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liiiieni coiitré les bolcheriki. D*auii:^ pari; le moment; n'est ' pas encore venu de faire la paix avec ces derniers : « Si les bolcheviki véuleùt parlei* au nom de la Russie, ils peuvent le faire en cdnvôquailt une Assemblée nationale; librement élue par les paysans et les ouvriers russes. » On en reste à là formulé du statu quOi Maife, dans Tespèce^ qu'estce qiië le statu que?
En tbut bàfe, il est permis dé faire remarquer que M. Lloyd George si èommis une erreur qiiaiid il à dit qu'au début de l'année 1919, aucun parti russe n'était disposé à se î*endi-ëà Pridkipd. A cet égard,, jô rëtivbie le lëcleut- à la déclaration de Lénine publiée dans le chapitre Vtll dû présent volume. C'est toujours avec une joie indicible que les hbmiiies du prK)nunciurhientt3 conslaterôht qu'on tend décidèitiënt â vëir eh eux Un ^biivêi-tiënlëht régUliëi^. La conversation dé leur envoyé Litvinoff avec le représentant britannique O'Grady à Copenhague les enchanta. Cou|) de théâtre ! Ils annoncent la convocation prochaine d'une Assétnbléë constituante ! Les Iziiiésiia et la Pravda déclairent qu'un projet de loi électoral va êltë pUbllé : il accorderait à tous les p'artis le droit dfe présenter des candidats. Quelle nouvelle feinte préparent les rUséfe teiiauëiei*s du Kremlin? Certitude : des élebtiotts libres leur seraient hostiles. Ils lé savent et ils né veulent point cesser dé régner ; dès lors, si une parodie d'élections s'opère ce sera, comme tout le reste, sous là terreur. Pëut-on croit-e qùè les bolchëViki soient capables de s'amender^ d'accepter îoyalenient la coopération des mënchéviki et des àuti^es përtié socialistes? I1& le simuleront peut-être. Mais ces gens ont pôiir caractéristique de se délecter de leur puissance. Sauront-ils jamais s'âslt-eindrë â châtigër de nature? La confiance ingénUé qu'ils ont dans leur supériorité intellectuelle les incite à garder le pouvoir par tous les moyens, dans l'intérêt du prolutàridt, de même que l'inquisiteur espagnol rôtissait avec soin les pieds d'un hérétique afin de lui faire adopter
une meilleure conception de l'Univers. Pourtant, harassés par deux ans de lutte, il leur faut recourir aux expédients, se procurei" au moins un peredishka, un répit ! *
Une perplexité infînie emplit Tespril de celui qui cherche à se représenter ca que sera l'avenir de la Russie. On constate aujourd'hui de quelle perspicacité faisait preuve M. Benès, ministre des Affaire^ étrangères de la tlépubliqu^ tchéco-slo vaque, quand, le 30 septembre 1919, dans un discours officiel, il devançait ainsi les événements :
c La situation de la Russie ne sera pas avant longtemps réglée définitivement. On ne peut prévoir la fin prochaine de l'expédition de Koltchak et Denikine, ni dans quelles conditions une entente entre les gouvernement locaux (formés sur le territoire de l'ancienne Russie), des Ukrainiens, des Blanc- Russiens, des Lituaniens et d'autres sera établie. Donc, on peut envisager avec la plus grande vrafsemblance que les questions de la reconstitution intérieure de la Russie déchireront tout le peuple russe.
De quoi demain sera-t-il fait? Qu'adviendrait-il d'une Russie divisée en tronçons, d'après la position occupée sur son territoire, par les diverses armées belligérantes, au moment où un pacte « à la Prinkipo » aurait été signé? Dans cette juxtaposition de fragments, c'en serait fini, pour un temps, de la grande idée de la Russie « une et indi-
1. Le 18 décembre. les négoc ations entre Finkelstein (dit Litvinoff) et O'Grady étaient rompues. Quelques jours auparavant, Finkelstein-Litvinoff avait déclaré qu'il était, impossible pour le moment de convoquer une Assemblée nationale et, ainsi, la preuve était faite que les dictateurs n'avaient jamais eu l'intention réelle de tenter une telle expérience. On s'en doutait. Finkelstein, dans une antre interview reproduite à Paris le 22 décembre, a dit : « Le peuple russe n'est-il pas en état de choisir lui-môme la forme de gouvernement qui lui convient? Ce n'est pas à Paris qu'il faut le consulter. C'est en Russie. » Finkelstein veut ainsi donner à croire que le peuple russe a librement choisi le régime bolchevik. Impudent mensonge ! Le régime bolchevik a été créé par un groupe de conspirateurs qui s'étaient assuré le concours de quelques milliers de matelots et, depuis, les tyrans moscovites ne régnent que par la terreur.
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visible » : un tel monde fait des débris de l'ancien empire deviendrait Parèûe où s'affronteraient toutes les intrigues et toutes les convoitises. On attendrait, sans doute en vain, d'un tel accord, une interruption durable de la guerre civile. Lés holchevîki ont toujours proclamé que Tunique force des généraux « blancs » leur venait du soutien que leur accordaient les Alliés. Le jour où ils sentiraient que ce soutien a disparu, Tesprit dé prosélytisme de ces fanatiques les porterait, automatiquement, à pousser leur propagande dans les zones occupées par leurs adversaires : de nouveaux conflits y surgiraient, la lutte s'y enflammerait spontanément. Les commissaires sont trop- astucieux pour licencier l'armée rouge, leur unique instrument. Or, tant que l'armée rouge existera, il faudra la nourrir, et, pour l'empècher de se corrompre, l'employer. Le général allemand Hoffmann a dit véridiquement que la doctrine bolchevique est faite d'initiation offensive. Dans ce remous, des nationalismes néophytes ou ressuscites avec des peuples revenants, se trouvent en face .du vaste internationalisme des bolcheviki, un internationalisme difficile à définir, puisqu'il est à la fois destructeur, autoritaire et unitaire. Toutes les théories, toutes les polémiques ne changeront rien à ce que forge un mystérieux devenir. Que cela nous plaise ou non, nous ne faisons pas les événements : ils se font. La France a intérêt, certes, à ce que se reconstitue intégraVement une grande Russie. Mais ceux qui expliquent qu'en défendant cette idée on s'entête dans une dangereuse utopie ont, il faut en convenir, quelques arguments à faire valoir, car tous les peuples allogènes n'étaient maintenus dans le « Russisrae » que par la contrainte tsarienne : quand bien même on réussirait à hisser un nouvel empereur sur le trône de Moscou on n'y installerait pas pour longtemps le despotisme qui imposait l'unité. Ni par des discours, ni par des articles on ne démêlera tout ce qu'il y a d'incoercible, tout ce qu'il y a de forces aveugles, tout ce
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qu'il y al d'impbévisiblë datié rimiifiëfase cbfiruâion, dans le chaotique tduf-billoti dés aiffiâii^ës i^usses.
c La républicjue dëô Soviëtts, a dit àiix CôiiiiâUnes le colôiiel MalDhè, à de plus éh plûH à gagner à iiné Irapidë collaboration avec rAllèmagtlfe. L*hâbilêié technique dés Allertiâhds serait extrêmement précieilsé t)ôur aider au développehient. des vastes ressources de la Russie. Avant la gue^ré, noiis treitibliôns devant là phrasé : Hatnbourg- Berlin-Bagdad. Aujourd'hui fabtis somnles itleliacés dU Berlin-Moscou-Vladivostok! >
Il faut bien qu'il y ait au iiibins une part de vérité dîiiife cette àsfeërtioti pour que M. Henri, liiaître de conférences à la Sdrbonile et chargé dé ttlissibri éh Russie, ait i*àpJ)orté, à la fin du printemps de 1919, une iniJDression assez àhalogue à celle qu'exprime le colonel anglais. Mais nous ne sauribhs oublier que parfois, sous d'àtilhefe rôgltiies, là menace de son union avec l'Allemaghe a déjà été tih riioyën d^ihtimidàtion dont la Russie s'est sei-vie pout- ahiéfaer à plus de souplesse ses alliés dccidehtaux. Aujourd'hui, le cortimlssâtiàt précisé que si l'Ehtente ne vient point à réfeipiscehce, il a résolu dé * s'adresser â l'Allemagne >. Mais d'autres qiie le§ bolchevik! hoiis font, dans le même temps,^éntrévoir le péril allemattd. Qiie nous disent donc les réprésentants des partis qui placent leur espoir dans Dehiklhe, Koltchak et loudenitch quand ilfe jugent qiie faoiis ne leiir donnons pas une aide suffisante? Ils nous disent d'un air consterné : k Vous nous jetez dans les bras de l'Alleiiiëghe! » D'ailleurs, bieh àtanl les équivoques menées des bolcheviki en 1917, il y. avait ëU une droite russe, Uhe aristocratie aventurière, un certain < grand mondé » qui, en pleine guerre, aVàit entretenu des félàtibns hbftteUses avec Berlin.
En ce qui concerne là manipulation des afl'aircs russes, l'Allemagne possède, bous ne saurions trop nous le rappeler, un imttiense avantage. Elle à poUr elle là géographie ; elle est liillitrophe de cette Russie à laquelle hoUs n'avohs
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jamais eli qUë dëô accès tilffîfcilfes. Mais cet faVântôge, tjui ést iftcâlclilâblë, est fei flàgràhl qU'll devient ùhé èaùsê de faibleëéë pdrëë fiuè, tJi-éciséhiènl, la Russie le Voit tr5|) et S'ëti ôffûsqlië.
Là France W'à î^âè bëfedih d'Uiie RU^ëie forte âdjoùMlidi riiéiiie; ni dëiriâifi, hiàife, pât- cbhtre, iî llii est ifadife^erisëblë qiiè là l^ùssiè se sdil fëtebUvéë §Uffl§àltirflent cohérente afàht qUé les vieilles ëné%iés litipënalistès de TAUeftlàghë aiètit ëU lë tëlhji§ de rëdëVéfiir Virulëlltëfe. Le Voisinage d'Unë jifoië lh)p flàsqtië risquerait de réveiller lés maUVàië itistlbcts àtàViqùë^ du Teûtbh. QUë pt'êméditë-t-il à là flfi de 1919? M. LàVisSë & dit qiië les Àllëmàiids ont i lèÈ feiti^ cassés » : pbdr quelqiië lëtti|:<s les ^ratlds éspdîf'S et les Vilëtes jiëtifeëi^ leur sont iritêt^ditS: Saiiis doute fâut-il lë croire. Il h'êst pas tion pltife àbsdlufllëfat iinj)cissiblë de concëVdir qUë rAlleitiënd de 1920 ait pu s'èlsSàgi^i t-fendtlëëi^ â ëet esprit d'ahtâgôrilëiiîë ddmillatëur qui lë f-ëhdlt détestable. G'ëst ëë fcfU'il fàudrë Voit-. Telflt qUe le màHt rie Vaiidfâ que qùelqiiës eentiiries il terrible que nbus n'ôùrôils pas ii-bp lieu dé abùë àlariliëh Mëife (\\xi Jlèùl i-êpohdfë dëS surprises de râvëliirî Le présetlt est sduVënt gros de beaucoup plus de [Possibilités que 11 en àdinetterit dbë étrbitefe àlitieipalibnë; fbt^cément întirhidées jpar rifafluehëë de tdUt ce qili, moîHeritâiiéhieht, nous surplombe: Né nous effràyoris pas de jpéril§ imaginaires^ illàis ëbfopretions qu'urië cbitlbinaisbh gerMàno-l*ùs§ë, si îpdt Inipdssiblë elle se t-ëàlisàit un jbùr^ pt^ésetitebait liiic foî'cë telle (JU'bii lie sdit pblnt trop ëë qui poiirrdil lui résislët- ëii Occident.
Nbus ëvibnâ pris brtibrag^ë déë itienéeS àllemalidës dëiis les prbviticëfe bàltiqtiës et Voie! qûë l'àt-rtiêë de Bërinoiiat^ AVàllofT fuit ëh déroute. Cërlàitis conse^valëu^s ruasses affectent de croire qiie si les AlJglo-Fiarlïjais reuoUceht à « sauver * la htlssie, rAllëttiaghe saurait se ëhat-get de ce soin. Mais, pour le moiiientj ëfet-ce exact? Si les hobereiJux prussiens étaient si forts qu'ils prétëndeUt Tétre ils com-
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menceraient par ramener à Berlin leur propre Kaiser. Le général allemand Hoffmann, par des déclarations répétées faites à la presse parisienne, veut suggérer Tidée d*une croisade des Occidentaux contre les bolcheviki. Il est vrai que le jour où 300 000 vétérans anglo-franco-allemands, munis du meilleur armement et ayant leur base^en Pologne, marcheraient sur Moscou ils en finiraient à bref délai. Mais qui voudra appliquer ce remède infaillible? Après avoir préparé une intervention en Russie, contre les Allemands, il serait trop paradoxal d'en méditer une autre avec les Allemands contre les monomanes de Moscovie et d'introduire ainsi le loup dans la bergerie ! Mais les Allemands ne seraient-ils pas de taille, quelque jour, à opérer seuls contre les Sovietts? Von der Golz Tinsinue et des Russes — sans doute pour nous stimuler — font semblant de le croire. Il est exact que les Prussiens cajolent aujourd'hui les nombreux Russes qu'ils hébergent ; ils leur tiennent des propos captieux. Et nous? Beaucoup de Russes d'un haut rang se plaignent d'être traités avec sans-gêne et impolitesse par nos hommes politiques. Après avoir trop cru naguère en la Russie, nous commettrions aujourd'hui, en sens inverse, une sottise de môme tonnage en n'y croyant plus assez.
L'été dernier, l'un des plus respectables généraux russes, grand-officier de la Légion d'honneur (!), ayant fui de Minsk vers Berlin, dut attendre trois mois, dans cette capitale, malgré d'instantes démarches, l'autorisation d'entrer en France !
Pareille mésaventure survint à l'ancien maire de la capitale russe, un très haut dignitaire, lui aussi, de» la Légion d'honneur. Pendant quatre mois aucune réponse ne lui arriva de nos bureaux. Ces deux personnages, étant de nos fidèles, vinrent à nous dès que nous daignâmes leur ouvrir notre frontière. Mais d'autres, très nombreux, se lassèrent, n'insistèrent plus et s'habituèrent à rester à Berlin où il y a, présentement, une petite Russie*.