En pays flamand
Vagabondant par les coins les plus pittoresques du Pays-Flamand, croquant de ci, notant de là, au hasard du caprice et sans prétention aucune, nous avons fait ce petit livre.
D'autres, avant nous, avec l'autorité d’une grande science et l’appui de recherches documentaires précieuses, ont évoqué, en tous ses détails, l’histoire grandiose de notre chère Flandre, décrivant superbement ses richesses et ses beautés.
Loin de nous l’idée de marcher sur les brisées de nos aînés, encore moins celle de compléter leurs œuvres.
Nous avons voulu simplement, à l’aide de quelques images fidèlement prises, de quelques notes aussi concises que possible, « repérer » les
excursions à faire en notre beau pays, trop souvent méconnu, donner au Lecteur l'envie d’excursionner en Pays-Flamand, lui laissant le plaisir de découvrir beaucoup autour des jalons que nous lui avons plantés.
Puissent alors, parfois, nos modestes pages, feuilletées au coin du feu, lui rappeler une Journée lumineuse et gaie, ou de pluvieuse mélancolie, une promenade au pimpant soleil d'avril ou quelque excursion par les claires et fraîches après-midi automnales, rendre plus vivaces, en ses souvenirs assoupis, les charmes troublants de la terre natale.
vu des prames
de Tron chien nes
Une merveille iconographique lentement s'agrandit, s’enrichissant tous les jours de raretés nouvelles : c’est, à la Bibliothèque de l'Université, l'Atlas de Gand.
Un fort aimable bibliothécaire, savant de haute érudition, avidement, depuis des années, recherche, découvre, dépouille, classe : documents, gravures, dessins, plans, ayant trait à la vieille cité flamande.
Plus de neuf mille pièces sont réunies déjà; la plupart des monuments, nombre de maisons mêmes, ont là un petit dossier, aussi complet que précieux, nous en montrant, à travers les âges, les innombrables changements.
Cette histoire en images est pleine de surprises
Ce
attachantes, de découvertes d’intensif intérêt pour le curieux des choses anciennes, pour le vrai Gantois, surtout, attaché de cœur à sa ville natale. Et l’artiste et le philosophe y trouvent ample matière à méditer sur les origines parfois si bizarres des choses vénérables qui nous entourent!
Tenter une description détaillée de Gand, après les études si remarquables déjà faites de l’antique capitale de la Flandre, dépasserait le cadre de ce modeste volume.
Il nous faudrait remonter à plusieurs siècles, rappeler les périodes de fastes glorieux et les luttes intestines de la cité, évoquer cette époque des Artevelde qui nous la montre brillant d’une fulgurance extrême, de toute la puissance de sa richesse industrielle et artistique, de tout cet esprit soldatesque aussi, qui la faisait belliqueuse comme pas une, parmi les communes si guerrières pourtant du moyen-âge.
Nous rappellerions la ville changeant insensiblement, s'étendant, se transformant ; en somme presque toujours prospère et grande, malgré des coups qui semblaient devoir l’accabler à jamais.
Les nécessités de la modernisation, le bouleversement récent de quartiers entiers, tombés sous la pioche du démolisseur, ouvrant de larges percées, distribuant partout l’air et la lumière à foison, ont fait disparaître bien des souvenirs, bien des murs branlants, qui semblaient comme des pages de l’histoire de Gand.
Les misérables ruelles tortueuses et sombres, —
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Près du Marché aux Poissons.
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mais combien caractéristiques !
qui virent les luttes de nos pères, ont été nivelées. Et de ces démolitions, seuls, émergent les vieux monuments, grandis encore par leur isolement. Superbes et troublants, géants impérissables, ils dressent au milieu des constructions modernes, monotones en leur banalité, leurs silhouettes noircies, se profilant sur l’azur du crel.
Les dominant tous, de toute leur hauteur, les deux plus fiers:
l'énorme Beffroi et la cathédrale de Saint-Bavon.
C'est dans celle-ci un entassement inoui de richesses éblouissant le visiteur. Les peintures des Van Eyck et de Rubens; les cuivres, les statues, les somptueux tombeaux, la chaire de vérité de Laurent Delvaux(1745), cent autres merveilles encore, s'abritent sous les arceaux immenses. La crypte aussi, qui sert à présent de débarras, et dans
laquelle on inhumait jadis les