‹ En route pour la mer GlacialeChapitre 92 sur 105 · Revue d'ethnographie, etc · texte numérisé non relu

Revue d'ethnographie, etc

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divisée par une cloison qui séparait la pièèe où nous

couchions d'avec une pelite saîle faisant”suite à notre chapelle domestique. Notre chambre avait d'abord recu trois lits informes en gros rondins garnis d’un treillis en lanières. Ils furent remplacés par des cadres de marine superposés. Chacun avait le sien. Dès lors, le pauvre frère put se délasser quelque peü de toutes ses

fatigues, tout en fabriquant pour l'hiver notre provision L

de savon et de chandelles.

‘Après avoir obtenu un lessif avec des cendres bouillies, il y mêlait de la graisse fondue et un peu dé résine de sapin, et faisait-bouillir le tout jusqu’à épaisissement et mixtion parfaite. Retirant ensuite ce mélange du feu, il y jetait du sel pour que, en s'unis-

sant au lessif, il formât un aleali qui pût décomposer : -# mélange et en précipiter la matière grasse. Et le. savon ou plutôt la perlasse se trouvait fabriquée. L’eau

en était égoultée, puis la pâte, d’un vert pâle, coupée en morceaux-cubiques, était mise à refroidir.

Comme on'le voit, notre vie de Robinson ne,cessait pas de continucr.

La fabrication de la chandelle nous occupa tous les

deux. Le procédé-est des plus simplés. Nous préparions . quantité de mèches d’égale longueur avec des fils de”

coton en pelote. Nous les 'enfilions dix par dix sur des brochettes de bois. Nous remplissions ensuite d'eau

‘tiède une barrique dans laquelle nous versions une

chaudière de suif d'élan fondu et bien chaud. Puis nous trempions dans ce suif une et chacune des dizaines de mèches, que nous mettions ensuite à: égoutter et à figer, en reposant les deux extrémités des broches sur

deux tréteaux. Quand toutes les mèches avaient ététrepées nous recommencions lopération autant de

fois que cela était nécessäire pour que Îles chandelles, atteignissent le calibre désirable."

Une troisième occupaliün ñ fut la teinture en noir de vêtements en peau ou «en laine, au moyen de l'écorce d’aune bouillie avec du moulard de meule. Ce genre de teinture est usité au Kamtchalka ainsi que chez les

‘ Sibériens septentrionaux.

Outre mes éludes linguistiques, je donnais. des leçons de calligraphie, de géographie et d’arithmétique aux deux jeunes Métis qui nous servaient; tandis que

- l'évêque administrateur faisait la classé elle catéchisme

en langue crise aux. époux Piché, dont la femme était une Savanaise protestante qui désirait embrasser la foi catholique. om

Ainsi. s’écoula ma vie de Robinson j jusqu’au 8 décem-.

.bre“jour où j entrepris mon premier voyage à la “raquette. Ainsi se termina ma première année passée . dans le Nord-Ouest.

Nous aurions bien désiré alors que les personnes qui

. Rous avaient nargués et raïlés, trois mois auparavant,

vissent les résultats que nous avions obtenus par la puissance de la volonté et l'énergie que donne la nécessité. J'admirais le courage et la persévérance de notre "supérieur, qui avait déterminé, et créé cet établissement en dépit des hommes et des événements, bien que je n’aie. jamais compris pourquoi il nous avait . imposé cette tâche, ni pour quelle raison il avait choisi un tel emplacement. -

L'œuvre résolue, elle n'avait pu être mieux exécutée,

“eu égard.à la saison, à nos faibles ressources et aux

‘ouvriers qui nous avaient aidés, ‘ É

Mais M. Boisramé élait sur les dents: Son estomac, dégoûté du poisson bouiili ou rôti, ne digérait plus.

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Lui et moi soupirions après la viande qui n’arrivait pas,

parce que la température s’obstinait à demeurer calme;

et que, pour chasser l’orignal, le vent est nécessaire.

Les travaux étant finis, il ne nous restait plus à moi

qu'à étudier, à Boisramé qu'à se reposer. M. l’adminis-

trateur crut mieux faire : il nous envoya tous deux

à lV’ilé de l’Orignal pour y passer les, fêtes avec le bon . :

M. Eynard. ‘ To D Dès lors commença pour moi une série de voyages

qui devaient me conduire enfin au fort Bonne-Espérance,

dans le bas Mackenzie, et ne plus cesser pendant vingt

‘ans. . .

J'espère bien pouvoir les raconter à mes bienveillants

lecteurs en temps opportun.

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