SRE ES —— se
Pal
Avec ers qralilés. elles sont douces, modestes, prudentes. ne parlant avec qui que ce.soit, hors leur mari et maître; el si bonnes chrétiennes! |
J'avoue, amis lecteurs, que je ne larirais- pas d’éloges si je pouvais demeurer plus longtemps sur Ce chapitre. tant j'estime, j'apprécie et j'aime de tout mon cœur nos bons compatrioles d'Amérique, les Métis
, français. Ah! il faut avoir comparé comme je l'ai fait, E acelte rare virile et chrétienne, avec tout ce qu'il y a d'avili'et d'impie, d'infâme et de désespéré dans notre nouvelle génération: populaire, telle qu’on nous la fa-
LS
___..-brique,-pour< omprendre etappréciér loute l'étendue de mon Hésenchantement el de mon mépris pour celle-ci, de mon aduiration et de mon amour pour celle-là.
La seule chose qui puisse consoler un cœur patrio- ‘lique, à la vue de nos défaillances, c'est que si nous dégénérons ici, nous sommes dignement représentés là-bas.
Les Métis ne sont beaux garçons que lorsque la pro- ‘ portion du sang blanc l'emporte sur le sang rouge; c'est à dire chez ceux qui sont au moins quarlerons. La face des autres tient plus de lindien que de l'Européen:
parce que le sang de la'mère l'emporte ordinairément-
- ,. sur celui du père. Ainsi, lorsqu'un Indien est marié à ne blanche. ses enfants sont blancs. Il en est autrement si la mère est Peau-Rouge, les enfants lui ressembleront, Ceci m'explique pourquoi, chez les Indiens,
les enf.nts appartiennent toujours au camp de la mère. -
.. Chez les Métis saut-en-arriére, c'est-à-dire’ qui s’allient avec de pures sauvagesses, : les enfants réprennent les traits durs et anguleux, la face largè ou en lame de couleru du Peau- Rouge.
Dans la mème famille on est parfuis témoin de sin-
LE DAKOTA ET LA :MISKWA-KAMAW-SIPIY, 163
gularilés frappantes : De deux quarteronnes, l’une sera parfaitement blanche avec une chevelure blonde, soyeuse ct bouclée, et une figure ravissante, tandis que sa sœur aura un visage d’Indienne, sombre, brun et sans beauté, avec une chevelure rude, noire et raide.
On trouve chez eux des types de loute couleur, de- © puis le rouge bistré jusqu’au blané rosé de l'habitant du nord de l'Europe; et des chevelures de toutes teintes et de tout aspect. Sous ce rapport, il est donc absolument impossible de {racer un portrait physique du Métis en général. Mais avec un peu d'habitude, on découvre facilement, d’après les linéaments du visage d'un chacun, les provenances alsacienne ou bretonne, gauloise ou écossaise, les mélanges cris ou lchippeway, ête-plate ou dénè.
À vrai dire, el au jour où nous vivons. il n'y a presque plus de différence à établir. à Manituba, centre les Métis et les Canadiens de notre sang, eu égard à ce que j'ai dit des croisements de race chez ces derniers. A Winipeg, on ne peut plus ies distinguer. Les uns el les autres nous funt honneur et n'ont’nuliement à rougir de-leur double extraction. D° tifleurs les Métis ont assez de bon sens el d’esprit pour air aucune fausse honte touchant leur naissance. Ils s'en gloritient même au besoin. Je suis bien de leur avis:
de me‘rappelle que, dès les premiers jours que j'étais avec eux, j'avais de la peine à prononcer le mot Métis, et jamais, au grand jamais, je n'aurais voulu lutoyer un de ces dignes compatriotes, de-crainte de froisser son amour-propre. Je fus bien vile guéri de ma discrétion vragérée. Je ne rencontrai pas, un seul Métis qui ne me dit aussilôt avec fierté, quand je le traitais de Canadien :
—: Pardon, père, je ne s’is pas Français de France,
moë, ni Canayen, Je s’is L’un mitif !, et ma mère est une
chavagesse directe. ,
Leur simplicité me touchait.
Quelquefvisdes jeunes zens, plus habitués à la langue indienne de Îeur mère qu’au français du Canada de leur père, ne me comprenaicent pas bien, de prime abord; mais pour moi, leur langage n’était pas pire que celui de nos paysans du Nord, ct je les entendais parfaitement. Seulement ‘leurs inflexions de voix sont crises où lchippways avec des chutes saccadées très drôles à entendre. | |
L’hospitalité des Métis st telle qu’on ne peut leur rendre visite sans qu'ils ne se croient obligés de vous servir des rafraïchissements. Refuscr scrait les blesser. Leur honnètelë se passe de clefs et de'serrures et peut dormir à poings fermés sous une simple tente de toile. Vartentils pour un voyage de chasse qui durera tout l'été, ils considèrent leur avoir et leur maisonneite en sûreté lorsqu'ils ont cloué une ou deux planches de-
vant les fenêtres ou en travers de la porte. Aimable,
simplicité des cœurs droits!
Entre Métis de provenance différente, on | observe les : mêmes divergences qu'entre leurs pères. Ainsi, les Mé- “tis écossais el anglais sont plus sérieux, plus amis de Finstruction, de l'agriculture, de la vie rangée et sédéntaire que nos Métis français. C’est chez les premiers que l’on.trouve les”propriétaires les plus riches et les maisons les mieux tenues. Toutefois, sous ce rapport encore et depuis-que le commerce à été permis aux Métis français, ceux-ci ont réalisé des progrès si éton-
L Métis.
LE DAKOTA ET LA MISKWA-KAMAW-SIPIY. : 1065
nants que certains d’entre eux ont acquis une très belle ‘aisance et ont pris des airs de gentlemen.
Au.demeurant, le Bois-Brûlé français est plus léger, “plus imprévoyant, moins ami du travail et moins per- .sévérant dans ses œuvres que son homonyme écossais. Il est pionnier; celui-ci est colon. Il est explorateur, chasseur et pourvoyeur; l’Écossais estcommerçant. Il est entrepreneur de lransports et de roûlage; l’autre est agriculteur et ami de la case. L'un et l’autre ont les défauts de leurs qualités; mais on serait ait injuste € de ne
7 luuer que l’un aux dépens de l’autre, de ce que leurs aptitudes et leur caractère ne se se ressemblent point.