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La Tille de Grozny compte 13,986 habitants

5t AU NORD DE LA CHAINE DD CAUCASE

sion chez les Tchétchènes4. On en compte 206,000 dans le district de Grozny. L'aoul que* j'ai visité, à 35 verstes de Grozny, se nommé « stare Atagli i ; il est situé sur la rivière Argoun et est peuplé de 5,800 habitants. On y arrive en passant entre deux montagnes qui défendent l'entrée de la plaine. Cet endroit est connu sous le nom de porte de Chamyl à cause de la longue lutte livrée aux Russes pour leur barrer l'entrée du Daghestan.

Les Tchétchènes, jadis chrétiens, ne seraient mahométans que depuis cent cinquante ans. Ils ont la réputation de fournir aux prisons un nombreux contingent. On leur laisse, jn'a-Uon dit, le moins possible porter les armes; néanmoins tous ceux que j'ai vus, même les jeunes garçons, sont armés jusqu'aux dents. Ils ont une langue à eux, mais aucune tradition quant à leur origine. Les maisons sont généralement propres ; si l'habitant en a les moyens, il blanchit sa demeure tous les mois. Chaque chaumière se compose de trois ou de quatre chambres, dont une est réservée aux hôtes, qui sont logés sous le même toit. Comme dans les aouls précédemment visités, la population se réunit a mon arrivée, ce qui me permit de photographier un groupe d'hommes me paraissant les plus typiques. On a dansé l'inévitable lesghinka aux sons d'un tambour, en tchétchène, < botou >, et d'une flûte, « zourno ».

Les femmes mariées n'habitent pas séparément comme chez les autres populations susmentionnées, mais, comme elles, leurs cheveux sont teints en rouge.

L'élément féminin, si rebelle chez les autres peuplades à se laisser photographier, s'est très volontiers laissé faire. Pendant le repas, dont le menu serait trop long à vous décrire, un chanteur, s'accompagnant sur un instrument à cordes, célébrait les combats des Tchétchènes. Les accents guerriers de cette musique étaient exprimés aussi tragiquement que bruyamment. Tout à coup, la voix du chanteur, de tonitruante devint douce, presque sua\e, et les accords de l'instrument, mélodieux. Frappé de cette opposition, je voulus savoir les paroles chantées avec tant de tendresse et d'émotion. Les voici, traduites du tchétchène en russe, et du russe en français : c'est un dialogue entre une femme et un homme :

« As-tu vu, mon bien-aimé, as-lu vu le roseau? As-tu vu ma taille?

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