurs amples ajustements. Quant aux hommes, leur taille est d'une finesse et d'une souplesse extraordinaires, à faire rêver de jalousie les plus coquettes Parisiennes.

D'autres aouls koumyks ont été visités, par. exemple, celui de

Karaboudakh-Kent d'où Ton exporte une quantité d'ail et d'oignon. Cet habitat est encerclé d'une enceinte de jardins remplis de beaux arbres fruitiers, toujours comme une oasis au milieu d'une plaine désolée. J'y suis parvenu au coucher du soleil. Après avoir traversé d'immenses cimetières remplis de longues pierres dressées, qui ressemblent à une forêt dévastée où les troncs dénudés ont seuls survécu, j'arrive au pied de la colline contre laquelle les maisons

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ÀGLAR KUAN, KOUMYK DE 21 ANS.

(Photographie du baron do Baye.)

sont superposées. Gravissons ses pentes pour arriver à son sommet, couronné par la mosquée et l'habitation du naïb. Du toit en terrasse de cette demeure, l'œil embrasse tout l'aoul. La lune se montrait resplendissante, et la vie, suspendue durant les heures brûlantes du jour, renaissait pour un instant. Dans les cours, les femmes traient les buffles, par-ci par-là, quelques sons d'instruments de musique troublent le silence, les poules perchent sur les branches tortueuses des mûriers, les femmes, en longues proces-

ions, descendent au torrent pour puiser l'eau dans des cruches méalliques au long col, dont la partie renflée, argentée, jette des ici airs sous les reflets de la lune. Tout à coup, du minaret, une roix sonore appelle à la prière.

Dans ces pays, les toitures plates et étagées, disparaissent en auomne sous le maïs égrainé, les grappes pendues en guirlandes encadrent portes et fenêtres. A vos pieds, les murs blancs, reliant es terrasses jaunies, descendent capricieusement de la montagne jusqu'aux sombres profondeurs des jardins comme une cascade ruisselante d'or.

J'ai pu réunir à Karaboudakh-Kent des collections ethnographiques. J'aperçus au cou d'une femme, qui se dissimulait selon la coutume, quelques grains de collier d'aspect bizarre; je fis part au naïb de mon désir de voir de près des colliers, et même d'en acquérir. Bien vite les noukères, autrement dit les cavaliers chargés de la police, apportèrent une quantité de ces parures composées de perles ordinaires en verre, de fabrication récente, mélangées de grains en onyx, agate, cristal, sardolique, ambre, calcédoine, jaspe. Quelques spécimens présentent une face aplanie gravée en in taille. En outre, on y trouve de petits lions couchés, des scarabées en pâte identiques à ceux exhumés des anciens tombeaux de Kertch. Or ces pierres taillées et percées proviennent, elles aussi, de tombeaux violés par les habitants de Karaboudakh-Kent, dans le but de découvrir de quoi satisfaire la coquetterie de leurs femmes.

Passons de chez les Koumyks, où je ne puis vous retenir indéfiniment, à l'aoul Goubden habité par des Darguiens. Leur parler appartient au groupe des langues caucasiennes; leurs caractères ethnographiques, à celui dont les diverses tribus sont englobées sous le nom générique de Lesghiens. Goubden est adossé en amphitéâtre à une montagne rocheuse ; il formait la frontière du territoire soumis à Chamkhal. Les maisons darguiennes, à deux étages, sont en pierre au lieu d'être en torchis et basses comme celles des Koumyks. L'intérieur diffère aussi des demeures de ceux-ci. Les balcons sont élevés, les ouvertures encadrées d'ornements en relief et peints. Le rez-de-chaussée sert d'écurie et les premières marches du perron donnent dans cette partie basse. L'aoul est entouré de murailles crénelées, en ruine, elles suivent les contours capricieux des rochers pour descendre des hauteurs jusqu'à la plaine. Dans la partie élevée, une porte triangulaire est formée par deux rochers

DAGHESTAN, AOL L GOUBDEN .

(Photographie de M. Solovieff.)

séparés à leur base et réunis à leur sommet, où Ton voit encore les restes d'une tour.

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