DEUXIÈME PARTIE
si le cadre est connu à peu près, les figures ne font que se dessiner et les lignes sont souvent interrompues. Les dynasties même ont été plus d’une fois remaniées, grâce aux découvertes nouvelles, et des Pharaons oubliés par l’histoire sont appelés à reprendre la place qu’ils occupaient. Mais beaucoup de ces noms n’évoquent encore aucune pensée ; on ne saurait leur rattacher aucun fait, et jusqu’à la douzième dynastie ce n’est que de loin en loin qu’un trait de lumière vient éclairer un de ces princes. Ainsi nous voyons ce peuple, sorti évidemment non de l’Ethiopie, dont la civilisation est bien postérieure , mais de l’Asie, ce berceau du genre humain, gouverné d’abord par les prêtres, et recevant ensuite pour premier roi Ména, le fondateur de Memphis. Les dates ne peuvent être qu’approximatives. Sans nous y arrêter, nous devons passer sous silence les trois premières dynasties, pendant lesquelles la civilisation se développa. En effet, l’époque des Pyramides, œuvres de Choufou et de Chafra, de la quatrième dynastie, nous révèle, parles tombeaux et par de récentes découvertes, un art remarquable à plusieurs points de vue et une connaissance étendue des nécèssitcset même des superfluités de la vie.
Sept suites de rois presque inconnus, quelquefois rivaux, nous conduisent jusqu’à la douzième dynastie, où quelques certitudes viennent de nouveau nous guider. C’est Aménemha Ier réunissant sur sa tête les deux couronnes de la Haute et de la Basse-Egypte; c’est Ousertasen Ier élevant l’obélisque d’Héliopolis, et sous le règne duquel sont creusés les tombeaux de Béni- Hassan, dont les peintures nous initieront à la vie usuelle des Egyptiens et à leurs rapports avec les étrangers; c’est Aménemha III creusant le lac Mœris pour régulariser le cours du Nil et construisant le Labyrinthe.
Les trois dynasties suivantes présentent encore une lacune. Sous la quinzième a lieu l’invasion des Pasteurs qui s’emparent de toute la Basse-Egypte et contraignent les souverains légitimes à se réfugier plus haut dans la vallée du Nil. Les Hycksos adoptent alors les usages et la civilisation des vaincus : Avaris (Tanis, maintenant Sane) devient leur capitale, et Joseph, ministre du pharaon Apepli ou Apophis, appelle les Israélites en Egypte.
L’invasion des Pasteurs marque une période nouvelle dans l’histoire de l’Égypte : elle dut entraver le développement et faire reculer la marche ascendante de la civilisation. Lorsque le peuple eut reconquis son indépendance et, avec elle, le loisir de se livrer de nouveau à la culture intellectuelle et artistique, au lieu de choisir pour point de départ les progrès antérieurs, de les compléter par de nouveaux perfectionnements, on retourna aux traditions du passé et l’on n’aboutit qu’à une renaissance. Arnosis, dix-huitième dynastie, expulsa les envahisseurs. Avec lui reviennent les époques glorieuses. Les conquêtes de Thoutmès Ier, de Thoutmès I!I et d’Aménophis II étendent la domination égyptienne sur tous les pays environnants, tandis que Thèbes s’enrichit des monuments dont les déhris excitent encore l’admiration. Les noms de ces monarques se retrouvent sur les temples et les obélisques, comme celui du quatrième Thoutmès sur le Sphinx au pied des Pyramides. Aménophis III (Memnon), au double point de vue des conquêtes à l’extérieur et des constructions monumentales à Thèbes, est un des Pharaons les plus justement célèbres.
Aménophis IV rompt tout à coup brusquement ave'c les habitudes de ses prédécesseurs. C’est une étrange ligure que celle de ce réformateur trop hardi, s’efforçant de ramener la religion égyptienne à son type pri-