‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 73 sur 105 · LE GR LAG DES MAMELLES OU DES ESCLAVES · texte numérisé non relu

LE GR LAG DES MAMELLES OU DES ESCLAVES

. poudre et des balles, ete., contre de la viande, du poisson, de la graisse, des fruits, des peaux qui serviront à fairé des souliers et des vêtements, plus quélques four: “.rures pour en doubler nos gants, nos bonnets et nos 4 suitouts de voyage.

Ces exigences de notre position coûtent à la fierté du prètre. 11 lui répugne d’être débitant de tabac et marchands de vêtements confectionnés, de laisser le calice... el la croix jiour prendre la balance ét lé pied-de-roy ; mais il'faut qu’il s’y résigne, à moins qu’il n'ait un-Économe fidèfe qui puisse le remplacer dans ces fonctions mercantiles, en sauvant sa dignité de ministre de Ja religion; ou bien qu'il puisse vivre sans manger.

Outre sa nourriture, que le missionnaire doit acheter par des échanges en nature, il lui est également nécessaire d’avoir un ou plusieurs serviteurs des deux sexes, qui logent chez lui et qui ne le serviront pas s’il ne les rétribue convenablement. De’plus, il a des voyages à entreprendre pour la visite des malades, pour donner les exerciées religieux dans des localités privées de’ prétre ; el ces pérégrinations exigent des guides et autres serviteurs indiens qu’il lui faut également paycr. - ne pourquoi le missionnaire tient magasin chez ;

Voilà pourquoi il fait du commerce et s'entend, ‘même avec l'honorable Compagnie de la Baie d'Hudson: pour que son tarif ne soit ni au-dessous ni au-dessus de . -celui de cette société. S’il lui était inférieur, il provo- “querait des récriminations de la part d’officiers trai- {ants que le-missionnaire a intérêt à ménager; parce qu'ils sont ses voisins et qu il est souvent sous leur dé- . . pendänve relative. Mais son tarif ne saurait être supé- rieur aù leur; parce qu'il ne recevrait plus rien de ses | ë, ouailles, ” qui'ne “voudraient ni ne pourraient nourrir É cer {8

leur pasteur gratuitement, ou même avec perte pour leurs inlérèls mercantiles.

Les missions françaises du Nord-Ouest ressemblent , donc à de petils forts où l'on voit, à côté de Péglise qui est la construction principale, une maison d'habitation pour les missionnaires, des cases pour: les.scrviteurs et leurs familles, un hangar À provisions, une poissonnière, et enfin el mallieureusement l'inéfitable LUUTOUR aux marchandises-monnaie.

Bien souvent même elles sont dotées d’un mât de pavillon où l’on arbore le drapeau de la France, qui est. » aussi celui de la partie française du Canada, à eôté-de— l'étendard de la croix. | ___ : La nécessité où se-rouvent les missionnaires de se — livrer à cette espèce de commerce et à colporter toujours avec eux l’amont de marchandises nécessaire à k subvenir à leurs dépenses, n’est pas le moindre désagrément de leur position. Elle les assimile, jusqu’à un cerlain point, aux négociants pelletiers anglais, bien que le prètré se fasse. un devoir de ne jamais traiter d’au- - tres fourrures que celles qui lui sont strictement nécessaires pour son propre usage. I/Indien est judicieux, mais il est ignorant. Il ne juge des autres que par luimême; et ce n’est qu ‘après de Tongues années de patience, de zèie et de charité. que le prètre peut lui faire comprendre qu’il n'est point améné- chez lui -par: Va mour du lucre, ni par le désir de se livrer à des spécu- +. lations commerciales; mais dans le seul but d’être utile. à son àme, en se consacrant à son instruction et à sa. sanctification..

Dans certaines localités, . celle traite *; obligatoire

, 1. Le commerce est appelé traite, en Canada. — LE.

LE GRAND LAC DES NAMELLES QU.DES ESGLAVES Te

pour sa subsistance. a-élé si onéreuse’au prètre el si inal inter prélée par la population, que les missionnaires ont préféré s'adresser à la Compagnie d’ Hudson pour reccvoir d'élle leur pr'ét ! quotidien, plutôt que de le demander.aux sauvages moyennant celle rétribulion en nature. Mais la Compagnie ne Le peut pas loujours, quelque bien disposée qu'elle soiten faveur des missions.

# Que le-lecteur me pardonne ces détails. JIs étaient 7 "7 nécessaires à cause de la vitalité-de cette ‘question, et/ 7

paree que les élablissements de missionnaires, — qui

ont été allaqués bien mal à propos pp r Fcérlaines gens ——matinfonmés— sont tout ce qure 662 Luc

dans des ‘pays qu'elle pysséda jadis ; la seule chose qui puisse entretenirsoniniluenceet y perpétuerson BOUVE- 7. nir, Le temps n’est peut-être pas éloigné de nous où les descendants de ces Indiensque nous avons convertis à notre foi, ignoreront jusqu’au nom des apôtres français dont leurs ancètres surenl appréticr l aménité, le cou-, rage ct l'énergie.

Nous ne pûmes séjourner longtemps au fôrl Résolu- 4 tion. Le départ des barges devait avoir lieu le même k jour. Elles devaient venir me prendre à l'île delOrignal dans ia soirée. Mais, avant leur retour, le Révérend .M., mon compagnon de voyage depuis la Rivière itouge et que le lecteur h’a sans doute pas oublié, se présenta à la mission Saint-Joseph. ‘ — Je viens vous faire mes adieux, master Pêtitott, °° me dit-il. Vous àllez demeurèr ici, parait-il ? : = Mais non, monsieur lui répondis-je. Je væis de- . wande pardon, je suis destiné au na — — Ahtoh! vous allez à la Grande-Rivière ! Je sup-

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