‹ En prison sous la terreur russeChapitre 22 sur 22 · LE BILAN DE · texte numérisé non relu

LE BILAN DE

Que devons-nous faire? Si Tinactiôn est néfaste, certaines actions mal calculées, restreintes ou retardataires, peuvent Tôtre encore plus. J'ai toujours cru que la formule d'intervention indirecte « sans troupes ;► c'était trop peu... ou trop !

Le 10 novembre je me suis entretenu avec Tseretelli qui joua un rôle si important dans les premiers ministères de la révolution. (Nous l'avions reVu courageux, frémissant, à la tribune de la Constituante, lors de la réunion unique de cette Assemblée, le 21 janvier 1918, où, sous les fusils braqués des matelots et des gardes rouges, il tint tête à la troupe hurlante des bolcheviki)." Nous commentions le dernier discours de Lloyd George : Tseretelli me dit alors qu'à son avis l'intervention indirecte des Alliés et l'appui qu'ils donnent aux généraux blancs renforcent plutôt qu'ils n'affaiblissent le régime des bolcheviki puisque, dans l'atmosphère excitante d'une lutte à outrance contre des armées réputées réactionnaires et soutenues par l'or étranger, le Commissariat parvient, comme les faits le prouvent, à grouper autour de lui les masses populaires et à leur inspirer une ardeur martiale. Tseretelli compterait plutôt, pour dissoudre les énergies combatives du bolchevisme,,sur l'influence amolissante qui résulterait d'un état de paix et de la reprise des relations économiques. Je me félicite de n'être point de ceux qui ont à décider s'il faut ou non continuer le blocus de la Russie bolchevique. On ne saurait prendre de décision à cet égard sans un examen minutieux des renseignements les plus récents et j'admire les trappeurs en chambre qui se sentent toujours prêts à parler, à tort et à travers, de ce& alternatives tragiques. Funeste aux innocents et sans action décisive contre les coupables, le blocus, tout comme l'intervention c sans troupes », c'est tvop^ ou trop peu, et, m'en référant à l'autorité de Kerensky, de Tseretelli et de tous les Constituants je me demande s'il ne faut pas condamner cette tactique.

144 EN PRISON SDV8 LÀ TBMÉUR RUSSE.

Nous n'arons pas l6 moyen de traiter le$ affaires rtlëses arfec ihdilTérçîncé ou ôVeb ihdolëilfce. Quëâtibii de vie dii de rtiort! Si, après avoir repris rAlsacé-Lôri^àine, noua finissions pà^ permettre ôux AUettliBlnds de cdldtiiser la Russie^ nous nous apercevrions tôt ou tard qu'au traité de Vëfsailles, nous avons été le& « mauvais mai-chatids ». Voilà pourquoi iious ne serons pas fixés avritit ufi certain nombre d'aiinées sur l'issue définitive de lâ gUerte mondiale dont les suites immédiates restent surchargées d'inquiétùdëë et de menaces.

De 1914 à 1918, leS Français Se sàcrifièrëtit^ ëspëî'àiifc faire la guerre à la guefre. Pourtant, àUsSi longtemps qtië le principe deS hàtiodalités dëilieUrërâ le pivdl de la politique européehîië, les hommes, aividës de paii^ fbrgërdilt des ërmes pour lâ lUerie. De quelque, manière qii*oti trâëe dès frontières à travers nôtre corltineht^ impossible de tlë pfls créer des irrédéiltismes, des fcauses de protestations et dé revanches ! Les races, dans là plus gi'ôrtdë partie du viëtix monde, n'occupëUt pas des compartiments étarichëS; ellëS sont mêlées, intercalées, enchevêtrées : nul paHàgë territorial rie Bë fërèi jatnais sans molester deS miliorités hétérogèheS, sans froisser des traditions et des orgueils, saiis soulever dés ràticuries implacables; Plus on avivera^ plus ôri surexcitera le principe des tlàtionàlitës et pliis dn aiguisei'â l'slcier des futurs homicides. Taiit que ehëqUë g:toUpëitlenl humâitt s'obstittël'à à chërther dés iiispiràtions daiis les profdtideurs de sdn histoire il ri'eii ëihUtliëra que des ëbrivoitisës et des inimitiés. Si les Européens tendent véritablëfflëtit â lâ pëix, ce n'est poitit en scrdtaiit les siècles rêtolUs qu'ils en découvriront la formule^ Celle-ci n'existe peut-être pas ; Si nous rêvons de la faire naître, il nous faut regarder non point en arrière^ mais eri avant, résolument, à la tii'giuale gèUèse de l'Idée. HélâS! 0ufttid dès réformateurs se font de l'hol-réuî* que leur inspire Id j^uerre,

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un prQgr^fpme et un moyen d^ propagande, ils précipitent }e lepdemain l^wr^ semblables dans l3^ atpoaités, plus aJDOipinaMP^ epcope, 4^s Jattes fratricides. QueUe est donc la de^tiu^e ^e ThoinroP? Où sqnt les voies du progrès?

« QésariiiQp^ les nations armées, écrit Victor Margueritte. Argpppgf^ ^ son berpeau, cette faible Société des Nations qui naî|' désarmée. ^ Qui, caps doute, il le faudrait ! Mais commep):? Lj^s peuples cesseront^ils de subir cette fascination qu'^s ressentent à contempler, dans Fhistpire, Finfinip perspeptiye de Ipues mutuels égprgements? Est-ce que leurs jitt^ératpr^s p'e^aUent^ pas le culte de la tradition? Les Europ^ppsf s'ôntrp-tuept et s-entre-tueront parce qu'ils se sont toujppr^ eptrertués. C'est simple ! Effarante philosophie qui doit, ipévit^blpmpnt, dei|X ou trois fois ppr siècle, ramener rhprrpi^r de tels hplpcauétes ! Tant que les intellectuels, |ps seyants et l^^ publicistes de TEIurope n'auront pas pu se oonc^pter pour dQnn^r aux epfant^s de tous les peup}es le mêfpe ppseigujBm^nt civique européen, l'école, le journal et le livppentretipndfpnt) daps chaque patrie, les antagonismes héréditaires. Et si vous dites qu'un semblable accord préalable dp^ intelligences est irréalisable r- ce que je redoyte! tt; alevs je iréppnds que l'idée d'une Socfété des Nations psi une utopip.

^p traité de pai$ qui termine chaque guerre, s'il laisse le yajpquepr ^ippèrement Gonvaincu d'avoir fait triompher la j^s|.ipe, inspire par Goptre au vaincu T^fdeni désir de re(|pesspr pne injustice. Les maux qu^un peuple inflige à ses vpisins Ipi paraissent toujours supportables, mais, ceux qp'il rp6<^it ^'«SU^^ il les juge monstrueux. Le traité de Versailles pst pppr npus pn apte de ré|)aratiâa et les Allemands y ¥qipn( une iniquité. Surveiller TAUemagne? L^empècher c}p ^'arpi^pr? Illp^iqu, à une époque où tout citoyen est un soldât et où une transforqiatipn décjsive des armements p§ut pésijUpr d'uup spulp gpande découverte : Pasviendronsnous 4 épipr phnqqe laboratoiriB ?

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