USAGES ET COUTUMES
Salutations.
La-ha, Si-alkoum, Selam-alek-oum... Les formules de politesse que l'on prononce en s'abordant, sont innombrables. On s'informe de la santé des membres de la tribu, mais sans jamais parler des femmes.
Les Maures, avant de se saluer, posent leur main droite à plat sur la poitrine. Il est d'usage également entre deux interlocuteurs de se rapprocher, buste contre buste, jusqu'à ce que les joues se frôlent — près de s'embrasser.
On ne serre pas la main d'un marabout ; on baise le pan de son manteau.
Témoignages d'amitié.
Ces témoignages se manifestent par un nombre plus ou moins grand de coups de fusils tirés en l'air, — et par l'immolation d'un mouton, ou l'offre d'une calebasse de riz, de dattes ou de beurre.
Hospitalité.
L'hospitalité est loi sociale en pleine observance. Sous la tente, à l'heure des repas, tous les nomades de passage ont le droit de s'approcher du groupe, et de prendre leur part de nourriture, — et cela sans un mot, sans le moindre signe de politesse.
La nuit venue, ils couchent, où ils veulent, dans le village.
1. Nous avons adopté dans ce chapitre la <;lassificalion KaHbrunnor.
Vols, brigandages, razzias.
Se pratiquent sur une grande échelle. Les plus forts écrasent les plus faibles. Mais ce sont surtout les campements de marabouts qui ont à souffrir des incursions des pillards '.
Rapt.
A la suite des guerres, les femmes elles enfants sont emmenés en captivité et demeurent — sinon comme esclaves, du moins comme tributaires — dans les villages qui les ont enlevés.
Exogamie, Ëndogamie, Polygamie.
L'exogamie et l'endogamie existent indistinctement.
La j)olygamie est admise par les Maures, puisque musulmans, mais ils ne la pratiquent guère. Une seule femme leur suffit, sans doute parce qu'ils ne sont pas assez riches pour en avoir d'autres.
Mariage, Dot, Fiançailles, Noces, Divorce.
C'est le fiancé qui apporte la dot, ou plutôt qui achète la femme dont il veut faire son épouse.
La dot se calcule en valeur de dromadaires ou de guinées. Une femme vaut cinq, six dromadaires, cent ou cent cinquante pièces de guinée.
Les réjouissances consistent en coups de fusils tirés en l'air. On se congratule. Les femmes chantent ; les marabouts psalmodient le Coran. Le soir, il y a grand festin.
Les Maures — comme les Arabes — constituent à leurs femmes un douaire. S'il prend fantaisie au mari de quitter le domicile conjugal, il perd le douaire ; de même, si c'est la femme qui veut se séparer, elle devra rembourser ce qu'elle a reçu.