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ment-la Jocalilé, parce que l'acquéreur n'y trouvera pagautre chose que ce qu'annonce l'enseigne. Mon ane fait ensuiteressortirlesavantages incomparables qu'offriraitc@tle ville si elle existait telle qu’il-la conçue. Dés entrepreneurs se présentent, l'Américain leur vend très cher un mauvais terrain qui ne lui a rien coûlé, sur lequel il s’est établi librement elidont il veut se débarrasser avec profit, et sa fortune" est faite.
L'äprelé au gain, l’aiour de l'argent sont les’ péchés
mignons dés Américains. Ils y rapportent toutes choses. lis vénèrent Mammon comme certains peuples cultivent"
Bacchus et'd’autres courlisent Vénus. Make money! Fais de l’argent, dit le père à son fils sitôt qu’il a quitté les-noïx de l'enfance. Male inoneyf dit la mère à.sa
fillette, make money and be smart! Faire de l'argent, atteindre au plus vite et par n’impotte quelle industrie
à la fortune, Lels sont les invariables principes que l'an inculque à la jeunésse américaine. Bercée par celte perspeclive dorée, l'enfance s’y montre aussi ardente
au travail qu’elle”y répugne ailleurs; mais elle . q J Tépus y
gagne quelque chose d’empesé, de pédantesque qui choque l'étranger. Adieu l’infocence et la simplicité qui rendent cet âge si aimable sous d’autres cieux. Adieu celte belle insouciance qui en fait le bonheur. Tel n'est point le lot enviable de l'enfant yankee. Il a un air rogue et important. Il marche avec prétention en affichant les allures de homme fait. Il est fat. Il vous froisse par sa ridicule affectation. Il ne veut plus être traité en enfant. N'a-t-il pas été déchargé du joug de la soumission par les auteurs de ses jours, eux-mêmes? 1] s'attend à de la déférence. En un mot, c'est l'enfant démocrate tel qu’on hous le fabrique depuis bientôt vingt ans; d'enfant plein d’orgueil et de suffisance, oo 8 Tr
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bourré de demi-science et de sottise, lequel, à la vérité,
pourra bien faire son chemin et gagner de l'argent,
puisque tel est son mobile, mais qui a dépouillé toul
ce qui faisait le charme et les délices de l’enfance
chrétienne et verlueusc.
Avec de tels principes, il semble que l'Amérique devrait courir à l'anarchie, à la démoralisation et à la
ruine, comme nous nous y précipilons à grands pas.
Eh bien! non. Ce qui sauve l'enfance chez ce peuple, c’est le bon sens anglais, c’est le bon cœur allemand, c’est la’ foi irlandaise. Voilà les trois planches de salut sur lesquelles surnage la société américaine pour ne pas s ’engloutir ë Comme la nôtre. Quand cette fougue d’ambition s'est calmée, beaucoup de ces hommes adoptent ou reprennent vraie croyance et deviennent vertueux.
A la nuit tombante, nous traversons une dernière
fois le Missi-Sipiy au rapide des Sacks. A la ville de Saint-Cloud nous avions déjà parcouru 96 kilomètres depuis Saini-Pol. Le printemps répandait ses sourires sur ces-belles prairiés naturelles, océan de verdure au milieu duquel notre stage tirait des bordées comme une barque qui louvoie. Elles étaient alors couvertes de pulsalilles, de ficuires et de fumeterres jaunes. Chaque mois ÿ amène un changement de décoration et de coloris.
Du milieu des toffes de brome et de nard odorant bondissent des écureuils terrestres, barrés de noir etde jaune comme des gardes suisses, dont ils portent le nom (Tamias striatus). Le bruit de notre voilure met en fuile des voliers de beaux étourneaux habillés de satin noir êt portant un collier d’or, avec de larges oscelles blanches sur les ailes. Je crois que c’est l’/cterus canthocephalus d’Awdubon. Une autre espèce a les flancs maculés de rouge. -