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touché, me dit-il, de l'attachement que les Acadiens en général,—et en particulier ceux qui appartiennent aux villages mentionnés plus haut, —montrent à la langue française et à la religion catholique.
Ah ! si l’ün de nos hommes de lettres Canadiens-français trouvait le temps de visiter ces groupes. Quel beau livre il y aurait à écrire sur ces braves gens, qui ne se doutent pas qu'ils sont restés des héros ! ÿ
Ces lignes sont écrites à la Hâte, en face de Yîle de la Boularderie. A‘bâbord, nous voyons la lumière d'un phare. A deux pas de à existent les ruines d'un vieux fort français. Il y reste encore des canons,
Toujours la Franee ! Ici, on re peut fouler le sol sans faire surgir son souvenir.
LE CAP BRETON LA BAIE DES ESPAGNOLS—LE 4 LA GALISSON- NIÈRE ÿ—LE SENATEUR BOURINOT
Le Cap Breton !
Voilà un pays dont on ne parle pas souvent.
Iest peu connu et pourtant il a son impor--
tance, L'ile du cap Breton a r10 milles de longueur, 87 de largeur, et content, à part de grands lacs à l’intérieur, 2,650,000 acres, dont la moitié environ est cultivable. Son climat est de ceux qui produisent une vigoureuse race d'hommes, sains de corps et d’esprit. Le printemps, à l'exception de l’époque des glaces flottantes, est aussi agréable que possible ; l'été est beau, l'automne charmant, l’hiver est froid mais plaisant toujours. Le sol est généralement fertile. Il produit des légumes et des céréales, en abondance. L'élevage des animaux est rénumérateur. Où la culture de la terre est faite avec science elle donne de grands profits
Il y a au câp Breton 15,000 fermiers et 20,000 autres y trouveraient encore de la place. J'ai
rencontré ici des Ecossais qui ne comprenaient
pas d’autre langue que le gaélique.
Si l’agriculture est la base du progrès et des richesses nationales, le cap Breton a une assiette large et solide. En 1884 les bateaux, navires et le matériel de pêche possédés par les artisans de la mer étaient évalués à $5.325,390 : la valeur totale du poisson pris était de $1,421,287,
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presque 25 pour cent du capital employé. Le hareng, la morue, le maquereau, le saumon, etc., abondent sur les côtes, ‘et son voisinage des grands bancs met cette île dans la position peut-être la plus favorable du monde pour l’exploitation du commerce de poisson.
Les ressources minérales du Cap Breton sont inépuisables. Ses mines de charbon produisent annuellement 1,200,000 tonnes. On trouve le fer, le cuivre, le sulfure de plomb, les pierres. à meule presque partout.
En‘18g1 sa population était de 26,454 La population est aujourd’hui de 31,258. Depuis 1867 le Cap Breton a contribué au trésor fédéral et au trésor provincial pour un total d'environ $10,428,000,
Mais n'oublions pas que nous somme à bord du Shattuck. Cette nuit ila mouillé près du bateau à vapeur le #Wexford, qui vient d’échapper à une perte complète. Il est venu en collision avec une banquise dans le détroit de Belle-Isle. Il a été frappé au dessus de la ligne de flottaison. Tout ce ‘qui pouvait être
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SEPT JOURS IOI
cassé à bord l'a été ; mais le navire s’est maintenu à flot et il vient d’être remorqué ici.
Rude tâche que celle d’être marin !
A six heures, ce matin, la machine est en mouvement. Nous nous dirigeons sur South Sydney, par un beau temps, par une belle brise. North Sydney que nous quittons est une ville composée d’églises, de quais et de grog shops. J'ai compté onze clochers dans un rayon de trois milles. Autrefois, cette petite ville faisait de brillantes affaires commerciales ; aujourd’hui South Sydney l'emporte. Les mines de charbon lui ont crée cette rivale redoutable : bientôt South Sydney sera un centre important.
Sydney est assise sur le côté gäuche de la baie des Espagnols, rade sûre, bien abritée, ou viennent charbonner les navires de guerre de la station des Antilles, anglais et français.
La baie des Espagnols est fameuse dans nos annales. Elle à vu presque tous les navires des grands marins de l’histoire du Canada. C’est ici que d'Iberville se ravitaillait; c’est ici que l'amiral anglais sir Hovenden Walker est venu.
| | attendre les débris de sa flotte après le désastre || du mois de septembre 1711. Mes lecteurs sa- |
vent qu’une tempête terrible brisa sur l’Ile-auxnl Œufs, dans le golfe Saint Laurent, cette redou- ! table armada de: née à écraser Québec. C'est | W de cet événement, considéré comme providentiel qu'est venu le vocable de Notre-dame-des-Victoires, donné à la petite église de la basse ville 1 de Québec.
Pour moi, la baie des Espagnols renferme des | souvenirs tout personnels. C’est ici que je suis venu passer un mois à bord du cuirassé français le Za Galissonnière, causer avec d'anciens amis
et me retremper à cette bonne existence si disciplinée, si virile, si pleine de camaraderie, que Î l'on appelle la vie militaire. Aujourd’hui, mes (1 yeux cherchent vainement les amis des anciens jours, Le capitaine de vaisseau Delassaux est (Ni mort; le lieutenant de vaisseau Davoust est fil mort ; l’aumônier, l’abbé Hains est mort ; l’enseigne de vaisseau Siou s’est noyé à l'ile Mau-
| rice, en voulant sauver la femme de son com- | mandant, mon ami Drouin. (1) Les autres sont
(1) Voir pièce justificative à la fin de ce volume.
promus et dispersés, qui aux Ines, qui à la Nouvelle-Calédonie, aux Antilles, au Japon, en Cochinchine, dans .le Pacifique du Sud, en Islande. Le capitaine de frégate Blanquet du “Chayla, m’écrivait dernièrement du Gabon.
__ —« Je cemmande l’Ævureuil : ma station n’est pas gaie. Ce pays-ci ne représente que la tristesse, rien autre chose que la tristesse. De mes quarante hommes d'équipage, il ne m'en reste plus que onze. Tous sont morts de la fièvre jaune, Je reste seul officier ; mais n’en parlons plus, et vive la France ! »
C’est ainsi que l’on se dévoue dans la marine française et dans toutes les marines du monde.
Ma seule visite à South Sydney a été pour J’honorable M. Bourinet. Ce sénateur a exercé depuis trente ans, les fonctions de consul de France. Très estimé, hrnoré de Ja confiance de tous, il a été aimé de tous les amiraux, de tous les officiers qui sont entrés en relation avec lui Sa maison était un musée où s’entassaient portraits de célébrités maritimes avec autographes, souvenirs de toutes espèces. Aujourd'hui ce brave homme dort son dernier sommeil
tout près de l'endroit où il aimait tant à donner Yhospitalité.
À 28 mille de South-Sydney se trouvent les.
ruines de Louisbourg.
VERS LES RUINES—ERREUR D'UN CAPITAINE —( FRENCH THINGS» —LE PÈRE CRYAR— LOUISBOURG-—-4( SUNT LACRVMÆ RERUM »