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En 1861 : Henri Thomas, Ontario, Lochiel.

En 1862 : Julie, Caroline, Anne Eloïse.

| | En 1863 : Amoor, Coriolanus.

| || En 1864 : Feu Follet, William Henri, Lady | Daly, Joséphine, Suzanna.

Î En 1865 : Loetitia Ann, Surprise.

En 1866 : Swan, Anna Callot, Providence, . Bessie.

En 1867 : Jessie, Tridant, Emile, Elisa.

En 1868 : Emilie E. M. Carle.

En 1869 : Lady Dundas.

En 1870 : Hortense, Sainte-Cécile.

En 1871 : Noémie, Alma Carr., Trois-Frères.

En 1872 : Marie Georges, Auréas, Jeanne la Bayonnaise, Miquelonnaise, Gaspé, Trois Sœurs, | Adieu, Hébé.

(ar En 1873 : Elmina, Victoria.

En 1874 : Laura, Niobé, Assiniboine, Beaudet, Prescilla. :

En 1875: Active, Mary, Manse, Héloise, Marie, Transit.

En 1876 : Bertha, Alert, Jane’s Songs, Clothaire, Pacific, Noroë, Lizzie, Marchionnerss Queensborough, Ville de Saint-Servan.

En 1877 : Eugénie, Ortolan, Strathly.

En 1878 : Colombe.

En 1879 : Oiseau, Coquette, Rambler, Cadet, Lavoisier, Dauphin, Sauterelle, Souvenir, Mary

Ann, Nine Brothers, Zoa.

En 1880 : Mary Brigitte, À. B. B., Mélanie, Amoureuse,

En 188r : Langladier, Amaryllis, Anne Bell, S. S. Southbourn, S. S. Dôwers.

Voici la liste des bâtiments naufragés sur Saint-Pierre, donnée aussi au capitaine Smith, du Crcassian, par le capitaine F. Thompson, du steamer Soufhbourn.

1823 : Saint-Patrick, Isabella, 1826 : Mary.

1827 : Saint-Honoré.

1828 : Jennie, Edward.

1829 : Phénix.

1832 : Saint-Clément.

1833 : Heloïise, Zoé.

1835 : Saint-Laurent, Capelan.

1836 : Lord Melville,

1837 : India.

1839 : Saint-Patrice.

En 1843 : Jubilé,

En 1846: (navire-épave), Mary, Solider, Packett, Green.

En 1847 : Clarisse, En 1848 : Impress, Dawson.

En 1849 : Gratitude, Renaissance, En 1850 : Auguste-Julie, Montfavier, Psychée. En 1851 : Courrier de la Rance.

En 1852 : (navire-épave).

‘En 1853 : Bois Rose, Amis, Clyde, Glasgow.

En 1854: Minerve, Frère Jacques, Joséphine- Elizabeth, Triton.

En 1855 : Eagle, Hirondelle.

En 1857 : Saint-Pierre.

En 1858 : Espérance.

En 1859 : Joseph-Adrien.

En 1860 : Odessa, Simon de Mascate, Frasqueta, (goélette-épave).

En 1861 : Sarah.

En 1862,: Impératrice.

En 1863 : Violette.

En 1864 : Fearless, Prague, Southerner, Hu-

ron, Rob Roy.

En 1885 : Marie-Anne,

En 1866 : Courrier de Morlaix, Fille de FOnde, Odette, Champion, Sainte-Clatre, Abondance, George Lawrence, feune Agathe, David, Augusta, Augustine, Angeline, Marion, Moonshine, Auguste-Charles, Alcyon.

En 1867 : Marie-Lydia, Adelaïde, Victory, Marquis de Canisay, New Providence, Laura Dodd.

En 1869 : Saint-Joseph, Palace.

En 1870 : Saint-Joseph, Jeannie-Marie-Joseph, Isabella, Marie-Françoise, Chedebouctou.

En 1875 : Amiral des Touches, Marionette, Deux Louise, Firth of Clyde, Coonan, Edwin.

En 1872 : Monte Christo, Courrier du Golfe, Doraüe, Marie-Joseph, Alexandre.

En 1874 : Henriette, Celestine-Marie, Eugénie-Marie.

En 1875 : Marie-Louise, Sirène, Eugénie, Virgo, Marie-Emilie, P. H. Kilchin, Arbitrator, Hetgir.

En 1876 : Bacaleos, Prudence.

En 1877 : Hortense, Atlas, Duguay, Aigle, Arèthuse, Saint-Victor, Alert, Mystery.

En 1878 : Drowning Waves, His.

En 1879 : Automne, Miser, Helena Stoop, Samuel Dolisar.

En 1880 : Allice, Good Run, Henriette, Margaret.

282 navires ! n'est-ce pas là un addition lugubre ?

Les vents qui dominent dans ce petit archipel me disait M. Nicolas, lieutenant d'infanterie de marine, sont ceux d'ouest. Lorsqu'ils soufflent le ciel s’éclaircit et devient beau, Les mauvais vents sont ceux que l’on désigne sous le nom d'assuéties : ils règnent de l’est au sud-ouest par le sud, et sont généralement accompagnés de brume et de pluie. Les plus impétueux soufflent du nord-est au nord-ouest, par le nord : on les appelle anordies. Le nord-est se nomme là bas le crachin ; notre poudrerte le poudrin ; et ce que nous appelons si poétiquement le revolain s’appelle l’embrun.

Un petit détroit sépare Saint-Pierre de Langlade. Un courant d’air empêche très souvent

la brume d’y rester. Le SAattuck s'engage dans cette ouverture. Le t-mps le favorise ; le ciel est clair ; au loin le biouillard couvre la mer,

A notre gauche se dresse le cap au Diable, C'est ici qu’est mort le lieutenant Boyer, de l'infanterie de marine. C'était en hiver. Cet officier, bon chasseur, venait de tirer sur un oiseau de mer. En voulant ramasser la pièce abattue, son pied glissa sur la glace. Le malheureux roula dans l’abîime. A huit jours de 1à, on trouvait le lieutenant Boyer, dans une brasse d’eau, au pied du cap. Sa figure était meurtrie, son crâne fracassé.

Non loin du cap au Diable serpente un sentier le long des flancs gris de la montagne ; à l'extrémité qui touche à la mer nous distinguons une maisonnette. C’est là qu’atterrit un des câbles transatlantiques.

En tournant le cap, on défile l’île du Colombier, rocher volcanique, taillé en pain de sucre. Il tombe abruptement dans les flots. Sur la cîme il y a un étang d’eau douce. Le Colombier est habité par des macareux du Nord. A

Saint-Pierre Miquelon, on les nomme calculofs,

ion nes

Ces palmipèdes nichent ici, ne vont nulle part ailleurs, et disparaissent vers le r5 septembre, pour revenir à date fixe, l’année suivante. De mémoire d'hommes, ces oiseaux ne hantent dans ces parages que le Colombier, où de hardis chasseurs viennent souvent leur tirer un coup de fusil.

Langlade renferme de maigres pâturages.

On y voit en fait d’essences forestières des spruces, des sapins, des épinettes. On y chasse le lapi. , la perdrix. Le gouverneur de Saint- Pierre-Miquelon, —c'était à cette époque M. le comte de Saint-Phalle— y possède une résidence: —le Gouvernement—où il vient passer un mois de vacance.

Au bout de Langlade il y a un rocher taillé en voûte, comme l'est celui de Percé ; les embarcations de pêche passent sous cette arche : elle à une longueur d’un quart de mille.

La brisée nous est favorable. Nous voguons voiles dehors ét à touté vapeur. En détournant k cap à l’Aigle qui se trouve sur Saint-Pierre, nous apercevons ile aux Chiens, avec som village et sa jolie église. Bientôt la rade se

déroule devant nous. Elle est couverte de navires pavoisés aux couleurs de France. La ville est en liesse. C'est le jour de la distribution des prix au collège, Il est dirigé par les Pères du Saint-Esprit et du Sacré-Cœur de Marie. En l’honneur de la jeunesse studieuse et récompensée, chaque capitaine au long cours a voulu donner un air de fête à son navire.

Petit à petit la ville de Saint-Pierre se montre à nos regards. Elle est sous le vocable de celui que le Christ a proposé à la garde de son église. Nom oblige. Saint-Pierre est dominé par un Calvaire.

Une statue de la Sainte-Vierge est dans une niche creusée le long des flancs du promontoire. Elle est connue sous le nom de Notre Dame des Fiots et sert d’amarque aux navires.

Ami lecteur ne vous est-il jamais arrivé de

comparer la vie du matelot à celle du soldat ? J'aime les deux. J'ai été soldat: j'ai une préférence pour le marin.

Le matelot lutte sans cesse avec la mort. Il n'y a pas de paix pour lui.

Les éléments voilà son ennemi! Il lutte contre | eux ; les mâts s’écroulent, le récif ronge le navire, la mort est devant lui. Qu'importe ? Il obéit. Il se bat contre l’immensité.

Le soldat blessé se couche : il sait que dans quelques instants une main amie, celle de l’ennemi de l'instant peut-être, viendra lui porter secours. Il s’efforcera de le sauver.

Il espère.

Le matelot lui est toujours, sans cesse pris corps à corps avec l’abime, S'il faiblit, si les reins lui ploient dans cette lutte de géants, si le navire s'ouvre, le flot, le requin, les coups de rasoirs du récif, les écrasements de la vague l’attendent. Alors il prie. Il songe à la patronne des marins : il balbutie l’Aze Maria. Il promet un pélérinage à Notre-Dame de la Garde, s’il est du sud ; à Notre-Dame des Flots, s’il est du Nord. Sauvé, il propage sans forfanterie mais fermement le culte de sa protectrice. Mort, la mer lui servira de linceul au moment-où peut-être il disait :

—S$Sainte Marie mère de Dieu priez pour nous

maintenant et à l’heure de la mort,

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