CHEMIN DE FER DE TERNEUZEN. — AXEL ET HULST
Large, profond, clair et calme entre ses berges solidement gazonnées, tel est le canal qui nous tracera la route vers Terneuzen.
Une animation continue y règne, le couvrant à certains jours, d'un perpétuel va et vient de navires, Aux
ue approches de l'hiver surtout, lorsque les sucreries riveraines établies à Gand, à Terdonck, à Selzaate, rentrent leurs approvisionnements de betteraves, sans trève les bateaux se succèdent devant les embarcadères en pente, promptement déchargés, pour s’en retourner de suite et revenir bientôt bondés de la cale au pont.
Depuis les derniers perfectionnements apportés aux installations maritimes de Gand, les majestueux troismâts et les mastodontesques steamers connaissent bien aussi la route de notre port, ses bassins, ses quais et ses hangars.
Nous avons parlé ailleurs de Wondelgem; c’est le premier village que nous rencontrons après Meulestede, qui n’est lui même qu'une sorte de faubourg gantois. Sur la droite, par une étroite chaussée nous atteindrons Oostacker, la Lourdes flamande.
Voici Langerbrugge, puis Terdonck, hameau de Cluyzen, dont les importantes sucreries sont établies sur un bras ancien du canal.
Un coup d’œil à Selzaate — dernière station belge sur le canal — à ses sucreries de premier ordre et nous voilà au Sas-de-Gand.
C’est bien la Hollande déjà, avec ses habitations caractéristiques, ses rues astiquées, ses quais ombragés
d'arbres semblant sortis d’une boîte de Nuremberg. Une intentsité de vie s’y agite autour des écluses.
Plus loin, Sluiskil. Sur la gauche, à remarquer l’amusant fouillis de maisonnettes qui entourent le moulin. Sur la droite, d'énormes flaques d’eau, criques de l’Escaut, dernières trouées dans les terres, du Braakman, que nous irons voir à Philippine.
Ce Braakman vient de l'Escaut même, apportant avec chaque marée sur ces terres basses, ses eaux rapides, dont les légers batelets de pêche de Philippine profitent pour se faire « glisser » en quelque sorte dans leur minuscule port ensablé, ramenant de leur excursion ces moules succulentes, que les petites charrettes à fond de paille s’en vont trimballer dans toute la Flandre et que le chemin de fer transporte jusque Paris.
Un tour dans Philippine, entre ses maisonnettes fantaisistement alignées, dans ses ruelles entrecroisées, est intéressant.
A pied, nous irons jusque Yzendyke, florissant au milieu de polders, puissamment cultivés.
Prenant ensuite, à Terneuzen, la ligne de Chemin de fer vers Saint Nicolas et Malines, nous visiterons Axel et Hulst, où les costumes nationaux, d’une si pimpante originalité, en leurs fantaisies étranges, charmeront notre curiosité.
Terneuzen sera le terme de notre excursion : les vastes écluses, les installations maritimes, les ruelles très amusantes, quelques églises, des rues à multiples
niveaux, des remparts verdoyants, la sortie du canal, au bord de l'Escaut, avec son attirail compliqué de poteaux, de « duc-d’Albe », se partageront notre attention, qui ne se lassera pas de ce mouvementalerte, actif et remuant, remplissant tout d’une perpétuelle agitation.