Ce fut le paint de départ de la guerre qui ensan
3 glanta la Nouvelle-France et qui fit avorter dès son
LS ” berceau notre belle colonie. Le défaut d'initiative d’un . gouverneur français amena bien des maux sur cet infor tuné pays. En politique il n’y a pas de faute légère.
‘La moindre peut devenir la cause de grands désastres.
En 1686, d’autres Français dont on ignore les noms
découvrirent la riv. ière Sainte- Thérèse ou de la Mer, qui
* se jete dans la baie d'Hudson, parallèlement au fleuve Bourbon. Elle fut plus tard appelée Ifayes River par les Anglais.
De 1686 à 1687, le capitaine Le Moyne d’Yberville et le chevalier de Troyes se rendirent à la baie James par le cours de lOttawa, les lacs Témiskaming et
KV Abbitibi, et la rivière de même nom qu'ils découvrirent. Ils surprirent les Anglais dans les foris Rupert, Monsipi et Kikiichouan, dont ils s ’emparèrent, ne leur | laissant que le seul fort Albany.
- En 1688, M. de Noyon, chargé sans doute de quelque autre mission secrète pour le sieur Des Groseillers, se rendit à l'extrémité du lac Winipeg, après avoir hiverné à l’entrée du lac des Bois, sur la rivière Winipeg,
- « qui conduit, dit-il, au Jac des Assiniboiles et de là à la mer du Ouest ». Les Assiniboines lui proposèrent de
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COUP D'ŒIL RÉTROSPECTIF SUR UN PASSÉ odeur. “180
‘le conduire jusqu'à cette mer, où ils devaient aller en guerre au printemps « contre une nation dont les hommes" n'ont environ que trois pieds et demi à quatre de haut, et fort trapus * ».
El est probable que les: instances faites par iles gouvergeurs de la Nouvelle-France au sieur Chouart ne réussirent pas à le détacher des Anglais; car, en 1694,
+ Le Moyne d’Yberville passa de nouveau dans la baie d'Hudson, cette fois par mer, captura et coula à fond trois vaisseaux que les Anglais y tenaient, prit Port- Nelson et le détruisit, pour reconstruire une seconde fois le fort Bourbon.
Deux ans après, en 1696, le traité de Ryswick re-
- connut comme propriété de la France toutes les terres de la baie d'Hudson et du Labrador, à l'exception du seul fort Albany, qui fut laissé à PAngleterre, Pourquoi laisser au Chananéen un pied dans la Judée? Nouvelle
faute politique. à
Ce traité tranchait cependant la question en faveur de la France. Malheureusement celui d'Utrecht, conclu en 1743; renouvela Ja difficulté en cédant à l’Angieterre la baie d'Hudson et son territoire. Cette clause élargissait le pied-à-terre que nos bons voisins avaient adroitement conservé au nord de la Nouvelle-France. II aurait fallu que l’on indiquât à ce territoire des limites précises. Rien de plus vague que la teneur dé cette clause, surtout lorsqu'on F'applique à la mer. Quel est, je vous prie, le’ territoire de la Méditerranée, celui de PAdriatique, de la Manche ? On se demande réellement si les hommes politiques dé cette époque avaient la
4. Les Esquimaux de la baie d'Hudson. Pierre Margry, Décou ta vertes, elc., L: VI, p. 496 à 500 passim,