LE POLONAIS MALGRÉ LUI
Palmerston. — Que m’apportez-vous là. monsieur John Bull?
John Bull. — Un costume polonais.
— Mais, mon ami, la Politique..
— Endossez le polonais.
— Mais...
— Allons, je vois qu’il faut vous aider à le mettre.
— Monsieur John Bull, la. Pologne sonne à votre porte.
— Laisse-la sonner; apporte-moi encore du bois!
— Les objets chauds sont interdits en Pologne.
— Ce n’est pas une raison pour prendre ma montre!
— Si fait, je la considère comme bassinoire.
La Prusse ayant voulu mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce.
Le président des États-Unis faisant faire un tour de promenade à l’amiral russe pour lui faire voir les produits du pays.
— Comment faites-vous donc pour vous entendre? Vous voulez qu’on traite les nègres comme des blancs, et lui traite les blancs comme des nègres !
— Eh bien, nous cessons de nous battre?
— Il n’y a plus de plaisir, on ne nous regarde plus; tout le monde regarde faire les Polonais!
— C’est pas gentil de s’occuper rien que des Polonais! nous avions donc oublié ces pauvres pelits Circassiens, .mon chéci?
Les nouvelles de Pologne changeant un peu le cours de leurs idées.
— Une idée! si nous prêtions nos canons aux Polonais?
— Ma foi ! ce serait peut-être moins bête que de nous en servir contre nous-mêmes !
— Je veux m’en aller, vous abusez de ma personne! Cela devient stupide, à la lin! vous serez cause qu’on se dégoûtera complètement de moi ; j’ai mieux à faire ailleurs!
Le Nord et le Sud finissant par tomber d’accord sur un point.
— Bonhomme Hiver, j’ai déjà eu recours à loi en 1812; lu me reconnais?
— Je crois bien! toujours le même.
— Mon ami, la Russie ne désire pas voire morl! vous pouvez aller chez voire lailleur vous commander des habits de Nankin.
— Général, d’après vos ordres, tous les vêtements chauds sont arrêtés à la frontière.
— Très-bien! j’aperçois deux chemises; c’est très-chaud, deux chemises 1 j’interdis l’entrée des chemises.
— Ah ! qu'on est donc bien ! quand on pense que les Bolonais sont sans couvertures !
Se mettant couturière et marchande de modes atin que les dames de Varsovie soient bien habillées à sa fantaisie.
. , . ucicnuaiii veiemenis
chauds, je n ai fait que l’aguerrir au froid ; tandis que moi , je ne cesse de m enrhumer ! n
I renant tous les moyens possibles pour essayer d’en finir avec les Polonais avant le printemps.
— Mon mari Radama n’est pas mort! ce serail-il caché chez vous?
— Impossible, majesté, le noir y est défendu?
Cet excellent général faisant fabriquer tous les fonds de chapeaux polonais d'après celui de Bertrand de ï Auber ne des Adrets, dans la crainte qu'ils n’aient chaud à la tête
— Cinquante coups de fouet à celui-là ! il n'a pas sa lanterne.
Yitp en Sibérie, le noir est prohibé.
— Mais c’est mon charbon...
Il ira en Sibérie aussi.
— Le v°ilà en arrêt, nous tenons les Polonais! Vile une depeche à Saint-Pétersbourg pour demander du renfort!
— Sus aux Danois ! aux armes ! Sus au Holstein !
— Je vois ce que c’est ! il vient de se griser avec ça !
Je suis éreinté! je viens de fêter l’anniversaire delà victoire de Leipzig.
Mon vieux, vous avez le temps de vous reposer; vous n’avez que cette victoire-là à fêter dans toute l’année !
La Saxe et le Hanovre se disputent l’honneur de remplir la mission dont les a chargés la Confédération germanique.
— Gare au Danois! Méfiez-vous !
— Joseph, un peu de charlotte russe.
— Jamais, madame, jamais 1 plus rien de commun entre eux et moi !
— Et ton Russe?
— Ma chère, je lui ai donné huit jours pour se faire naturaliser Polonais.
— Qu’est-ce que vous venez réclamer? vous n’êtes pas dans la catégorie des ouvriers cotonniers.
— Damel il me semble que la question du servage et de la Pologne me fait filer un bien mauvais coton !
— C’est une horreur! tu as donné une tripotée à mon Russe !
— Ma chère ! ça fait partie de mon costume !
polonaise ! elle est là dedans ; faut pas la chercher ailleurs !