VOYAGE EN BANQUE SUR LE LAC DES ESCLAVES
qui, selon lui, élait le type consommé du Jésuite et du jésuitisme.
Ce fut à celte occasion que je rompis ma seconde lance avec L. sa
En 1855, L. fut envoyé à | la grande rivière des Poissons, en compagnie de MM. Anderson et Stewart, à la recherche des compagnois de sir John Franklin. Revenu de cette expédition, il rebâtit le fort Reliance avec un des fils de Beaulieu surnommé the King.
Ceci me prouva qu'à cette époque L. n’était qu’un simple ouvriër charpentier. Dans ce cas, on conçoit que sa grossièreté était excusable.
Beaucoup de ces gentlemèn du Nord-Ouest ont débuté : effectivement par ètre de simples manouvriers, des … pêcheurs, des” marins, ct se sont élevés par leur intel.
ligence et leur mérite à des positions supérieures. Cela les honore. ‘ É -
L. fut ensuite envoyé au fort Mac- Pherson, sur le fleuve Peel, et de là‘ au fort Youkon, dans l'Amérique y... Russe. De ces deux postes de commerce il me raconta | des inelfabilités qui me prouvèrent que, à défaut decon- , victionsreligieuses solides, le jeune orangiste possédait une forte dose de superstition, sans compter le don de seconde vuë (fore sight) qu’il s’attribuait comrne tant d'highlanders.
| — Quand) J'étais à la rivière Plumée (Peel. River), n me dit-il, je connaissais téujours d'avance par mes rèves
quand il devait m’arriver des ! Loucheux ou des Esquimaux, et en quel nombre ils se trouvaient: . . Pour qu'un homme puisse affirmer sérieusement une telle baliverne, il faut qu’il soit bien sot ou qu’il croie , son interlocuteur bien crédule. | = 77 — Au printemps de +860, continua-t-il, j’ai élé u
ŸE sir
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témoii au fort Youkon d'une chose vi raifnen extraor-
ni dinaire : il élait cinq heures du soir, mois de j juin,
lorsque je vis apparaitre dans. les airs l’image du fort
Youkon en traits lumineux. semblables à ceux d’une
«urore boréale: à celle ‘différence près que ses
l contouts étaient immobiles et ne vacillaient pas comme
les éclairons. Je distinguais parfaitement les.palissades
du fort, ses bastions. le biockhaus, les maisons d'habitation et même le mat de pavillon.
— C'était sans doute lefïet de l'un de ces mirages en vertu desquels une personne placée sur une hauteur. voit son spectre se reproduire dans les airs avec des
‘ proportions colossales ou même natureiles, mais entouré d’un halo. De semblables phénomènes ont élé ubservés däns les mers polaires par des temps brumeux
. uvee soleil. s
— Je suis trop accoutumé aux effets dyfhirage, reprit M. L. avec un suurire. ironique, po ne. ‘ change à mes yeux d'une manière aussi gro 4 L'air était pur, le soleil brillant, et c'était au bord: dû fleuve Youkon el non sur des montagnés que cela avait lieu! Quatre de mes servileurs en furent témoins comme moi, entre autres Peter Erasmus. , - |
: , — Alors ce doit ètre quelque chose d’analogue au phénomène de la Fala Morqana.de Messine ;'mais sans ES sortir du genre‘mirage. |
(à protesta de nouveau. Î aurait voulu que je crusse
à une intervention divine ou à une manifestation spirite. y . —de vous assure quil n'ÿ avait rien du mirage dans te que j'ai vu.-
« Ceite brillante représentation dura dix minutes, puis elle se : disloquä. Bastions, bléckhaus,pälissades et - poteaux sè disjoignirent et se brouillèrent, pour former