‹ En pays flamandChapitre 3 sur 13 · TD · texte numérisé non relu

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sillonnent en capricieuses arabesques, l'Escaut côtoye et enlace, tour à tour: Eyne, qui se rattache à l’histoire par celle de ses seigneurs qui étaient « Beers de

fglise de Pamele

Flandre »; Synghem, dont la haute antiquité remonte à Lothaire; Gavre, juché sur une colline, largement étalée et sur la pente de laquelle s’étage le parc d’un château, dominant la vallée.

En longeant celle-ci nous ne tardons pas à déboucher à Dickelvenne, endroit béni des touristes!

Les vieux arbres bruissant sur la côte ravinée, les sentiers perdus dans lesquels fuient les sources, les cabanes délabrées aux toits de chaume déjetés, en font un délicieux fragment de nature sauvage et fruste.

Les origines de Dickelvenne remontent à la plus respectable antiquité : un acte en fait mention vers 870. On prétend que ses eaux ferrugineuses et ses sites pittoresques étaient connus au temps de César.

Au dessus de Gavre, l’Escaut est un instant arrêté dans sa course par les écluses de Semerzaeke. De nombreuses coupures récentes ont aussi rectifié et raccourci son parcours.

Nous profiterons de la station d’Eecke, desservant le bourg de Nazareth, pour continuer notre route en chemin de fer. Un crochet du railway se dirige vers La Pinte où quelques castels, domaines fastueux des grandes familles gantoises, font une diversion heureuse à cette suite de paysages un peu monotones.

Aux approches de Gand, le cri du garde : — « Saint- Denis! » — rappellera à tout amateur de sport équestre le champ de courses fameux, plaine immense, toute nue et sablonneuse, sur laquelle, tous les ans, deux ou trois « journées » attirent la foule des sportmen et des parieurs de plus en plus nombreux.

Citons aussi, là-bas, au bord de l’Escaut, Meirelbeke, dont les briquetteries mettent dans l’air comme des taches de feu; un pont, récemment inauguré, le relie à la rive que nous suivons.

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Plus près de Gand encore : Ledeberg, un faubourg à proportions de ville, dont l’importance a pris, en ces années dernières, un essor peu commun.

Nous y descendrons, à la halte, traverserons l’Escaut au passage d’eau aboutissant à un chantier de construction de barquettes, et gagnerons la ville par le chemin de halage passant sous le pont du Strop.

L'entrée de Gand, dont on voit se dérouler en panorama les « châteaux d’eau », les dômes de la nouvelle Université, les tours d’églises et les innombrables cheminées d’usines, a, de ce côté, un caractère grandiose.

Voici une vieille échauguette des anciens bastions, rasés pour faire place aux boulevards et au Parc superbe qui verdoye là-haut.

Sur la pente escarpée, faisant face au quai des Moines, à la place où d’étranges ruelles en escaliers dégringolent aux côtés de jardins étageant leurs terrasses, s’étendaient aux siècles passés les vignobles, les futaies et les cloîtres d’une abbaye fameuse. Seule une église — Saint-Pierre —- dressée sur la côte, nous rappelle la puissance monacale de jadis.

La colline du Mont-Blandin s’abaisse insensiblement, pour mourir au centre de la ville; un très ancien canal, creusé au XII° siècle, en limite la fin; reliant les eaux de l’Escaut et de la Lys, il servit d’abord de fossé d’enceinte.

Le fleuve, retenu par un barrage avant de couler sous une voûte, l’ancien « Reep » se jette dans le Bas-

Escaut à la Pêcherie. Presqu’entièrement canalisé à sa traverse de Gand il prend au sortir de la ville une allure toute autre. En franchissant les éciuses de l’Heirnisse — à la Porte de Bruxelles — il subit déjà, fortement, l'influence des marées. Vers Termonde et Anvers il continue à se déployer largement.

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