En plein faubourg (moeurs ouvrières)
L'embarras n'est pas d'agir, c'est de dire ses actions. « Telle chose ni' advint », passe ! mais : « J'ai fait cela » ?
Revenu de ce voyage en Hollande, par quoi il démontra qu'à nul obstacle ne so doit buter un esprit curieux d'appren<lre, Pierre le Grand eut toute grâce — et sans doute y mit-il quebpie grain de coquetterie — à narrer devant ses sujets son stage d'ouvrier chez les Occidentaux. Si de vieux boyards orgueilleux en sourirent, l'histoire ne le sait plus ! Ne se s()uvient-(dl(^ poiul que de la forte leçon d'ôn<M'gi(' (I()nnô(^ par cet empereur laissant là son trône pour s'en aller en ai)prentissage, tel un lils d'artisan ^
Peut-être l'exemple d»' Pici'i'e ('nq)orla-l-il les derniers scrupuh's de cet écrivain aile-
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mand qui s'embaucha — trois ans passés — comme ouvrier, dans le désir de voir où mène le socialisme. Plus près des choses, celui qui écrit ces lignes n'eut point souci, qu'on l'en croie ! d'imiter l'enquêteur teuton, moins encore la présomption de se régler sur le héros russe, le jour où, cédant à la tentation d'observer chez eux les ouvriers, il se résolut de tenir en plein faubourg commerce de marchand de vin.
Louer une boutique, l'orner, oh ! de quelle simplicité, meubler la cave, instaurer les rayons d'indispensables alcools, vraiment cela ne demande aucun effort. Mais s'asseoir derrière un comptoir de zinc, débiter des « petits verres », se domestiquer au service d'une clientèle pas toujours commode, s'entendre appeler patron, enfin se muer en mastroquet, être cette chose : un bistro, — ah!
Pourquoi m'en défendrais-je ? Les premiers jours, j'eus des nausées. C'est qu'aussi