‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 9 sur 105 · FL · texte numérisé non relu

FL

Le bazar]Lehmann emploie 900 commis !.

Les quailiers nouvellemént construits de Chicago splendeur que je n'ai point vue ailleurs, Le boulevard /qui fait face au lac, surtoul, esl une succession dy palais, de demeures princières qui rivalisent d’éléganée, de Inxe et d’un bon ton suprême. La partie commgeiale de la-ville vaut les boulevards de Paris, quanfÿ/aux boutiques et aux façades. J'ai surtout admiré

le Ciy Hall, superbe.palais à quatre fiçades el X trois 7

étages, où les marbres précieux, le granit et le porphyre se superposent en plusieurs or dres d'architecture du plus 8 grand effet.

Cest à Chicago que les Américains ont aujourd'hui

l'air le plus cosmopolite. On y rencontre fort peu de ces Yankees traditionnels à l'allure guindée, aux larges

épaules voûtées, aux longs cheveux et à l'air plus que vulgaire avec leur barbichè et leur visage émacié. Les incessantes immigrations venues de l'Allemagne, de lirlande, d’ Angleterre, d'Écosse et du Canada,s ont donné à ses habitants actifs, intelligents et- industrieux, une allure tout européenne.

‘ Par contre, la simplicité et la piété austère des puritains en sont bannies. Le luxe, le travail du dimanche, l'amour des plaisirs, lé vice, s’y affichent de toutes *part$ pour attéster que la dose du mal contrebalance " de beaucoup la somme des biens que la .Gvilisation a

. apportés à Chicago.

Noustravérsämes le Wisconsin pendant la nuit, dou- |

cement endormis dans notre: sleeping car. A 5 héures du matin, le'8 mars, nous nous trouvions. à Mifjnésta-

1iLe Cullivaleur, septembre 1882, passim. si F $ > ;

Junction où nous quittimes la ligñe de Milaukeé

pour nous diriger vers La Grosse, sur le Missi-Sipiy.' Le sol est partout riche ct fertile, ainsi que l’indique.

le mot Milraulkee qui, en tchippeway signifie bonne

terrc!, Cest unterreau noir el odorant, analogueà notre terre de bruyère. Nous le retrouverons, dans les.vastes

| rairies de l'Ouest, On y pratique la culture sur une

très vaste échelle.

À Portage-City, un gong] retenlissant nous convie à

un déjeuner à la chinoise qui nous est servi ‘dans le:

refreshment room de l'hôtel du chemin ‘de fer. Il est souvent très difficile, dans cs Étals. dc trouver une gare. L'édifice qui porte ce nom ou plutôt celui de dépot n’étant'le plus souvent. qu’un simple petit hôtel-

restaurant desservi par de grandes filles efflanquées ”

et sans tournure, : voté comme des poupées et sérieu-

ses comme la papesse Jeanne. On y est écorché de

main de miaitre. Le plus simple meal s'y paye 75 cents.

. À la vérité cette somme équivaut, en Amérique, à

75 centimes de notre monnaie payés chez nous. Mais pour le touriste français, elle n’en est pas moins 75 sols, soit 3 fr. 75. Or à ce prix, à Paris, on peut faire

An répas copieux et d'excellente qualité. En Amérique,

où je n'ai jariais pu trouver à en faire à méilleur mar- !

ché, on a pour cette somme :'un affreu bouillon d' eau :

chaude poivrée dans laquelle nagent des huîtres bouil- ‘lies, quelque chose d’horripilant ; plus quatre ou ing

soucoupes chinoises qui contiennent : l’une un parci--” monieux petit morceau de rpastheef de trois centimètres . carrés ;-une-seconde, deux cuillerées de flâgeolets sans

aucun assaisonnement; une. troisième, arte petite pomme de térre bouillie; une quatrième, quelques 4 , Fo Fo . *

Page 1