‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 75 sur 105 · LE GRAND LAC DES MAMELLES OU DES ESCLAVES · texte numérisé non relu

LE GRAND LAC DES MAMELLES OU DES ESCLAVES

tout en le soumettant à dès lois restrictives. Gette scène | odieuse ne le prouve que trop. How shoking it was!

—- Vous m’étonner, sir, répliquai-je, N’avez-vous pas lu ce que. dit Jésus-Christ touchant cette question :

« Que “celui qui divorce commet un adultère; et que ,

celui qui épouse une personne divorcée-est également —adülière? » Moïse n'avait toléré cet abus chez les : Hébreux qu’à cause de la dureté de leur cœur.

— Que pensez-vous de-kr-polygamie-?-continua-t-il sans insister. Et comment vous proposez-Vous de vous conduire vis- avis des polygames ? ‘

.— Je n’en pense ni plus ni moins que tout bon ‘ chrétien, lui dis-je ; à savoir que la polygamie ne saurait être tolérée en aucune façon. Lisez donc l'Évangile. |

— Eh bien! pour moi, continua sa Révérence, je ne me sens point capable de bläier sur ces deux points les malheureux sauvages (the pitiable Indians), soit qu'ils se séparent de leurs femmes, soit qu'ils en prennent plusieurs ; ‘parce que lel est l'exemple que®nous ont donné les patriarches Abraham, Jacob;"Moïse, David et autres, qui furent tous polygames et divorcèrent :. avec certaines de leurs femmes. Ce qui était licite alors. ne saurait être devenu criminel de nos Jours :

Jememisärire. *

[__ — Vous êtes donc juif, sir, m'écriai-je et vous venez.

ici pour faire des juifs? Libre à vous. Maïs nous, missionnaires catholiques, nous nous honorons du titre de chrétiens, et, comme tels, nous ne ne connaissons qu’une loi: la loi.de grâce préchée par Jésus- Christ, : qui confirme là force obligatoire du Décalogue tout en nous affranchissant'de ce qu'il y-avait-de trop grossier et charnel dans la loi mosaïque. Je suis vraiment peiné de voir que.vous n’ayèz pas mieux compris la

religion chrétienne avant de l’enseigner aux Indiens. Le malheureux prédicant ! Je ne lé savais que trop qu'il n'avait que des opinions et point de foi. En fait de philosophie et de théologic, il ne connaissail que ’éclectisme de Victor Cousin qu'il citait en-toutes rencontres ei portait aux nues, gncalfectant d'apprécier ce qu'il appelait « ses idées.si prôfondes et'si cansolantes ”, un panthéisme mitigé | | - Nous avions déjà ‘eu plus-lune-oceasion-denous convaincre, Grouard el moi, que comme leacher of chrè is- + tiaity; , cet homme était une nullité. N'ayant pas la foi, il ne pouvait la communiquer à autrui. Mais il possédait un lot qui est plus opposé que cette absence de con-. victions à la réussite d’un apôtre : il avait une bonne dose de sottise, et c’est ce qui excusait le pauvre diable. 1 nous débitait quelquefois les niaiseries les plus extraordinaires pour un homme de son caractère. Un jour de pluie, au lac des Bois, pendant que nous recevions sur le dos en grelottant, Grouard et moi, Iles douches célestes, le RM. sc prélassait dans un waterproof, par dessus lequel il élevait et étendait avec vanité le parachute de son large parapluie. Il s’avança vers nous avec un sourire protecteur sur les lèvres, et faisant la roue dans ses bottes et son macfarlane de gutta-percha,; comme si ces vêtements eussent ajouté à ses mérites personnels :

— « How can you thinks, nous dit-il, comment voulez-vous que les misérables sauvages puissent « résister à léloquence d’un homme vêtu d’un costume aussi beau que celui ei (in so fine a suit of beautiful clothes)? avec bottes imperméables, æuter-proof et une ambrella comme celle que je tiens à la maïn ? Ces choses sont trop extraordinaires pour qu’elles ne-donnent

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