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“L'Ouns-Jaune, cuer TomPpewar pu Lac RouGe.
L (D'après un dessin de M. Pelitot.) ”
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. LE DAKOTA. ET: LREÉSE NAS RRMANW- si “ 437, LR or
Après les "Sioux, tes chippeways, appelés par les <Métis Pillageurs du, lac: Houge, sont les sauvages-kes—— “plus corrompus et lès plis cruels da Nord-Ouest. Leur
figure aux traits caraïbes respire le vice et la dépra- .vation. Chèz les jeunes gens, les yeux étincellent Comme ceux du serpent et pétillent d’une malice diabolique. Chez les vieillards, ils sont à demi fermés et clignotants comme ceux de la panthère au repos et epue. Un menton charnu et proéminent, une bou che rarge et sardonique, d'énormes màächoires prognathes, garnies de dents fines et acérées que la caduciléne détériore point, dénotent chez ces hommes, que l’on N dirait dater de l’âge préhistorique, des appétits maté- \ riels, une sensualité de Sardanapale et des instincts de | rapaces. toi '
À ce portrail quin ’esl pas flatteur, quoique tracé par un sincère ami des Peaux- Rouges, joignez l’horrible bariolage du vermillon et une crinière inculte, toute : —reluisante de graisse, et vous aurez une faible idée de la noble physionomie de ces hommes de la nature.
L’Anikaxabang ou grand chef, l'Ours jaune, remarquable entré tous par sa laideur et une absence complète de toute parure, demanda à parlementer avec le capitaine des Longs-Couteaux du Sud. Une Métisse’ franco-tchippeway. qui se trouvait à bord, se présenta pour servir de trucheman, et le discours suivant fut sommairement traduit au poslillon-capitaine de l'Inlernational:
+ — Mon-cœur est triste, dit l'Ours jaune. et mes
eunes gens ne sont pas contents. Les Kilchi-Mokouman
ont pris nos terres, le pays de nos pères, ils nous ont
chassés dans ces prairies à l'extrémité de nos anciens
domaines, sur les confins du territoire des Bois-Brûlés,
po EE SAS TIRE
et maintenant ils veulent que nous mourrions de faim.
« Depuis que leurs grandes pirogues à moulin battent les eaux de la Rivière Sanglante, en vain tendons-nous nos filets: eu vain passons-nous des journées entières à l'affût du gibier ailé. Le poisson a disparu de ces eaux continuellement agilées. Le gibier a peur des grondements:et du sifflet de leur bateau; et nos petits enfants, privés de poisson et de viandg, meurent de faim.
« Depuis que les {raïneaux roulants des Kitchi- Molkouman parcourent les prairies, on n’y voit plus ni gazelles, ni chevreuils, ni bisons. Les animaux qui formaient notre nourriture s# sont enfuis vers les Montagnes Rocheuses, et, pouñles suivre, il faut que nous nous expatriions. Le bulfalo diminue journellement, et nos petits-enfants meurent de faim.
« Nous avons fait dire à notre Grand-Père que le cœur des Anich-inna-bérrok est dans l'enaui, parce qu'il est dur de déterrer la hache de guerre et de planter la “flèche rouge sur le sentier de l’homme blanc. Alors notre Grand-Père, qui a le cœur bon pour ses enfants du désert, nous a fait promettre des vèlements, du sonate (de l'argent), des munitions de chasse et des instruments de labour. Et notre cœur s’est apaisé, ct nous n'avons plus pensé à la hache de guerre, et nous avons continué à fumer l'Ouspicagan aux plumes blanches, calumet de paix.
« Maïs les intentions de notre Grand-Père n ’ont point été respectées. Les Grands-Couteaux ont la langue deu ble et fourchue du serpent. Ils ont pensé que les Anichinnu-béxok n'étaient que des vieilles femmes, et ils les ont méprisés en se moquant d'eux. On nos a fruslrés dans notre légitime attente; on nous a leurrés par ces
RE nage ro re more
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mensonges, et l'homme rouge a été dédaigné. On a continué à traverser son chemin de chasse, à remuer Peau de ses rivières pour en chasser le poisson, à faire
mugir les pirogues à moulin pour effaroucher le gibier; ei maintenant on vient de construire une pirogue
encore plus grande que celle qui existait déjà.
« On ne craint pas de pousser le cœur de l'Indien au désespoir et sa main à la violence. Et puis, s’il s'élève contre l’homme blanc, on l’accusera. Cest pourquoi je dis à mon beau-frère qui gouverne la grande pirogue à moulin, que la colère monte à nôtre cœur et que nos yeux voient tout rouge. J'en ai dit assez.
Tout laid et quelque méchant qu'il pût être d'ail. leurs, cet Indien parlait sensément et avec modération. Mais notre capilaine ne pouvait rien contre son éloquence native. Il n’était pas le fondé de pouvoirs du cabinet de Washington. Il n’était chargé d’aucune mission-vis-à-vis des Sioux ni des Tchippeways. Son
bateau appartenait à des Anglais, actionnaires de Ia
Compagnie d'Hudson. Il n’avait rien à+bailler aux Saulteux, sinon des encouragements à temporiser, le conseil de ne pas se révolter, la vague espérance que
les promesses de leur Grand-Père Lincoln seraient
accomplies dans un bref délai.
Comme les Tchippeways montrèrent qu’ils étaient bien décidés à ne plus se payer de grimaces, en compensation des avantages sérieux que leur faisait perdre la circulation .de International dans les eaux de la Miskwa-Kamaw, ils se prirent à murmurer en consultant les Métis du regard. Parmi ces derniers il en était qui avaient fort mauvaise mine, tout issus de Français qu’ils fussent. Ils se prirent à ricaner, à chuchoter entre eux en langue crise ou tchippeway. Un d’entre
eux me manqua même gravement de respect en me méprisant, parce que j'étais un nouvel arrivanl.
1 fallait se hâter de satisfaire les Tchippeways pour plaire à leurs relations métisses. Le capitaine fit donc répondre à ces Indiens qu'à litre d'AfEenin il ne pouvait rien pour eux, parce qu'il était à la solde et au seryice de la Compagnie de la Baie d'Hudson, et que
-nous nous trouvions à Pembina, c’est-à-dire sur le ter- :
ritoire américain, où il ne pouvait agir. Mais que s'ils
” voulaient se rendre à un kilomètre plus bas, sur le territoire anglais,‘il leur ferait un présent qui salisferait
momentanément {out le monde, en attendant que la Compagnie leur envoyät un dédommagement valable.
Ce sublerfuge réussit. Les Indiens qui étaient à bord descendirent à terre, et l’on ne garda que le lieutenant de l’Ours jaune, comme gage de la sincérité de leur parole et de nos promesses. La frontière américaine dépassée, le capitaine fit déposer sur lc rivage un baril de whisky de 36 litres, et nous fehoppames à la colère des Tchippewaÿs.
Alors nous fûmes témoins d’une scène hideuse. Le
baril fut défoncé séance tenante, et tous ces sauvages" ignobles et dépenaillés, ces femmes échevelées et les :
seins ballants, ces enfants qui n'avaient pas même sur
eux une ficelle, burent-à longs traits l'ivresse avec des :
éclats de rire frénétiques et une joie de démon qui me fit mal. Puis aussitôt, nous regardant d'un air stupide, l'œil atone, bégayants, titubants, ils tombèrent comme des masses les uns sur'les autres, sifflés, moqués, repoussés et brutalisés par les matelots et les orpailleurs
qu’ils venaient de menacer l'instant d' auparavant avec: :
tant de sagesse et de raison.
Quelques gouttes de ce poison que l’on nomme l’eau-
ne
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de-feu avaient suffi pour an r tous ces beaux discours; pour frapper de stérilité toutes ces menaces.
L’impression que me lissa cé spectacle ne s’est jamais effacée. Je compris en ce jour que si jamais on voulail détruire complètement les Peaux-Rouges, on pourrait le faire plus sûrement que par le fer-et le feu, jl suftirait de laisser un certain nombre de pipes d’eau-de-vie à leur disposition. L'Indien est incapable de surmonter une telle tentation. Il en accuse les Blancs de tout son cœur, parce qu’il comprend qu’on le leurre et qu'on le bafoue en l'empoisonnant ; mais il n’a pas la force de résister à la séduction de l'ivresse et il se Lue en les maudissant.:
Cependant ces hommes se souvinrent plus tard qu’ils avaient été trompés. Le printemps suivant, une longue clameur s'élevait dans la Minnésota el le Dakota, depuis Saint-Pol jusqu’à Pembina. Pour la première fois peutêtre, Sioux et Tchippeways, réconciliés et unis contre leur ennemi commun, faisaient main basse sur tous les établissements des Blancs, ct en égorgaient tous ceux des habitants qui n’étaient pas Sang-mèlés. De leur côté, les Pilleurs du lac Rouge arrètaient lZnternational et s’en appropriaient la cargaison. Il y avait sur ce bateau pour sept mille francs d’objets propres au culte et destinés aux missions catholiques du Nord-Ouest. Ils ne furent pas plus respeclés que les autres. On vit des Saulteux, revêtus d’aubes brodées et de chasubles étincelaates, se pavanér « devant leurs compatriotes et danser leurs sarabandes dans cet altirail sacré.
La vengeance dès Anich-inna-béwok avait êté tardive
. mais sévère.
Les missionnaires français et canadiens ont fréquemment essayé de- convertir au christianisme les Saulteux. .
Ils non réussi que partiellement ct sur un très petit nombre. Presque partout ils se Sont vus contraints de renoncer à leurs desseins. Semblable à l’hyène, le Tehippeway ne s’apprivuise pas ou rarement. A la - religion du Christ il préfère les.initiations de la Maëkiv ou magie, el les festins de chien blanc dans la loge du
travail ou Mitéwi. L , Leseptiôme jour depuisnotre départ deGcorgestown, «nous alleignimes enfin le fort Garry el Saint-Boniface, son voisin en face, où l'International nous fit l'honneur de nous déposer avant d’alier s'élonger dans les gaux de la rivière Assiniboine, sous les murs du fort anglais. Nous étions en pleine Nouvelle-Bretagne et dans le chef-lieu de la colonie franco-écossaise d’Assiniboya, devenue depuis lors province de Manitoba.
En\ 1862, Saint-Boniface était loin d'être une ville. Cè
n'élait pas même un village. C'était une localité. La .
paroisse de ce nom comprenait, à la vérité, 4,400 habitants. lous Métisfrançais avec un faible mélange deCana-
diens mais cette population minime était disséminée:
le long de larive droite de la Rivière-Rougc, entre la Seine et la rivière des Rats musqués. En face du fort Garry, très peu redoutable par lui-même et parfaitement solitaire dans la vasie plaine où s’est élevée de-
. puis comme par enchantement la ville de Winipeg, on.
: voyait un grand couvent de Sœurs de charité, qui y étaient installées depuis 4844 Ces bonnes filles y tenaient un hospite-ouvrt à toutes les nationalités ct à toutes les croyances, un peñsionnat de demoiselles, une
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école gratuite de filles qui comptait alors 88 èves, plus un orphelinal pour les deux sexes.
Comine pendant à cet établissement, mais assez loin en aval de la rivière, s'élevait le collège des garçons. que dirigeaient des prètres français el canadiens. Il est maintenant confié aux Pères jésuites, premiers missionnaires pionniers de la colonie.
Entre ces deux élablissements on ‘voyail les ruines
couvertes de cendres de l’ancienne cathédrale, sur les- -.
quelles travaillait une équipe de maçons, et tout à côlé une maisonnette en bois à un seul élage, qui élait l'évè- - ché provisoire, depuis que l’ancien palais épiscopal “avait partagéle sorte l’église. On y mangeail dans les basses oflices avec les écoliers, et on y couchait un peu
partout dans des boites en forme de ccrcueils qui, de .
jour, devenaient des banquettes pour les visiteurs de l'évèque.
Derrière celte résidence si pt u. épiscopale, qu’il séparait d’un repli de la Seine, un-bois de trembles et” de peupliers balsamiques formait dne ceinture aux coltages des Métis. | * Sur la rive gauche de la Rivière-Rouge, à peu de distance du fort Garry, on voyait une unique ferme. Entre ce cottage et le fort, quelques rares #ikiraps.de Saulteux d’où.sortaient des chants trainants et le bruit
des tambours de basque. nue
C'était la sauvagerie d'un côté et-à- peine une demicivilisation de l’autre: En cet endroit, la Miskwa-Kamauw “ Sipiy mesure 105 mètres de large et 12° ‘de prolondeur, | dans le milieu. Il n'y avait pour la traverser qu'un. méchant bac mal installé. Chaque habitant aisé possédait un bachot creusé dans un tronc de liard, qui ser vait aux besoins de-la famille et des voisins.
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A l'exception de 100 ou 150 Canadiens ou Européens,
l'entière population d’ Assiniboya € élait mélisse cl:
comptait des Métis français et des Métis écussais. Fort peu d'autres provenances. ‘
C'est une.belle race d'hommes que les Métis, grande, forte, robuste, bien faite el heüreusement douée, Si l'un ne connaissait l'aptitude des Peaux-lRouges en général pour tous les Lravaux manuels, l’adresse dont Fes Mëlis font preuie dans une foule de métiers sans les av oir
jamais appris parailrait prodigicuse. Quoi que ce soil
qu'entreprenne un Métis, il Ie conduit à bien. Faut-il diriger une caravane de trente charretles à Carlion- House, dans la Saskatchewan, ou à Saint- Pol, dans là
Minnésota, il ne recule pas et il y parvient. Voyager
est son bonheur, lasser, dompter et conduire des chevaux est sa gloire, Vous faut-il un adroit timonier pour vous piloter à travers un déedale“de chenaux où un labyrinthe d’ilots, pour santer de rapides fougueux ? Vous faut-il un rameur infatigable, un porteur robuste? Ne prenez personne autre que Baptiste, le Métis français. Avez-vous résolu d'entreprendre un voyage d'exploration ou d'agrément dans-le Far-West? Vous proposez-vous de chasser le bison, ou, comme il Pappelle, {a vache, au pied des Montagnes Rocheuses? C'est encore à Baptiste, le Mélis, qu’il faut vous adrésser. Dans les prairies cofnme dans les "bois, sur terre
comme sur l'onde, Baptisle se montre supérieur à.
nimporte quel spécimen de l’humanité, sans en excepter l’Indien. De celui-ci it a en partage l'aptitude pour les langucs, le sang-froid, l’aplomb, la sagacité, l’ins- Linct, le discernement des éléments et des pistes d’animaux, le regard d’aigle, l'oreille de lynx, l’accoutumance aux plus dures fatigues, aux marches forcées,
DE
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aux bivoues en plein air, à cette vie de Bohémiens el
de bohèmes qui fuit le tharime du désert.
© Mais Baptiste est supérieur à l’Indién parce qu'il est de notre sang, qu'il en à la délicatesse, l'urbanité ef les senliments; parce qu’il nous aime cl nous honore éümme ses compalrioles. Il est de beaucoup supérieur fu paysan parce qu ’ikn’est point fourbe et qu’il aun bon Sesprif, Si Vos voulez lui témoigner de l'intérèt, il vous * = (rendra lieu de tout, Tour à tour il sera guide, chasseur, pourtoyeur , cüisinicr, trucheman, canolier, menuisier, .postillon, maréchal ferrant, charron, macon, trappeur, agricuiteur, boucanier, etc. Et avec cela un compagnon
aimable et fidèle, riant et badinant avec indiflérenec ,
sous la pluie qui le transperce, aussi bien qu’au milieu des cascades écumantes qu ‘il, franchit en se jouant. .Abht un boa Mélis est un trésor, croyez- moi, et ces trésors-là sont communs dans le Nord-Ouest. Ce que je dis de Baptiste, je le répète trait pour trait de’ Souzelle (Suzelte), 84 digne moitié, et de Souzanne (Suzanne), sa fille bi:n-aimée.
On se dernande vraiment où et comment ces chastes et bonnes créatures ont appri tout ce qu’elles savent. A‘la maison, elles cousent, brodent, tissent, font de la - lapisserie, des vêtements, ges couvre-chefs élégants aussi bien que dés souliers sing [hrignons qu ‘ils rendraient jelouxun chaussetier. Elles répurentet fabriquentpain,
- gâteaux, beurre, savon; : sicre, sirop et chandelle. En.
voyage, elles font la cuisine, montent à cheval comme . des -hommes.. condüisent les : vébicules, préparént, et
y boucanent la viande, tannent-les. peaux et en'font.des.
habits d'homme ; elles fabriquent: ‘lu pémican et de la viande pilée. Ilen ême qui mmient le fusil comme