| } . VOYAGE EN BARQUE SUR LE LAC DES ESCLAVES
une inscription de laquelle je ne pus déchiftrer que le mot WAR (guerre), en grandes capitales romaines, qui commençail une phrase. Les jambages des lelires sc déplaçant au fur et à mesure qu’ils s'unissaient, je ne pus liré linscriplion. Puis nous vimes l’Union Jack amené el remplacé par le drapeau rith stars and stripes. — Le pavillon des États-Unis? - " — Lui-mème. Vous voyez bien qu'il n y avait pas de ‘mirage là dedans. | | = Êt qu'est-ce que vous avez auguré de ce météore? ; — By Georyes! Je n’en Sais rien. Je n’ai rien augur- , du lout; à moins que ce ne fût le pronostic de la grande guerre américaine ct dé la cession du fort
Youkon aux Yankees. ‘ k : — as possible! Qui vous le fait supposer? | Lou Ge que je viens de vous dire, diable! Puis, je crois
. 7" aux x Fam master Pèlitott : et année dernière s" .pnous avôns eu, au fort Youkon, une foule de manifes- © tations spiriles d AS “invraisemblables.
Mais je ne l écottai S plus. J’avais souri d’un air incrédule, et cela avait empêché mon interlocuteur de conti- Mer son récit. Cependant jé | ferai observer à mes ainhbles lec{éf à que ceci eut lie avant la guerre dé la
y ‘ ne péssät en la possession des États-Unis pour dev enir
État d’'Alaska. Il n’en était pas mème question.
| L'hiver suivant et d’autres après, je devais apprendre sur le fort Youkon une foule d'événements extraordinaires que je relaterai en leur temps et qui ressemblent beaucoup à ceux du presbytère de Cideville, rapportés par M. de Mirville. Il en résulta la conversion au catholicisme de la famille,savanaise de Charles Wil. liam Burke, et le départ d'un commis de Youkon, que
les effets par trop charivariques de ces manifestations ghostales mirent bellement cn fuite.
Mais pourquoi anticiper?
Je demeurai vingt jours à la mission Saint-Joseph de l'île de l'Orignal, dans la-compagnie de mon excellent et docte confrère M. Emide Éynard, que j’aidai à faire et à serrer sa récolle. . ee
J'en donne ici le rendement à tilre de renscignement sur Ja fertililé du grand lac des Esclaves. Pour deux ares de terrain seulement, elle s’éleva à 52 décalitres 50 litres de pommes de terre, et 4 dècalitres de chouxraves dont un três grand nombre étaient aussi gros que maïtête. Ce fut tout. :
Ce ban confrère se dépouilla en faveur de la mission naissante du Rapide d'une valeur de 410 kilos de provisions, outils et marchandises J’en composai moimème 22 colis, pour lesquels j’obtins passage à bord de la barque Aurore qui devait partir pour le fort Simpson dans les premiers jours d'octobre.
Pendant mon séjour sur l'ile de l’Orignal, j'expérimentai une fois de plus l’astuce de M. L. Son prédécesseur, M. Anthony Mackenzie, que j'avais vu au fort Norway-Ilouse, au mois de juin, avait emprunté de M. Eynard pour la valeur de 400 pelus en marchandises sèches (600 francs), qu'il s’était engagé. viré rore à lui
‘rendre cette même automne, pelu pour pelu, L
Nous allâmes ensemble, M. Eynard el moi, réclamer celte somme au nouveau facteur du fort Résolution.
L. nous fit une querelle d’Allemand, parce qu'il ne trouva pas, dans les registres du. fort, une seule. ligne qui juslifiât de notre part cette réclamation. M. Mackenzie n’avait pas couché cet-emprunt sur son. livre de comptes; et M. Eynard, daris sa bonne foi de .
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prètre, fort peu rompu aux affaires commerciales, n'avait pas exigé de ce marchand le moindre reçu.
7 M. Eynard invoqua le témoignagne de deux Métis, serviteurs du fort, qui, pour faire la cour à leur bourgeois, nièrent rien connaitre de cette affaire. Cette lacheté me valut de rompre ma troisième lance avec M. L. Elle futraide; mais il parut se rendre de bonne grâce, lorsque M. Eÿnard lui réclama la récolle d’un champ de pommes de terre qui avait été ensemencé par la mission, sur un fonds alors sans emploi, appartenant au fort, et du’ consentement de M. Mackenzie qui en avait touché le prix convenu. |
Nouvel orage'encore plus terrible que le premier :
— S'il en est ainsi, s’écria L., je n'ai plus qu’à vous donner les clés de mon fort et à partir d’ici, puisque luut vous ÿ appartient.
Je dus encore prendre la défense de mon débonñäire «énfrère qui se laissait intimider par les éclats de voix de L. et lui aurait abandonné toute-sa propriété. En insistant avec fermeté, je lobtins de l'irascible et pétulantÉcossais, qui finit par nous inviter à diner et définitivement conclut la paix avec nous inter pocula. A la sxérité cetle paix lui coûtait peu;'car elle était € imentée avec de l'eau claire, et, s’il eût fallu en croire : le vieil adas e, quelque inexplicable qu ‘lsoit:< Croyez cel Bip vez, de l'eau ! » nous-aurions pu prévoir que . cetté& concorde n ’était qu’extérieure et superficielle. Toutefois elle ne fut plus rompue. Les 400 pelus nous
furent restitués, les pommes ‘de terre transportées à la :
mission, sous le nez des deux serviteurs parjuresi- et M.:L. devint dès lors aussi aimable qu'il avait été ‘arrogant et mal en mains.
Hélas! ce fut moi, innocent et ingénu, qui payai les
pols cassés par l'extrème confiance de mon compagnon. L'année suivante, j'étais en charge à sa place, et M. Eynard était transféré à Athabasca, dont le supérieur venait d’être promu al épiscopal. TE roÿais me conduire en missionnaire prudenl”et économe, lorsque je fus révoqué et remplacé par M. Lallongé qui n'avait pu Lenir le coup au fort Bonne-Espérance. Je‘me demandais ce qui avait pu m’attirer du provicaire celle déchéance imméritée, lorsque je reçus de la Rivière Rouge une verte mercuriale Louchant les dépenses extrayagantes que l’on m’accusail-d'avoir faites à Saint-Joseph, pendant l'année 4863. La Compagnie de laBaie d'Hudson au fort Résolulion ne chargeait pas moins mon comple que d’un débit de £$ 95, ce qui. fait 1,800 pelus, soit 2,250 francs! | Or, tout ce que je me rappelais avoir demandé à : ” M\L. avait été deux carreaux de vitres, une livre de -mas, une vessie dé graisse dure de cinq livres, et __. huit joùpnées de scieur de long. En évaluant chaque journée du scieur à raison de douze francs par jour (ce qui ne Xe peut. dans le Nord-Ouest), il y en aurait eu pour 96 \francs. Mais cet homme m'avait été prêté gratuitement, à condition que l’un de mes serviteurs, le Canadien Narcisse Pépin, conduirait le packet,-le- - - printemps suiyant, à la rivière au Sel; ce que j avais | fidèlement exécuté. ou Quant aux articles susmentionnés, ils pouvaient s'élever en tout à 20 francs. Où done avait- où pris les
autres 2,930 francs ?
Je me creusai longtemps la tête se trouvèr une solution à celte énigme, quand je me rappelailes 400 pelus prèlés par M. Eynard à M. Mackenzie et rendus bien à côntre-cœur par M. L. eu égard à mon
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