VOYAGE EN BANQUE SUR LE LAC DES ESCLAVES
— Si on le demandait à au prètre? hasarda le commis écossais.
— Le Père dort, dit la veuve. On le lui demandera juand il s’éveillera.
Et clle se reblottit sons sa couverture.
Mais le Père semblait dormir avec une obslination désespérante. ‘
Avec le jour, le froid et le vent redouhlèrent, Gelui-ci soufMlait avec une telle violence que je me demandais comment notre harque non ponlée pourrait tenir le lac. À voir seulement les grandes James qu'ilsoulevait sur celte petite mer, la fureur avec laquelle il en décapitait les têles écumantes qu'il dispersait en larges embrüns, les plus braves étaient intimidés.
Au bord de l'eau régnait une ceinture de glace dans
laquelle des sarcelles et des pluviers, ‘attardés ou paresseux, s'étaient laissé prendre par les pattes. C'était
pitié de voir les efforts inutiles que faisaient ces pauvres oiseaux, pour se dégager de celte glu naturelle et
prendre leur essort vers le sud. Ils y trouvèrent la mort et fournirent à. notre déjeuner.
‘Pour la seconde fois, le timonier Iloule demanda à
l'officier :
— Faut-il partir, n’sieû? Le vent est bon.
I don't know, répondit PÉcossais. Ce n’est pas mon affaire. À vous de juger du temps et de donner le signal. ‘Qw’en pensez-vous ? u
Le Métis se gratta l'oreille.
— Il vente ben fort, dit-il d’un air qui semblait
demander grâce. Si ça dépendait rien que de moë je.
ne partirais pas. Cependant si ces gens-cite veulent
partir, je veux ben itou. Eh ben! nos gens, asou soutel,
:yénoushen a? Voulez-vous partir!