‹ En route [microforme]Chapitre 14 sur 30 · ROSES ET VIOLETTES · texte numérisé non relu

ROSES ET VIOLETTES

Le 12 septembre 18709, je quittais le Za Galissonnière en compagnie de M. Rouyaud, enseigne de vaisseau. Nous allions explorer la cité détruite. Éa route pour s'y rendre est boisée, un peù ondulée. De chaque côté, on voit des sapins, des génèvriers, des épinettes. De temps à autre un écureuil traverse le chemin. Une corneille croasse, Tout est triste, muet, désolé. On dirait que la nature a conscience du drame qui s’est passé ici Nous laissons derrière nous le fiord de Minas, nappe d’eau large comme l’Ottawa. Cette échappée de vue nous permet d’entrevoir un beau paysage où se dresse une église bâtie sur une éminence, aux

pieds de laquelle vient battre le flot. Un peu plus loin, nous dépassons Catalogne, autre fiord, et quelque temps après nous arrivons à Louisbourg.

Il est cinq heures de l'après-midi.

Nous descendons chez la mère Kennedy.

Nous lui sommes recommandé par l'honorable M. Bourinot ; elle met sa maison à nos ordres.

—Les ruines? où sont les ruines? demandâmes-nous. Et Kennedy de nous conduire.

Louisbourg avait déjà été pris par l'ennemi en 1741.

Lapérouse-Bonfils raconte ainsi dans son histoire de la marine comment ces choses se passèrent :

«—L’expédition anglaise renforcée de la division Warren sortit d’'Anapolis (port Royal) au printemps de 1741 et arriva à Louisbourg dans les premiers jours de mai. Les français ne purent s’opposer au débarquement des anglais.

Lousbourg se rendit après un siège de ro jours.

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