‹ En pays flamandChapitre 5 sur 13 · CHEMIN DE FER VICINAL VERS SOMERGEM · texte numérisé non relu

CHEMIN DE FER VICINAL VERS SOMERGEM

A l'extrémité ouest de Gand, vers la jonction des canaux de Bruges et de Terneuzen, devant les vieilles tours de défense du Rabot, s'élève un quartier nouveau.

Le tram à vapeur y prend son point de départ, longe les berges escarpées du Canal de Bruges et nous conduit au pont de Mariakerke, laissant à droite Wondelgem, une promenade connue des pédestrians gantois.

Se détachant en clair sur le vert sombre des gros arbres et les tapis émeraudes des pelouses, quelques châteaux profilent leurs lignes élégantes,

Nous ne tardons pas à percevoir Lovendegem : une tourelle blanche, de proprettes maisons, des rues solitaires, un château féodal, assez malencontreusement modernisé, tout enrayonné d’avenues de vieux hêtres.

On y a malheureusement abattu sans merci un bois fort étendu, aux feuillées touffues, aux beaux troncs luisants, aux sentiers moussus.

Nous franchissons le Canal de Schipdonck pour entrer à Somergem par la rue principale.

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Une église ancienne, une Maison Communale décorée par des artistes du crû, nous y retiendront quelque temps et — avant de reprendre le tram qui nous ramenera à Gand — nous essayerons (en vain) de déchiffrer l'inscription du buste de bronze érigé au centre de la placette.

71 E FR RE RE = k NA FRS RETS Pers. | à Arèenbov ds” ie Nr nee F — = | ai ss Less nn 0) CHEMIN DE FER D'EECLOO. — VICINAL

D'ARDEMBOURG — L'ÉCLUSE-BRESKENS.

Prenons, à la Porte d'Anvers, au nord de la ville, le train pour Eecloo.

Nous passerons, sans nous arrêter, à Sleydinge et Waarschot (à citer seulement pour les tissages importants que des maisons gantoises y ont installés) et pousserons directement jusqu'à Eecloo, sans devoir espérer, là non plus, rien de bien remarquable. Quelques rues et places de vastes proportions, d’une attristante banalité, moitié ville, moitié village, tel est Eecloo. A signaler une église moderne, de construction correcte.

Le chemin de fer vicinal qui met la Belgique en communication rapide avec la Flandre zélandaise, nous fera traverser le village de Maldegem par de sinueuses ruelles, pour nous mener à deux canaux, dont la jonction se fait près des ponts.

A Eede, l’arrêt suivant, nous serons en Hollande, et filerons droit sur Ardembourg, aimable petite ville ayant déjà tout le cachet néerlandais : des maisons reluisantes, des trottoirs qu'une grille ou une chaîne délimite devant chaque habitation, des « jalousies » bleues à toutes les fenêtres et — comme compensation, sans doute — à toutes les fenêtres aussi, un assortiment d’« espions, » petits miroirs diversement inclinés, permettant, de l’intérieur, d’inspecter le moindre des recoins environnants.

Une église ancienne, aux baroques clochetons, appellera notre attention : c’est la première de culte protestant que nous rencontrons en nos promenades. Austère et froide en sa nudité, la grande nef, entièrement vide, est cloturée, au fond, par des cloisons et des draperies, la séparant de l’ancien chœur. C'est dans celui-ci, garni de stalles et de bancs, que se font les offices.

Autour du temple de grands arbres touffus jettent leur ombre sur les pelouses de l’ancien cimetière.

On voit de là une partie du panorama de la ville; les champs et les cultures envahissant jusqu'aux rem-

Te parts, ont insensiblement remplacé des quartiers ruinés ou démolis.

En entrant à Ardembourg, on rencontre quelques gracieuses maisons de campagne de riches rentiers hollandais ; à voir aussi la place avec son Hôtel de Ville, si prétentieux en sa drôlerie.

Reprenant le vicinal, qui passe sous une originale petite porte du XVIIe siècle, nous nous trouverons bientôt en rase campagne, filant à toute vapeur sur des routes invariablement encaissées de digues fleuries et ombragées de files interminables d'arbres symétriquement alignés.

Elles vont ainsi, ces digues, dans toutesles directions délimitant les polders, que lentement, pendant des siècles, les habitants ont patiemment conquis jusqu’au Zwijn, cet ancien bras de mer.

Après un arrêt au « Draaibrug » pour changer de train, un tronçon de chemin de fer nous mènera à l'Écluse, où nous aboutissons au fond de la ville, près du port et du canal de Damme, après avoir passé tout proche les anciens bastions.

Très amusantes à parcourir, les ruelles biscornues de l'Écluse, conduisant presque toutes à de grands espaces vides, jadis habités, aux époques lointaines où l'Écluse, Damme et d’autres étaient, au bord de Zwijn, ports fréquentés et prospères.

On ne peut s'abstenir de voir à l'entrée de l'Écluse un assez caractéristique moulin à vent, d’y visiter l'Hôtel de Ville et de contempler le clocheton habité

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pour aller jeter un coup d'œil sur Sinte-Anna-

ter-Muiden,

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village d’un pittoresque triste, dormant au pied d'une colossale tour d'église inachevée.

Nous retrouverons le fleuve à Breskens, après avoir passé rapidement devant Oostburg et Schoondyke,dont les habitants semblent plongés en un perpétuel ébahissement, regardant bouche bée, yeux ronds et bras ballants, la « voiture à vapeur » qui naus emporte.

A nos pieds l'Escaut étale sa nappe toute moutonnée de vagues écumantes et, en face de nous, de l’autre côté de l’eau, bien loin, Flessingue semble une île perdue

dans le miroitement des lames.

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