Ibidem, page
8. Dans : Relations et mémoires inédils pour servir à l’histoire de la France dans les pays d'outre-mer. Paris, Challamel, 41867, pages 54, 55, Je le dois à l’obligeance de M. Margry lui-même,
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1867, nôme,
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déplacements considérables qu’ont soufferts la plupart des tribus dont il est ici question.
Avec les nomades, impossible de localiser.
De là, la grande difficulté que j'ai trouvée à établir l'identité de ces Peaux-Rouges. Essayons, cependant :
Le 19 mai, les deux frères parvinrent chez les Mantänes. Dans ces Indiens je vois, ai-je dit, des Sioux de Prairies ou Mantantons, Matatobas, visités le long du Missouri et du Missi-Sipiy depuis le temps de La Salle, et qui, par conséquent, devaient posséder dans leurs rangs un certain élément métis. Ils les trouvèrent sur les bords du Missouri dans sept grands villages fortifiés par des palissades et des fossés de circonvallation.
Remontant cette rivière, nos explorateurs traversèrent le territoire des Brochets ou Kinongué Iriniwok, en tchippeway. Il y en avait trois camps. Ils sont maintenant près du fort Pitt sur les bords du lac et de la rivière aux Brochets, où je les vis dès 1873. Il en sera parlé ailleurs.
Parvenus chez les Mahantas du haut Missouri (probablement les Mahas ou Omahas), dont ils virent aussi trois villages, nos Français redescendirent ce cours d’eau en se dirigeant sur les Péhnis ou gens des Chevaux, qu'ils ne trouvèrent pas. Ils les attendirent du 14 août au 11 septembre, occupant leurs loisirs à construire une petite maison dans les montagnes habitées par ces Indiens. C’est du nom des Pähnis que dérive le mot poney qui désigne une petite espèce de chevaux propre aux prairies de l’Ouest.
Ces Pähnis, alors en guerre avec les Hactanes ou Halitanes, gens des Serpents, occupaient, dit Bougainville, les Disinés du haut Missouri jusqu’à la rivière des Coquilles ou Wabiek, un affluent de la rive droite par
107° 40’ de longitude ouest (Muscle-shell river, des Anglais). Je me demande si cet écrivain n’a pas confondu ce cours d'eau avec une autre rivière des Coquilles qui se jette duns la Plate du nord, par 98° 05 longitude ouest, et où je vois porté sur la carte un village de Pawnis, nom anglais des gens des Chevaux.
Les montagnes des gens des Chevaux seraient alors
les Black-llills du Dakota, où les frères de La Vérandrye virent vingt-trois villages de ces Indiens. Je m’en tiens à ce dernier énoncé comme me paraissant beaucoup plus probable que l'opinion de Bougainville. Le 14 septembre, ils visitèrent un village de Beaux- Ro Hommes (?), qui était situé en face des Mahantas, de même que les Pieds-Noirs habitaient en face des Brochets, et les gens des Plats-Côtés en face des Mantanes. Voilà une disposition peu compréhensible et probablement arbitraire et toute d’imagination.
Le 11 sovembre, ils rencontrent les Petits-Renards + où Makech, en tchippeway, qui les conduisirent à un village de Pioya, dans lequel je vois des Kiowais ou Towa. {1 y a une source de la rivière Saskatchewan du Sud, qui porte lenom de Makech-Sipiy. Les Anglais lécrivent Mokoutch. Ce mot signifie effectivement renard.
Dix jours après, les.deux frères étaient chez les gens de l'Arc, ou Atchabiy Iriniwok en cris, Utah-Sibaout Chaktas en assiniboine. Ce dernier nom semblerait indiquer qu’il s’agit ici d’une fraction de la nation des Utes, qui ont donné leur nom à l’État de l'Utah, dans l’ex-Nouveau-Mexique. Ils appartiennent à la famille des Serpents. Il y en avait trois villages. Nos Français devaient donc se trouver aux sources de la Plate, entre les Black-Hills et les Montagnes Blanches, dans le pays qui constitua plus tard le Nouveau-Mexique.
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Par le fait, le 4°° janvier 1743, ils parvinrent au pied de ces dernières montagnes en compagnie des gens de l’Arc. Elles font partie de la Cordillère des Montagnes Rocheuses ou Orégon et sont parallèles à celles de l'Anahuac, dont elles sont séparées par la vallée du Rio del Norte.
Cependant il ne faut pas oublier qu’une des sources de la Saskatchewan du Sud se nomme rivière de l’Arc (Bow river). |
Les frères de La Vérandrye ne gravirent pas les Montagnes Blanches. Ils passèrent près de deux forts espagnols et parvinrent chez les gens de la rivière Cerise ou Karoskiw. Un affluent de la Plate, branche sud ou Pâhdouca, porte effectivement le nom de rivière Cerise ou Batsoah.
C’est au pied de cette double chaine et sur les deux rives de la Wontradéba ou rivière de la Graisse, que
. Bougainville place les Serpents ou Halitanes. J'ai tout
lieu de croire que ce cours d’eau n’est autre que le rio Colombia, qui porte aussi les noms d'Orégon, de grande rivière des Serpents et de rivière Lewis. Sur ses bords habitent en effet les Indiens Serpents.
La relation de La Vérandrye ne fait aucune mention des Boudssa ou Grands Parleurs, des Kakukoschéna:ou gens de la Pie, et des Seskipisoun Winiwok ou gens de la Jarretière, dont parle Bougainville. Tous ces noms étant en langue crise ne nous apprendraient rien si la linguistique ne venait à mon secours. Boudssa est un nom des Assiniboines, en cris, et Kakakiw veut dire Corbeaux. Ge qui prouve qu’à leur retour nos explorateurs traversèrent le pays des Corbeaux et des Assiniboines, ainsi que cela devait arriver naturellement.
Qu’était-ce que les gens de la Jarretière? C’est ce qu'il.
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m'est aussi difficile à établir que ce qui concerne les gens des Plats-Côtés, les Beaux-Hommes et les gens de la Belle Rivière. En fait de Belle Rivière, je ne connais que l'Ohio auquel ce nom convienne; ce qui nous reporterait un peu trop loin de la Plate.
Quant aux gens de la Flèche-Collée, que les deux Français visitèrent avant d'atteindre le fort des Mantânes, ils ne peuvent être que les mêmes Sioux Matatobas ou Mantantons, dont le blason était un renard portant dans sa gueule une flèche. Il est probable que ce sont les mêmes Indiens que l’on a nommés ailleurs Makéch ou Renards.
L'expédition française regagna la rivière Assiniboine le 2 juillet 1743, après quatorze mois de campagne.
En somme et à mon avis, la sphère d'action de ces deux célèbres explorateurs français s’exerça, du nord au sud, entre la Saskatchewan du Sud ou Fourche des Gros-Ventres et la rivière Plate: et entre le coteau du Missouri et les Montagnes Blanches et Orégon, de l’est à l’ouest. Il est réellement fâcheux que les deux frères de La Vérandrye n'aient pas pu reconnaître la grande rivière des Serpents cu Colombie qui les aurait conduits si sûrement à l’océan Pacifique, dont ils étaient si peu éloignés.
Au commencement de l’année 1751, le fort La Reine reçut un nouveau maître. Les La Vérandrye n’avaient plus de protecteurs et avaient été remerciés. Au marquis de Beauharnaïs avait succédé, comme gouverneur de la Nouvelle-France, l'amiral de La Jonquière, qui avait donné sa faveur à un capitaine d'infanterie de marine nommé Le Gardeur de Saint-Pierre. Celui-ci ne voulut à aucun prix des services des fils de La Vérandrye. Il s’adjoignit son propre neveu, le lieutenant
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baron de Niverville, et le P. jésuite de La Morennerie, puis alla prendre possession des pays d’En-Haut, en s’installant au fort la Reine, sur La rivière Saint-Charles. Ce poste était devenu dès lors le quartier général des explorateurs français dans le Nord-Ouest !.
Le D' Charles Taché, député-ministre de l’agriculture en Canada, a raconté avec esprit un beau trait de bravoure et de présence d’esprit de M. de Saint-Pierre. Je regrette de ne pouvoir le citer tout au long.
Le Gardeur de Saint-Pierre n’était pas populaire chez les Sioux. Il en avait été assailli et expulsé de son fort du Missi-Sipiy à cause de sa violence et de sa morgue. Il y avait arraché l'oreille à un jeune Sioux pour lui enlever un cachet d’argent dont cet Indien s'était fait une pendeloque. Au fort la Reine, sur la rivière Assiniboine, il se voit, un beau jour, envahi et désarmé par deux cents Sioux. D’aucuns disent par des Assiniboines, Mais peu importe, ces Indiens appartiennent à la même famille. L’interprète de M. de Saint-Pierre le trahit, d sorte qu’il se trouva entièrement à la merci des Peaux- Rouges.
Le Gardeur ne se trouble point. Il saisit un tison dans la cheminée, court au magasin où se trouvent des barils de poudre défoncés et crie aux assiégeants : « Sortez sur-le-champ ou je vous fais tous sauter. »
Les Peaux-Rouges se sauvèrent à toutes jambes, et le fort fut aussitôt fermé aux verrous.
Le 3 juin, je quittai les bords de l’Assiniboine et la prairie du Cheval-Blanc, m’arrachant avec peine à ces
4, Pierre Margry.
souvenirs glorieux pour rentrer à Sunt-Boniface. Chemin faisant, je saluai la caravane des trois cents gambusinos qui se dirigeait vers les Montagnes Rocheuses, au delà desquelles les attendaient la fortune ou la plus affreuse misère.
Enfin le 8 juin, jour de la Pentecôte, je m’embarquai | pour les Pays d’'En-haut, en compagnie de M. Grouard, | ce jeune prêtre avec lequel je venais de voyager depuis Montréal.
Il était destiné à Athabasca. J'avais reçu en lot la mission du fort Bonne-Espérance, sur le bas Mackenzie et sousile cercle polaire. J’y devais reinplacer M. Henri Grollier, pionnier de l'Évangile dans ces contrées, que ‘a maladie réduisait à l’inaction et que l’on rappelait.
J'avais déjà franchi 2,462 lieues depuis la France. Il m'en restait encore 1,200 à parcourir avant d’atteindre ma destination. C'était trois mois de voyage dans cette terra incognita du grand Nord.
Quel bonheur !