‹ En pleine gloire! [microforme]Chapitre 6 sur 11 · SCENE III Le Lieutenant Dubreuil, le Colonel, Marthe · texte numérisé non relu

SCENE III Le Lieutenant Dubreuil, le Colonel, Marthe

LE LIEUTENANT

Oui, comme on l'aime sa patrie! La patrie rayonnante et superbe, le terroir d’où monte le parfum sain, la forêt grandiose où l’on a promené de beaux rêves,

d'a Su Bo s,eur sos, arcs; montagne are dont nourris d’escalader les cimes, le chez-nous enfin dont nous emportons l'image radieuse dans la boue des tranchées, l'image emmousselinée de neige fine, ou blonde de moisson, :

MARTHE

Cc1nent avez vous pu la quitter cette patrie que vous aimez tant, et venir si loin d’elle, vous battre... mourir peut-être!

LE LIEUTENANT

où la nuit s’ensanglante, où tombent les camarades. ces pauvres gâs qui, souvent, n’ont pas vingt ans... Ils n'avaient pas encore su ce que c’est que souffrir...

MARTHE Comme leurs mères doivent trembler!

LE LIEUTENANT Ah! nos mères! Vous ne savez Pas comme elles sont vaillantes nos mères Canadiennes. Elles nous ont offert à la France, et plusieurs d’entre elles ont fait le sacrifice de leur unique enfant.

MARTHE

Faut-il que vous nous aimiez, là-bas...

LE LIEUTENANT

Oui... les siècles ont Passé sans effacer, dans les âmes françaises de chez nous, le souvenir de la mère adorable que nous avons perdue dès le berceau.

LE COLONEL

Mais vous n'avez jamais douté d’elle, n’est-ce pas ?

LE LIEUTENANT

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silencieux de la France. Nous obéisions à note . Deux siècles n’ont pau affaibli la voix du sang.

Aussi votre 22e régiment canadien-français a-t-il immortalisé votre jeune patrie!

LE COLONEL

Il fut intrépide partout votre 22e, mais à Courcelette il devint magnifique!

» VOUS avez senti, n'est-ce pas, jeune homme, que vous écriviez une page dans

votre belle histoire, et vous l'avez écrite, cette Page, avec le plus pur de votre sang.

Ce furent des heures d’épopée vraiment, ct les soldats venus de vos tranquilles villages et de vos villes paisibles connurent l'émotion d’être des héros!

LE LIEUTENANT

Notre 22e, il est fier, voyez-vous, de Partager avec votre 22e de ligne, l’honneur suprême d’avoir eu le plus de morts. Mais si vaillant qu'il fût, il n’a pas, sachez-le bien, representé à lui seul toute la Nouvelle France. Des soldats, nous en avions mis dans tous les régiments canadiens, et même dans ce magnifique “Princesse Patricia”, qui disparut dans une tourmente d’apothéose! Nous en

LE COLONEL

Comme vous avez su vous battre... Comme vous savez mourir!

LE LIEUTENANT

Nous avons regardé tomber les Français, et nous avons compris que la mort n'était rien, et que le sacrifice était tout! Puis, s’endormir ici, dans la terre ancestrale, à côté de tant de héros, nous a paru un très-beau sort. Aussi, tapis au fond . des tranchées, nos petits soldats écrivent à leur maman, l'heure qui précède la grande attaque: “Si je meurs, il ne faut pas me pleurer, puisque je serai tombé pour une grande cause et que je reposerai en terre de France”. (Voilà leur testament, le: + adieu...

LE COLONEL

Oui... Vous avez su vous souvenir, vous qui étiez des oubliés!

1) Dans Boregne.à ee mère par le soldat Ivanhoe Delorme, quelques heures avant la bataille de Cour. celte) 00 une MÉETR rIte à

LE LIEUTENANT

Etre aimés, Voyes-vous, voilà tout notre vœul.. ({nfiniment triste) Hélas, maintenant il faut songer à partir! L'ordre m'en à été renus, tout à l'heure, au

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