SCENE v
Le Colonel, Marthe, le petit Césaire (endormi.)
MARTHE (Nerveuse)
0 grand’père, je ne sais ce qui se passe en moi, oh! que j'ai peur!
mais j'ai peur, LE COLONEL Ma pauvre petite, ta voix m'inquiète. Tu l’aimes, n'est-ce pas ?
MARTHE Hélas!
LE COLONEL Je l'ai vu naître, cet amour,
i de ce que vous alliez souffri ure qui passait, mais les minutes
frém l’he
dans vos premiers regards, et d'avance j'ai r, mes pauvres enfants. Vous avez savouré en étaient comptées,
MARTHE Il va partir, et que ferai-je sans Jui ?
LE COLONEL
Ton devoir. Rester ici, au milieu de tu, parce que tu dois aider à les réédifier,
ces ruines que tu ne peux déserter, voisà leur donner une vie nouvelle.
MARTHE
Je ne suis qu'une femme,
une pauvre femme qui ne sait plus qu’aimer.,
LE COLONEL (Solennel) Les femmes de France,
ma fille, ont des devoirs sacrés...
MARTHE (Désespérée) Rien ne m'importe q
ue lui!
LE COLONEL Mais tu ne peux pas oublier la France, la France contre laquelle il faut se
serrer, farouchement, à l'heure où son cœur saigne... Cette blessure-là, Marthe, ton départ l'agrandirait.…
MARTHE (Défendant son amour) Je l'aime!
LE COLONEL (Désignant le petit Césaire) Et ce petit qui dort là, si confiant dans ta tendresse, ce petit qui n’a plus que toi, songerais-tu à le voler à la France ? MARTHE
(Vaincue et sanglotante) Pardon, grand’père. Le devoir, c’est plus terrible que la mort...
LE COLONEL Quelquefois!
MARTHE Et cette canonnade qui redouble... Ce bruit m'affole..
LE COLONEL
Tu y es habituée, depuis trois ans que cela dure. Regarde, le gamin n’en est aucunement troublé.
MARTHE
A son âge, on peut dormir! Aujourd’hui, un pressentiment me bouleverse.
(Une détonation plus forte les méduse . Aussitôt l'on entend ües exclamations et des cris, La porte est poussée brusquement, et le lieutenant tout sanglant apparait, soulenu par le vieux Louis et un autre domestique. On L de la scène. Tous se Précipitent.)
étend sur un canapé à l'avant