DEUXIEME PARTIE
mitif, d’abolir tous les cultes secondaires afin de ne laisser subsister que celui d’un Dieu unique; fondant une ville nouvelle, centre de sa doctrine novatrice, et destiné après sa mort à être flétri par les prêtres dont il avait renversé les autels. La cité naissante fut détruite ; le nom du monarque martelé sur tous les cartouches se distingue à peine sous les hiéroglyphes étrangers dont ses successeurs l’ont recouvert.
11 ne fallutpas moins de troisrègnes pour faire oublier à l’Egypte les conséquences de cette tentative avortée. Le calme intérieur 11e se rétablit que sous la dix-neuvième dynastie. Le conquérant Séthos est le créateur de ce que l’architecture égyptienne a conçu de plus grandiose en temple et en tombeau. Son fils Rliamsès II (Sésostris) est du petit nombre de monarques auxquels tous les temps ont donné le surnom de grand.
Le règne de Sésostris, qui n’est plus l’apogée de l’art, égyptien, est celui de la puissance royale : après lui vient l’affaiblissement. L’Egypte a tenu assez longtemps la première place : elle doit la céder à d’autres peuples dont l’histoire commence. C’est sous son successeur, Ménephtès Ier, que la sortie des Israélites cause dans le pays une perturbation profonde qui 11e se calme qu’un demi-siècle plus tard, sous la vingtième dynastie. Alors RI ïamsès III suit les glorieuses traces de son aïeul Sésostris, soumet comme lui les peuples, élève comme lui de splendides sanctuaires à la Divinité : les noms des dix Rliamsès qui lui succèdent ne nous sont en partie transmis que par leurs sépultures.
L’époque des grandes œuvres est terminée : l’Égypte, vers i 100 avant Jésus-Christ, court à une décadence complète. Sous la vingt et unième dynastie, le sacerdoce, usurpant le pouvoir, provoque une scission dès longtemps préparée; il réunit les deux couronnes sous la vingt-
deuxième et cette résurrection momentanée permet à Sheshonk de s’emparer de Jérusalem ; sous la vingttroisième, c’est la révolte de l’Éthiopie, se constituant en province indépendante et se donnant des rois séparés qui, pendant la vingt-quatrième dynastie, s’emparent du trône même des Pharaons. La vingt-sixième enfin ne secoue ce joug déshonorant que pour tomber sous celui des Perses, et Cambvse, d’abord favorable à la religion égyptienne,
, s’efforce, par un brusque revirement d’idées, d’annihiler les glorieux souvenirs de ses prédécesseurs. Les derniers rois indigènes qui, sous Darius II, tentent de reconstituer l’antique monarchie des Pharaons, n’ont plus le moyen de réparer les dévastations des Perses. Nectanèbe II doit céder de nouveau devant leur puissance, et c’est aux successeurs d’Alexandre, à la dynastie des Ptolémées, qu’est réservée la tâche de remplacer par des temples nouveaux les sanctuaires détruits, de rendre aux divinités leur culte négligé, de se parer des attributs des Pharaons, de refaire, en un mot, une Égypte nouvelle, reflet de l’Égypte ancienne, et qui se prolongera jusque sous la domination romaine.
Telles sont, rapidement résumées, les périodes successives que les derniers travaux de la science permettent de comprendre, et les monuments qui restent encore enlèvent pour le voyageur l’aridité qu’entraînerait cette simple énumération de noms à peine arrachés à l’oubli
Les heures brûlantes de la journée s’écoulent dans ces réflexions et ces recherches, et lorsque le soir arrive, nous remontons sur la terrasse pour assister au coucher du soleil, qui devient de plus en plus magique à mesure que nous avançons. Pendant le trajet des deux premiers jours, quelques collines s’élèvent sur la rive orientale; l’autre n’offre aux yeux qu’une plaine constamment