RUE DU VIEUX-COLOMBIER
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INTRODUCTION
Vingt ans de séjour dans les territoires canadiens du Nord-Ouest, vingt-cinq mille lieues d’incessantes pérégrinations, divisées en quatre-vingt-seize voyages de long cours sur la terre et sur l’onde, effectués au moyen de tous les appareils locomoteurs connus, — à l’exception toutefois du ballon, — voilà ce que j’ai entrepris de raconter à mes bienaimés compatriotes dans un but d'utilité aussi bien que de distraction, au retour de ma vie aventureuse et agitée.
Ce ne sont point d'anciens voyages que je viens . narrer au public, c’est une vie de vingt années de voyages qui ne s’est arrêtée qu’en 1883, et par conséquent hier. Les relations trop vieilles sont incomplètes ; les voyages trop récents ne nous apprennent rien du passé. Mes ouvrages auront l'avantage À de joindre ces deux extrêmes en montrant les
INTRODUCTION
progrès du temps, de l’industrie, de la religion et Æ C’<
4 du commerce dans le Nord-Ouest canadien. Æ rent Au delà du Manitoba, dans le nord, les pays sont | viren stationnaires et à peu près tels aujourd’hui qu'ils Æ Ce 80 étaient il y a vingt-cinq ans. C’est vers l’ouest que % cains se porte la civilisation. race € Ce premier volume est consacré au voyage de % detre trois mille lieues qui des bords ensoleillés de la facon Méditerranée, sur lesquels s’écoula mon enfance, À ma c me transporta sur les rivages arides ou maréca- À depui geux du grand lac des Esclaves, cette petite mer elle y intérieure de l'Amérique du Nord, qui devait être Le le premier théâtre de ma vie de squatter et d’a- pays pôtre. | tures Les jours de l’homme du nord s’écoulent dans de et doi
perpétuels travaux, dans des tâtonnements et des À avecc progrès successifs qui sont le fruit de son intelli- Mes gence, de ses efforts ou de son adresse, mais tou- À tout c ‘ jours d’une volonté opiniâtre que ne doit point ratewr abattre l’insuccès. Il ne peut faire d'apprentissage ! factioi nulle part; il doit trouver dans sa propre industrie et del les ressources dont il a besoin pour accomplir ses À projets. d
A cette galère bienfaisante de la nécessité qui 4 stimule ses facultés, l’homme gagne autant en virilité qu’il perd ailleurs dans un autre milieu où chacun a besoin d’un chacun et ne peut se suffire à lui-même.
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INTRODUCTION. 3
. C’est dans ces combats pour la vie que s’illustrèrent ces anciens coureurs de bois français qui servirent deprototypesaux héros de Fenimore Cooper. Ce sont eux qui ont fait de nos descendants américains, les Métis du Canada et de la Louisiane, une race exceptionnellement virile et apte à toute espèce de travaux. Ce sont eux enfin qui endurcissent et façonnent nombre de missionnaires que la France n’a cessé d'envoyer dans ces régions lointaines depuis le temps où elle les donna au monde et où elle y régna en souveraine.
Le peuple français a donc intérêt à connaître les pays qui furent le théâtre des exploits, des aventures ou des labeurs de tant d’enfants de la France, et dont personne jusqu'ici ne l’a encore entretenu avec connaissance de cause.
Mes aimables lecteurs trouveront dans ces pages tout ce qui constitue une vie de Robinson, d’explorateur et de colon; de plus, ils auront la satisfaction de pouvoir se dire que tout y est véridique et de la plus scrupuleuse exactitude.
Presbytère de Mareuil-lès-Meaux.
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