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SOS

A Okegem nous entrons en plein pays du houblon.

Immenses, à perte de vue, s'étendent les files innom-

brables des perches enfestonnées de grappelettes,

frémissantes au moindre souffle. Et c’est ainsi, par Denderleeuw et Erembodegem, jusqu’à Alost même.

Bien des coins d’Alost nous charmeront par leur pittoresque et leur cachet : de belles rues, des places ombragées, des maisons cossues du siècle dernier. Mais c’est l’Hôtel de Ville, surtout, délicieusement restauré, qui nous retiendra longtemps, admiratifs devant ses tourelles, sa bretèque fleurie et ses rudes façades latérales.

Un autre monument, l'église Saint-Martin, dont la masse imposante domine la ville, abrite des œuvres d’art d'inestimable valeur : un Otto Venius, un De Crayer, et le fameux Sasnt-Roch de Rubens, une merveille picturale de superbe composition et de couleur rare.

Des fabriques importantes et de nombreuses blanchisseries, disséminées autour de la ville, donnent à Alost un mouvement industriel considérable.

Au-dessus d’Alost, la Dendre fait, vers le nord, un brusque crochet et baigne d’importants villages — Gyseghem et Audeghem — avant d’aller à Termonde, se perdre dans l’Escaut.

Elle traverse un bout de pays particulièrement peuplé, très vivant, à la fois agricole et presque maritime, car le batelage sur la Dendre canalisée est des plus actifs, et les barques nombreuses sillonnent incessamment ses eaux claires.

PEATEAU CENTRAL DE LA’ FEANDRE.

e qui nous reste à visiter TE c’est le vaste plateau A ucr central de la Flandre :

des paysages pittoresques, de charmantes petites villes, une adorable rivière, la Zwalm.

Quittant à Melle la ligne de Bruxelles, nous prendrons celle qui se dirige par Sottegem et 2 # Grammont.

is A partir de Landscauter, déjà, le sol prend un aspect tout différent de ceux que nous avons décrits jusqu'ici : les collines se dessinent franchement, les chemins creux abondent et

à Moortzeele nous côtoyons de vastes parties boisées.

Scheldewindeke et Baalegem nous montreront plus loin les points de vue de leurs pentes s’accentuant. On domine un pays déjà élargi et Munte, dont le clocher se dresse sur une colline éloignée, nous jalonne la direction d’une ligne de montagnes basses, s’élevant insensiblement vers Renaix, pour s’y terminer à pic par les monts de l’Enclus.

C'est à cette chaîne que se rattache celle qui va nous

conduire par Baalegem, vers Sottegem et ses environs.

A Baalegem, nous rencontrerons sur une pente assez ardue, et tout proche, un moulin dominant le pays, les anciennes carrières, d’où les artistes de la Renaissance tiraient ces belles pierres blanches, résistantes et dures, qu’ils fouillaient de leur artistique

ciseau, les transformant en ces fleurons capricieux, en ces arrêtes délicates, brodant la façade de nos Hôtels de Ville.

Les petites fermes ont ici un air délabré, misérable, mais, dans le soleil, combien pictural! C'est dire que nos peintres battent en tous sens ce coin de pittoresque si vrai. Un paysagiste exquis et vraiment poète, Gustave Den Duyts, s’est inspiré à Baalegem de ses nombreux Soirs en l'landre, parfois si poignants en leur mélancolie.

Que d'artistes se souviennent des bonnes villégiatures faites à Hauthem, des enchantements que réserve ce vieux village, son moulin aux roues vermoulues, sa ferme sur le ruisseau, son antique église, sa place immense, où les oies coïncoïnnent dans les herbes

folles, et l’espèce de pilori carré, autour duquel, le dimanche, s'assemblent les paysans.

A Burst, à Borsbeke, à Oombergen, villages proches de Hauthem, dans des sites bien flamands, nous verrons force fermes de toutes parts dissiminées. L’églisette gothique de Borsbeke est le but d’un pélérinage connu. |

Le parc de Leeuwergem que nous pourrons voir

plus loin, nous retiendra longtemps par ses magnifiques « couverts » et l’emmêlement grandiose de ses hêtres séculaires ; de la tourelle blanche qui l’avoisine

on domine la campagne jusque Sottegem.

Le nom de cette petite ville évoque le souvenir de la lamentable histoire du Comte d'Egmont, dont une fort médiocre statue se dresse sur la place et dont on visite le tombeau livré à l’indifférence des curieux.

Dans les vastes jardins d’une maison bourgeoise,nous

die trouvons encore les vestiges des fossés qui entouraient le château seigneurial; quant aux bâtiments, remaniés et modernisés, ils ne laissent deviner leur ancien style que par une bretèque visible de la rue. Une heure nous suffira pour tout voir en Sottegem.... Les disciples de Saint-Crépin y sont légion! Leurs produits s’exportent au loin, jouissant d’une solide réputation.

Rayonnant d'ici nous pourrons faire d’attrayantes promenades, aller par Rooborst pour atteindre enfin cette Zwalm de si douce poésie en son argentine clarté, ou bien encore, sur les collines toutes proches, visiter Erwetegem et Godverdeghem.

Tout près de Sottegem, Roosebeke s’enfouit dans de hauts arbres, parmi les moulins à eau de ses côteaux boisés.

Des hauteurs voisines de Sottegem, on découvre les

clochers d’Audenhove-Saint-Géry, Roosebeke, Boucle- Saint-Blaise, et aux sommets de collines assez loin-

taines, ceux des deux Hoorebeke. Charmant pays que celui où tous ces villages se groupent très pittoresqueiment dans les fonds et sur les pentes boisées et ravinées des côteaux ! Des ruisseaux tels que le Hoor,

D à aux bords desquels on fait de ravissantes promenades, sillonnent les vallons qui les séparent!

Un chemin de fer nouvellement tracé nous conduira jusqu’à Renaix en longeant Michelbeke, où nous remarquerons une poterne de château de pur style renais-

sance ; Nederbrakel, dont l'église à tour carrée se sur-

monte si drôlichonnement d’une vaste calotte à pointe; Opbrakel et ses horizons s'étendant jusqu'aux bois de Flobecq, parsemés de vieillottes masures en torchis.

Bientôt nous roulerons sur des remblais, élevés au travers des bois mêmes, coupant sans façon les massifs de hêtres étagés aux flancs de profondes ravines et nous dévalerons vers Renaix, suivant une grande

L'église de Saint-Hermès à Renaix.

re courbe, entre les étendues bleues descendant vers le Hainaut, et la croupe noire, sauvage et pelée du Mont de Musique, vers Louise-Marie.

En approchant de Renaïx on jouit du coup d'œil général de la ville; toute entourée de collines, elle se tapit dans le bas-fond, tandis qu’au loin se déroule l’inoubliable panorama de la vallée de l’Escaut, vers Tournai.

Nous aurons à visiter à Renaix, vivace et accorte petite cité, quelques places ne manquant pas d’imprévu, certains coins typiques, puis l’église de Saint- Hermès qui a du style et de la grandeur et dont les cryptes romanes sont fort remarquables.

Après avoir parcouru la ville, il s’agit de gagner les collines environnantes, d’un pittoresque charmant, parmi les sapinières et les sentiers sablonneux. On y arrive par une fort belle route, assez raide, partant de l'extrémité de Renaix, vers Audenarde, par Nukerke. Dominant de droite et de gauche deux vallées profondes et très peuplées, la vue s'y étend au loin, large et découverte.

Bientôt on passe à Quaremont et à Sulsique, puis arrivé au point le plus haut du pays, à l’extrémité du Mont de l’Enclus, on s'arrête pour contempler à ses pieds, bois, champs et prés, s’alternant en de compliquées mosaïques, paraissant, d'en haut, nettement coupées.

Après, nous trouverons les villages de Russignies et d'Amougies, et vaguement, à l'arrière-plan, s’estompe Wattripont, qui nous mènerait en pleine Wallonnie.

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