HABITATIONS ET GENRE DE VIE
Hahitaiions et situation des villages.
Le type principal d'habitation, c'est la tente, — déjà décrite pages 134 et 135.
Chez les Oulad-bou-Seba, pêcheurs de la côte, ce sont des huttes aux montants d'acacia revêtus de broussailles, — décrites page 203.
A côté de la tente du maître se trouve la tente du captif, — plus petite, sale, misérable, en loques.
Les villages se groupent toujours au bord des puits. Le puits tari, les indigènes se transportent ailleurs.
Genre de vie.
Tous nomades, sans exception. La vie sous la tente.
Le jour, on ne fait rien, on dort. La nuit, on n'en fait pas davantage, mais on parle. Seuls, les captifs travaillent. On peut les entendre, durant des heures entières, broyer le mil.
Ce sont surtout des femmes de race mandingue, qui sont assujetties à cette besogne.
Les relations sociales sont simples. On se réunit tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre. Conversations sans fin. On boit du thé ; on mange du sucre. Les plus zélés récitent de longues prières ^
En fait d'amusements nationaux, nous ne pouvons noter que la danse des femmes au son du tam-tam, les concours à la cible, les luttes de vitesse entre cavaliers.
La vie politique n'existe pas. Tributaires et captifs sont soumis à leiu's maîtres, — et ces maîtres, à leur tour, paient une redevance au cheikh.
Dans chaque tribu, dans chaque village, il y a un chef.
La vie intellectuelle est aussi nulle.
Camille Douls a dit que chez les Maures nomades, l'instruction et l'intelligence atteignaient un grand développement,
« Presque tous connaissent l'écriture araljc. Ils passent une partie de leur vie à étudier le Coran, et par leurs discussions théologiques ils acquièrent de véritables qualités oratoires. »
Je n'ai rien vu de tout cela.
Quelques marabouts ne sont pas entièrement ignorants. Ils savent lire, écrire... Mais les autres végètent dans l'abrutissement le plus complet. Ni souvenirs, ni traditions. J'ai essayé à plusieurs reprises de les interroger: « Qu'étaient-ils? Que faisaient-
1. Les marabouts répètent parfois des nuits culièrc?. du' quart dheure en quart d'iieure, les versets du Coran.
ils autrefois? Leur grand empire des Almoravides? Et leur conquêle de l'Europe? La prise de possession de l'Espagne?...
Peines jDerdues. Rien ne sortait de ces têtes de bois. Ils me regardaient ahuris, me croyant fou... Pas un livre, pas une légende... A peine deux ou trois chants guerriers pourraient indiquer aux Maures d'aujourd'hui qu'ils furent autrefois puissants parmi les puissants.
C'est un peuple mort '.
1. Voir pour plus amples observations sur la configuralion du pays, la géologie, les richesses naturelles, le climat, la flore, la faune, la population par tribus et par races, l'organisation domestique, sociale et politique, le commerce intérieur et extérieur:
Une mission au Sahara occidental. — Paris 1896. Aug, Cliallamel, éditeur. — 1 vol. in-8.